Publicité

Réforme des pensions des fonctionnaires : une «attaque directe» contre les droits acquis dénoncée par le syndicat

Par Patrick Hilbert
Publié le: 19 July 2026 à 10:30
Image
fonctionnaires
La SEF craint que les pensions des fonctionnaires soient aussi soumises à des changements.

La State Employees Federation dénonce une attaque contre les droits acquis des fonctionnaires et demande au gouvernement de garantir leurs pensions, faute de quoi elle pourrait mobiliser ses membres prochainement, sans délai.

La réforme des pensions continue de susciter des contestations. Cette fois, les inquiétudes portent sur la retraite des fonctionnaires. La State Employees Federation (SEF), présentée comme le principal syndicat de la fonction publique, a adressé une lettre formelle au Premier ministre, Navinchandra Ramgoolam, pour s’opposer aux mesures de réforme des retraites annoncées dans le Budget 2026-2027. Dans ce courrier daté du vendredi 17 juillet, Rishiraj Persand, président de la SEF, et Radhakrishna Sadien, négociateur, estiment que le paragraphe 328 du discours budgétaire, qui évoque un décalage entre les pensions du secteur public et celles du privé, pourrait servir de prétexte au démantèlement du régime actuel.

Le syndicat rappelle qu’une transformation majeure a déjà eu lieu en 2012, avec l’adoption de l’Economic and Financial Measures Act. Depuis cette date, tout nouveau fonctionnaire recruté est passé d’un régime à prestations définies à un système contributif, dans lequel il cotise à hauteur de 6 % de son salaire, la contribution de l’État étant plafonnée à 12 %. Pour la SEF, cette mesure avait déjà pour objectif de réduire la charge financière de l’État. Toute nouvelle modification reviendrait donc à « pénaliser deux fois » des fonctionnaires dont les prestations de retraite ont déjà été revues à la baisse.

Dans sa lettre, la SEF développe quatre arguments. D’abord, elle défend le principe selon lequel la pension des agents publics est une « rémunération différée » : les fonctionnaires acceptent un traitement inférieur à celui pratiqué dans le secteur privé en échange d’une retraite garantie. Modifier cet équilibre en cours de carrière constituerait, selon elle, une violation du contrat de travail.

Ensuite, le syndicat juge « fausse et dangereuse » la comparaison avec le secteur privé. Il souligne que les fonctionnaires sont soumis à des contraintes spécifiques — secret d’État, interdiction d’exercer une activité secondaire, conditions parfois dangereuses dans les secteurs de la santé ou de la sécurité — qui justifient le régime actuel.

Par ailleurs, la SEF dénonce la création envisagée d’un « régulateur des retraites », qui pourrait réviser les pensions sans passer par le dialogue social. Une telle autorité, écrit-elle, instaurerait un « climat de peur et de méfiance ».

Le syndicat alerte également sur les conséquences sociales : l’incertitude entourant le système de retraite provoquerait un « exode des cerveaux » vers le privé, ce qui compliquerait le recrutement d’enseignants, de médecins ou d’ingénieurs dans les services publics.

Des propositions et une menace de mobilisation

La SEF assortit son opposition de trois demandes. Elle réclame une garantie écrite selon laquelle les réformes ne concerneront pas les agents déjà en poste, conformément au principe des droits acquis. Elle demande également que toute modification soit négociée dans le cadre d’une concertation tripartite associant les syndicats et respecte les procédures du Pay Research Bureau, l’instance officielle chargée des révisions salariales dans la fonction publique.

Enfin, le syndicat prévient qu’il est « pleinement préparé à mobiliser ses membres » si ses revendications ne sont pas entendues. Il se dit toutefois ouvert au dialogue, mais uniquement sur la base de ces conditions.

Quelle est votre réaction ?
0
0
Publicité
Translate to creole
Désactivé
À LA UNE