Réforme éducative - Mahend Gungapersad : «Nous n’allons toucher à la spécificité

Par Annick Daniella Rivet
Publié le: 6 février 2026 à 11:30
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Réforme éducative
Ce rassemblement consultatif jeudi comptait des élèves venus de divers établissements de l’île.

Le ministre de l’Éducation, Dr Mahend Gungapersad, a rencontré le jeudi 5 février des élèves et des parents à l’auditorium Paul Octave Wiehe, à Réduit.  Suivant la série de consultations, une tendance se dessine, avec la révision de la notation au PSAC, comme l’option privilégiée, des participants.

«Nous n’allons toucher à la spécificité d’aucun collège. » C’est ce qu’a avancé le ministre de l’Éducation, Dr Mahend Gungapersad, dans l’après-midi de jeudi, lors de la rencontre avec les parents. C’était à une question d’un parent qui voulait savoir ce qui se passera avec les collèges catholiques qui ont été invités à entrer dans la réforme comme collège national. Il a affirmé qu’il allait respecter les institutions : « Nous avons le souci d’être respectueux des acquis des institutions et nous allons voir comment faire si jamais les spécificités de ces écoles les empêchent d’entrer dans ce que nous proposons. »

Le ministre rappelle qu’il n’est pas là pour imposer. « Tout sera fait dans le dialogue, la transparence et le respect mutuel. Nous avons eu des rencontres avec Mgr Jean Michaël Durhône, mais rien n’est finalisé encore. » 

La rencontre de jeudi fait partie d’une série que le ministre compte avoir avec les partenaires de l’Éducation dans le cadre de la publication du Blueprint. « Après les partenaires, les élèves et les parents, maintenant nous devons examiner toutes les idées que nous avons reçues. Nous devons voir ce que nous allons proposer à l’Assemblée nationale dans le cadre de la publication du Blueprint.»

Les consultations ont permis de dessiner une tendance par rapport à la réforme à venir. Ainsi, l’option 1 a été privilégiée, selon le ministre. « Nous avons vu une tendance et je le dis au pied levé, c’est l’option 1 qui a la faveur du public », nous a-t-il confié.

Dans son intervention, le ministre Gungapersad a rappelé que cette démarche s’inscrit dans un processus démocratique visant à leur donner la voix dans la réforme du système éducatif. Il a ajouté que le Blueprint sera conçu à partir de données, de travaux techniques et des contributions issues des consultations.

Il a aussi mis en avant l’importance du bien-être des élèves, de la liberté d’expression et de la diversité des opinions, soulignant que la réforme ne saurait être uniforme ni imposée.

Le ministre a encouragé les élèves à devenir des ambassadeurs de valeurs dans leurs établissements, en cultivant la discipline et le respect. Pour le ministre, le système éducatif doit répondre aux besoins de tous les apprenants - qu’ils soient brillants, moyens ou en difficulté. Car chaque enfant compte, indépendamment de ses résultats scolaires ou de son origine. Une attention particulière doit aussi être portée à la protection des élèves les plus vulnérables.

Options

Lors des rencontres, le Chief Technical Officer du ministère, Ricaud Auckbur, a présenté les deux options proposées.

Option 1

  • Entrée en Grade 7 dans les collèges nationaux et régionaux, sur la base du Primary School Achievement Certificate (PSAC).
  • Suppression du National Certificate of Education (NCE).
  • Tous les élèves sont orientés vers un collège régional selon leurs résultats au PSAC.
  • Les élèves n’ayant pas atteint le niveau requis intègrent le Foundation Programme in Literacy, Numeracy and Skills (FPLNS).
  • Environ 2 400 élèves pourront accéder à l’un des 21 collèges nationaux (douze anciennes académies, cinq collèges nationaux et quatre établissements des collèges privés ou du SeDEC).

Option 2

  • Maintien du PSAC pour l’accès en Grade 7 dans les écoles régionales.
  • Admission en Grade 10 dans les collèges nationaux, sur la base d’un NCE révisé.
  • Les élèves n’ayant pas atteint le niveau requis en Grade 7 rejoignent le FPLNS.
  • Environ 2 400 élèves pourront accéder aux 21 collèges nationaux en Grade 10, selon leurs résultats au NCE.

Les collèges nationaux pourront fonctionner en mode mixte ou en établissements à un seul genre, à l’exception du Mahatma Gandhi Institute (MGI) qui restera mixte.

Ricaud Auckbur a également expliqué qu’il y a vingt-cinq ans, 25 000 élèves se présentaient aux examens du PSAC, pour 600 places dans les National Colleges. Aujourd’hui, il n’y a que 12 000 qui prennent ces épreuves pour 2 400 places dans ces établissements. 

Points mis en avant

  • Vidoushee Nuckchadee, du D.A.V. College de Port-Louis, se demande ce qui est réservé aux « late bloomers ». Elle souhaite savoir si ces derniers auront la chance d’aller dans un collège national.
  • Romain Alexandre Rose, du Collège du Saint-Esprit, demande si le gouvernement compte aider les élèves qui n’habitent pas à proximité de leur collège à voyager. De plus, il se demande si le changement apporté aux examens du NCE ou du PSAC ne va pas créer un autre stress pour les parents et les élèves.
  • Noah Poavin, du Curepipe College, est satisfait que les autorités se soient tournées vers les jeunes. « Ce qui est proposé va aider les jeunes qui ont des difficultés à trouver une école et leur donner de nouvelles opportunités pour avancer. Je suis plus pour l’option 2, parce que si l’on retire les examens du NCE, les enseignants ne sauront pas le niveau réel des élèves. Puisqu’il y a un grand écart au niveau du programme d’études des Grades 10 et 11. »
  • Avissen Appavou, du Curepipe College, estime que le grading system doit être amélioré pour que les enseignants n’aient pas de problèmes avec les élèves et vice versa. « Je préfère l’option 1, mais il faudrait que les autorités puissent hausser le niveau graduellement. »
  • « Tout comme nous avons la Fédération des pêcheurs, au niveau de l’éducation aussi, les parents ont le droit d’être fédérés. Ce qui permettra de se réunir pour défendre les intérêts des enfants dans différents milieux. Une fédération regrouperait toutes les associations sur le même pied d’égalité », estime Vassan Carooppunnen, du SSS Vivekananda de Souillac.
  • Saffiyah Edoo, du Dr Regis Chaperon SSS donne son avis. « La proposition du ministère au niveau du grading est encourageante pour les parents. Avec mes trois enfants, j’ai pu voir des systèmes successifs, et il y a une baisse de niveau. Avec le nouveau système, il y aura un rehaussement du niveau, parce que nous voyons qu’à un moment les enfants flanchent, comme on l’a vu lors des derniers résultats du School Certificate. Il faut inculquer la valeur du travail acharné et ce n’est pas à 16 ans qu’ils vont l’apprendre. »
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