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Réforme de la pension : Business Mauritius réclame le gel de la CSG

Business Mauritius

La Contribution sociale généralisée attise la désapprobation du secteur privé. Véritable sujet de controverse, la réforme de la pension était abordée dans l’émission ‘Au cœur de l’info’ animée par Jean-Luc Émile et Élodie Domun, le mardi 27 octobre. Trois des quatre invités contestent le nouveau système et espèrent que le ministre des Finances reverra sa copie après d’éventuelles consultations.

Kevin Ramkaloan, CEO de Business Mauritius : «Certaines entreprises ont vu leur contribution tripler»

kevinL’entrée en vigueur de la Contribution sociale généralisée (CSG) en septembre suscite le mécontentement de la communauté des affaires. L’absence de consultations de la part de Renganaden Padayachy, ministre des Finances, avant de réformer le système de la pension à Maurice est déplorée par le secteur privé. Kevin Ramkaloan, le CEO de Business Mauritius, explique que les enjeux liés à la CSG sont très importants dans le long terme. « Ce n’est pas uniquement un combat de Business Mauritius, mais de toute la communauté des affaires », indique-t-il.

D’où le fait de réclamer que le ministre des Finances gèle la CSG. Kevin Ramkaloan demande la mise en place d’un comité technique pour une réforme holistique de la pension. Selon le CEO de Business Mauritius, des consultations techniques sont nécessaires pour un sujet de cette envergure. L’association, qui représente le secteur privé à Maurice, préconise le dialogue, en vue d’une réforme en profondeur. « Nous voulons sensibiliser les Mauriciens sur l’impact de cette réforme à travers une campagne », fait-il ressortir. Dans son intervention, Kevin Ramkaloan a également souligné que la CSG ne sera pas soutenable. Selon les informations récoltées par Business Mauritius, la CSG devrait récolter Rs 3,5 milliards par an, et cela pendant trois années. Il s’interroge sur la manière dont le gouvernement financera le paiement de la CSG à compter de 2023.

« La CSG est inéquitable et injuste pour diverses raisons. Certains membres de Business Mauritius ont vu ou verront leur contribution tripler », affirme-t-il. Par ailleurs, le secteur financier subira les effets néfastes engendrés par la CSG, de même que le secteur bancaire et le Global Business.

Reza Uteem, député et président de la Commission Économie du MMM : «En 2023, la contribution sera revue à la hausse»

rezaLa CSG est décrite comme étant un danger et une insanité parce qu’elle n’est qu’une taxe. D’ailleurs, l’opposition avait demandé à figer son introduction. La réforme de la pension donnerait un pouvoir au ministre des Finances, soit celui de décider qui payera la taxe. C’est ce qu’estime Reza Uteem, député et président de la commission économie du Mouvement militant mauricien (MMM), sur la CSG. « Le gouvernement a créé trois catégories de personnes avec la CSG : les self-employed, ceux du privé et les fonctionnaires. Où est la justice ? », demande-t-il.

Il explique que la contribution de la CSG sera revue à la hausse en 2023, n’étant pas soutenable. Or, dit-il, le Fonds monétaire international a précisé dans son rapport que le National Pension Fund (NPF) risque d’être problématique à partir de 2050. Par ailleurs, le comité d’expert mis en place en 2016 par le gouvernement n’a pas débouché sur une réforme, selon Reza Uteem. Le gouvernement, dit-il, a refusé de publier le rapport rédigé par ce comité. « Le ministre des Finances ne se rend pas compte que le NPF est le plus grand investisseur à la Bourse de Maurice et dans le treasury bonds. Le gouvernement aura des difficultés pour récolter des fonds », argue-t-il. La CSG encouragerait l’économie parallèle selon le président de la commission économie du MMM. En effet, il explique que les employeurs risquent de manipuler les contrats de leurs employés, au péril de la sécurité d’emploi.

Sattar Jackaria, actuaire : «La réforme de la pension provoque un débalancement»

sattarLa société des actuaires de Maurice était montée au créneau dès l’annonce budgétaire concernant la CSG. La raison est que la pension doit être vue dans le long et non dans le court terme. Dans cette perspective, la Contribution sociale généralisée sera désavantageuse. En effet, Maurice est confronté à un problème démographique avec une population vieillissante. « En 2016, je faisais partie du comité technique et nous avons constaté que le Basic Retirement Pension n’était pas soutenable alors qu’elle se chiffrait à Rs 5 500. Trois ans plus tard, la pension est passée à Rs 9 000. Il y a un problème de débalancement », avance-t-il.

Il est d’avis que le ministre des Finances commet une erreur en tablant sur le court terme quand il vient dire que 81 % des entreprises verront leur contribution diminuer avec la CSG. Cependant, Sattar Jackaria souligne l’importance de voir la pérennité des entreprises notamment pour d’éventuels recrutements. « Le Define Contribution Scheme fera les frais de la CSG, car la pension privée n’est pas obligatoire pour les employeurs », concède l’actuaire. Pour Sattar Jackaria, il est regrettable que les actuaires soient laissés pour compte dans le cadre d’une telle réforme.

Mamade Oozeer, directeur des opérations à la MRA : «C’est le GM qui gère le Consolidated Fund» 

mamadeLivré à lui-même, Mamade Oozeer, directeur des opérations à la Mauritius Revenue Authority,  n’a pu répondre à plusieurs questions pertinentes. Le gouvernement a en effet choisi un représentant de la MRA, qui a préféré jouer la carte de la prudence en désignant d’emblée les rôles respectifs de l’État et de la MRA. Ainsi, c’est au gouvernement que revient la responsabilité de gérer le Consolidated Fund, fonds dans lequel les contributions de la CSG seront reversées.

Interrogé sur le sort des expatriés par rapport à cette réforme, Mamade Oozeer précise que les travailleurs étrangers de l’Export Manufacturing Enterprises vont contribuer à partir de leur troisième année de travail sur le sol mauricien. « Les bénéfices associés à la CSG vont déterminer les autres interrogations », soutient-il. 

Retranscription par Fabrice Larétif

 

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