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Réforme des pensions : les syndicats s’opposent vivement à la National Investment Authority

envestissement Les syndicalistes craigent que les fonds de pensions soient ne mal investis.

Les dirigeants syndicaux sont conviés à une réunion, le 9 juillet, au ministère de  Sécurité sociale et de la Solidarité nationale pour une première réunion sur  la réforme des pensions.

Crée en 1978, le National Pension Fund gère le fonds de pension des travailleurs du secteur privé. Comme l’explique, le secrétaire de la Confédération des travailleurs du secteur privé, Reeaz Chuttoo, selon les termes de la loi, après 40 années d’existence, les partenaires sociaux devraient se rencontrer cette année pour une analyse en profondeur de ce plan de pension et prendre des mesures correctives.

D’où son « étonnement », dit-il, que le Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth ait annoncé la mise sur pied d’une National Investment Authority pour s’occuper des investissements du National Pension Fund et du National Savings Fund qui gèrent les fonds de pension des secteurs privé et public respectivement. « C'est une décision prise sans consultation avec les partenaires sociaux » s’insurge-t-il.

À la suite de cette annonce, les syndicalistes ont fait front derrière le Conseil des syndicats pour s’opposer à ce que ce soit un nouvel organisme qui s’occupe des investissements des fonds de pensions des travailleurs.

Reeaz Chuttoo soutient que « la classe syndicale va mener combat aussi longtemps que le gouvernement ne revienne pas sur sa décision. » Il craint « une mainmise du secteur privé sur les milliards de roupies que représentent les fonds de pension. » « Je suis d’accord qu’il faut faire fructifier les fonds de pension mais il faut les investir dans des placements garantis comme les Government bonds » fait-il comprendre. Il explique que jusqu’ici c’est un comité tripartite comprenant les représentants du gouvernement, du patronat et des travailleurs qui décidait des investissements des fonds de pension.

Soulèvement

Le dirigeant syndical explique que « c’est après le soulèvement syndical que le ministère de la Sécurité sociale et de la Solidarité nationale a convoqué les syndicalistes pour une réunion lundi prochain pour discuter des Terms of reference du comité sur les pensions.»

Les syndicalistes auraient dû être informés de la démarche du gouvernement»

Reeaz Chuttoo insiste pour « la création d’un ministère du Plan et du développement pour s’occuper des investissements et des projets de développement à long terme pour le pays. »

Le président de la Government Services Employees Association (GSEA), Radhakrishna Sadien, craint que la mise sur pied d’une National Investment Authority pour s’occuper des investissements des fonds de pensions des travailleurs « ne soit qu’un premier pas vers la privatisation des fonds de pensions. » « Ce n’est pas normal qu’on enlève les fonds de pension de la tutelle du ministère de la Sécurité sociale pour les placer entre les mains d’un organisme », fulmine-t-il. Il « regrette » aussi que, selon ses informations, « le National Pension Board et le National Savings Fund Committee aient été gelés ». Il insiste pour qu’il y ait un dialogue permanent entre les partenaires sociaux sur la prise des décisions qui touchent directement aux intérêts des travailleurs. « C’est une façon déguisée pour le gouvernement pour s’attaquer aux problèmes de vieillissement de la population. »

Il rappelle que le National Pension Fund a été institué pour permettre aux travailleurs du secteur privé de bénéficier d’une pension à l’âge de la retraite. « Il n’est pas juste qu’on spécule maintenant sur cet argent dans les investissements privés et mettre tout le fonds de pension en péril », dit-il. D’où, explique-t-il, sa forte opposition contre la mise sur pied d’une National Investment Authority.

Qu’en pense Rashid Imrith ? Le président de la Fédération des syndicats du secteur public explique que c’est un comité technique tripartite qui s’occupe des investissements des fonds de pension des travailleurs. Il a investi, entre autres, dans le bâtiment Renganaden Seeneevassen à Port-Louis, qui abrite entre autres le ministère de la Sécurité sociale et des bâtiments commerciaux.

Il reconnaît que « le problème au niveau de ce comité technique est l’absence d’un expert pour conseiller sur les futurs investissements d’où la décision du gouvernement de mettre sur pied une National Investment Authority. »

Toutefois, Rashid Imrith estime que les syndicalistes auraient dû être informés au préalable de la démarche du gouvernement.

Investissements séparés

Parlant de la National Investment Authority, Rashid Imrith s’oppose à ce que les fonds des pensions des travailleurs soient engloutis dans d’autres investissements effectués par cet organisme.

Il propose que les fonds de pensions des travailleurs soient investis séparément. Il insiste aussi que des syndicalistes siègent au sein du comité sur les investissements des fonds de pension. « Les travailleurs doivent avoir un droit de regard sur l’investissement de leurs argents », dit-il. Il avance que les syndicalistes ont toujours assumé leurs responsabilités quand il s’agit des investissements des fonds de pensions des travailleurs.

À cet effet, le président syndical souhaite que le gouvernement convoque toutes les confédérations syndicales pour discuter du projet de la mise sur pied de la National Investment Authority.

Le vice-président du Conseil des Syndicats, Haniff Peerun appréhende également la mise sur pied d’une National Investment Authority pour gérer les fonds du National Pension Fund et du National Savings Fund. Il craint qu’un jour « les fonds des pensions ne soient complètement engloutis à cause des mauvais investissements. » Il cite le cas de certains pays qui ont fait la mauvaise expérience. « Je ne veux pas qu’un jour on trouve que les travailleurs qui ont investi depuis des années à la pension nationale se retrouvent sans revenus à l’âge de la retraite » dit-il.

Haniff Peerun insiste pour que les représentants des travailleurs soient en majorité sur le comité de la National Investment Authority, qui va gérer ces fonds de pension. Il met aussi en garde contre la nomination des proches des partis politiques pour siéger au sein de la National Investment Authority.

Le dirigeant syndical propose aussi que les travailleurs puissent bénéficier de certaines facilités à travers la National Investment Authority. Il cite, entre autres, des emprunts à faibles taux d’intérêt pour la construction ou la rénovation de leurs maisons, pour l’achat d’une voiture ou pour effectuer des voyages.