Réforme des pensions : les principales recommandations du rapport de la Commission d'experts présidée par Ashok Prayag
Par
Ruquyya Kurreembokus
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Ruquyya Kurreembokus
271 pages de constats, d'analyses et de propositions.
Le Premier ministre a déposé le rapport intérimaire de la Commission d'experts présidée par Ashok Prayag sur la réforme des pensions à l'Assemblée nationale, ce mardi 30 juin.
Parmi les principales recommandations figurent le remplacement de la Basic Retirement Pension par une State Age Pension ciblée selon les revenus, l'instauration d'un départ à la retraite plus flexible entre 60 et 70 ans et la création d'un nouveau système contributif afin d'assurer la pérennité des pensions.
Mais sur quels constats les experts fondent-ils ces recommandations ? Quels chiffres les ont conduits à conclure qu'une réforme est devenue indispensable ?
Pour les experts, le principal problème est d'ordre démographique. Maurice vieillit rapidement. La population devrait passer d'environ 1,2 million d'habitants aujourd'hui à moins de 931 000 d'ici 2064. Parallèlement, les Mauriciens vivent plus longtemps, mais font beaucoup moins d'enfants qu'autrefois. Résultat : il y aura de moins en moins d'actifs pour financer un nombre toujours plus élevé de retraités.
Les dépenses consacrées aux pensions représentent désormais près de 9 % du produit intérieur brut, soit environ un quart des dépenses courantes de l'État.
Leur principale recommandation était de remplacer la Basic Retirement Pension par une State Age Pension ciblée selon les revenus, avec un système où la pension diminue progressivement à mesure que les revenus augmentent.
Autre proposition : une retraite plus flexible : partir dès 60 ans avec une pension réduite, attendre 65 ans pour percevoir une pension complète ou travailler jusqu'à 70 ans afin de bénéficier d'une pension plus élevée. Mais aussi, revoir le financement des retraites, de créer un nouveau régime contributif, d'instaurer une autorité indépendante de régulation des pensions et de réformer les régimes spéciaux des parlementaires, des hauts fonctionnaires et des organismes parapublics.
Ces propositions ont toutefois été élaborées avant que le gouvernement ne renonce à l'introduction du « means test », c'est-à-dire un test de revenus.