Réforme des pensions : ce que révèle le rapport intérimaire du comité d'experts
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Defimedia.info
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Le rapport intérimaire de la Commission of Experts on Pension Reform, déposé à l'Assemblée nationale ce jeudi par le Premier ministre, Navin Ramgoolam, lors de la Private Notice Question (PNQ), dresse un état des lieux du système mauricien de pension et formule plusieurs pistes de réforme. Le chef du gouvernement a toutefois précisé devant les députés que la proposition de « means test » (test de revenus) contenue dans ce document ne sera pas retenue par le gouvernement.
Daté du 20 mai 2026, ce rapport intérimaire avait été soumis au Steering Committee chargé d'examiner le dossier de la réforme des pensions avant les décisions gouvernementales.
Le document a été élaboré par une commission d'experts présidée par l'actuaire Ashok Prayag. Les autres membres sont Aimée Cheung (statisticienne), Sattar Jackaria (actuaire), Azad Jeetun (économiste), Yvan Legris (actuaire), Verena Tandrayen-Ragoobur (économiste) et Bernard Yen (actuaire).
Selon le rapport, la commission avait pour mandat d'évaluer la viabilité, l'adéquation et l'équité du système de pension mauricien, de consulter les principales parties prenantes et de proposer des pistes de réforme couvrant les différents piliers du système.
Parmi les mesures étudiées figure un ciblage de la Basic Retirement Pension (BRP), communément appelé « means test ». Le rapport présente différents scénarios selon lesquels le montant de la pension universelle pourrait être réduit progressivement en fonction du revenu imposable du bénéficiaire au-delà d'un seuil déterminé. Il expose également plusieurs modalités possibles de mise en œuvre de cette mesure.
Le comité d'experts propose également la création d'une State Age Pension (SAP), pouvant être perçue à partir de 60 ans, avec un montant variant selon l'âge auquel le bénéficiaire choisit de prendre sa retraite. Le document évoque aussi une réforme du National Pension Fund (NPF 2.0), une révision des régimes de retraite des parlementaires, des titulaires de postes constitutionnels et de certains organismes parapublics, ainsi que la création d'une autorité indépendante chargée de la régulation du système de pension.
Dans son analyse, le comité estime que le système actuel fait face à des défis importants liés notamment au vieillissement de la population et aux finances publiques. Le rapport indique que les dépenses consacrées aux pensions de l'État sont passées d'environ 15 % du PIB par habitant avant 2015 à près de 35 % en 2025, un niveau qu'il qualifie de particulièrement élevé au regard des standards internationaux. Les experts considèrent que cette évolution accroît les transferts des actifs vers les retraités et exerce une pression croissante sur les finances publiques.
Le rapport souligne également que la Basic Retirement Pension est passée de Rs 3 623 en 2014 à Rs 16 000 en 2025, soit une hausse nominale de 341 %. Selon les calculs présentés par le comité, après prise en compte de l'inflation, cette augmentation représenterait une progression réelle de 196 %.
Le document fait enfin état des consultations menées par la commission auprès de plusieurs parties prenantes, notamment des fédérations syndicales, de représentants du secteur privé, de Business Mauritius, du National Productivity and Competitiveness Council (NPCC), du National Minimum Wage Consultative Council, du Senior Citizens Council, ainsi que de quelque 40 contributions écrites reçues du public.
Lors de la PNQ, le Premier ministre a toutefois indiqué que le gouvernement n'appliquera pas la proposition de « means test » figurant dans ce rapport intérimaire, confirmant que cette option a été abandonnée.
LES CHIFFRES CLÉS DU RAPPORT INTÉRIMAIRE
• 20 mai 2026 : date du rapport intérimaire.
• 7 experts composent la Commission of Experts on Pension Reform.
• 35 % : niveau des dépenses de pension de l'État en pourcentage du PIB par habitant en 2025, selon le rapport (contre environ 15 % avant 2015).
• Rs 3 623 → Rs 16 000 : évolution de la Basic Retirement Pension entre 2014 et 2025.
• +341 % : hausse nominale de la BRP entre 2014 et 2025.
• +49 % : inflation cumulée sur la période, selon les données reprises dans le rapport.
• +196 % : progression de la valeur réelle de la BRP, selon les calculs du comité.
• 40 : nombre de soumissions écrites reçues du public dans le cadre des consultations.
• 6 catégories de parties prenantes consultées, dont les syndicats, Business Mauritius, le NPCC et le Senior Citizens Council.