Actualités

Redécoupage électoral : le leader de l’opposition souligne des disparités

Xavier-Luc Duval Xavier-Luc Duval a déposé devant l’Electoral Boundaries Commission lundi.

Le leader de l’opposition, Xavier-Luc Duval, et Rama Sithanen, qui a toujours porté une attention particulière au mode du scrutin, ont déposé devant l’Electoral Boundaries Commission qui se penche sur le redécoupage des circonscriptions.

Le calcul est simple. Lundi, Xavier-Luc Duval a abordé le redécoupage électoral comme une simple division. Il a déposé devant l’Electoral Boundaries Commission (ESC) tout en présentant un document soulevant les disparités du système actuel. Sa déposition a été suivie par celle de Rama Sithanen, ancien ministre et expert en matière électorale. La commission écoutera plusieurs autres dépositions avant de formuler ses propositions vers la fin de l’année.

Les circonscriptions susceptibles d’être modifiées sont 1 (GRNO/Port-Louis Ouest), 2 (Port-Louis Sud/Port-Louis Central), 3 (Port-Louis Maritime/ Port-Louis Est), 4 (Port-Louis Nord-M-Longue), 5 (Pamp./Triolet), 9 (Flacq/Bon-Accueil), 10 (Montagne-Blanche/GRSE), 14 (Savane/R-Noire), 17 (Curepipe/ Midlands) et 18 (Belle-Rose/Q-Bornes).

Deux des plus grandes anomalies, selon Xavier-Luc Duval, sont l’inclusion de Résidences Kennedy (Quatre-Bornes) dans la circonscription 14 et Baie-du-Tombeau dans le numéro 5. Il cite aussi « le détour » d’une partie de la circonscription numéro 10 dans celle du numéro 9. « Ce n’est pas mon devoir de venir avec des propositions… je saisirai les instances judiciaires si nécessaire pour qu’il y ait un changement », a indiqué Xavier-Luc Duval. Il affirme que la disparité entre les circonscriptions, en termes de nombre d’électeurs, est flagrante. Certaines circonscriptions comptent 300 % plus d’électeurs que d’autres. Le leader de l’opposition cite la différence entre les numéros 14 et 3. « La commission n’est pas parvenue à établir l’égalité. » Xavier-Luc Duval a fait comprendre que même le Best Loser System (BLS) ne corrige pas ces anomalies et a expliqué que le nombre idéal d’électeurs par circonscription devrait varier entre 54 000 et 66 000.

Risques de sous représentation

Rama Sithanen a, lui, présenté une série de chiffres et de statistiques pour établir l’évolution des circonscriptions. Au fil des années, le nombre des circonscriptions est passé de cinq, avec un nombre variable d’élus, à 20 de trois élus chacune. « Il ne suffit pas de prendre le nombre d’électeurs et le diviser par 20… C’est plus compliqué que ça en a l’air », soutient Rama Sithanen. Il explique qu’en faisant cela, il y aura des risques de sous représentation. L’expert a fait comprendre que le redécoupage ne doit pas créer des unintended consequences et des dommages collatéraux. On ne pourra pas, selon lui, niveler les circonscriptions tout en enlevant le BLS. Certains Mauriciens ont obtenu des garanties de représentativité et il ne faudra pas bousculer cela, dit-il.

L’expert s’est appesanti sur « la différence entre la représentativité équitable et le communalisme scientifique ». Il s’est opposé à toute connotation ethnique dans une réforme. C’est pour cette raison qu’il est contre un recensement ethnique dans l’exercice de révision des circonscriptions. « Un tel recensement nous ramènera en arrière. S’il faut recenser les gens de cette façon cela divisera le pays. » Une des propositions sur le redécoupage électoral c’est de redistribuer une partie d’électeurs de certaines circonscription dans d’autres. Par exemple, une partie du numéro 20 peut être transférée au numéro 1. Vallée-des-Prêtres peut être rattachée au numéro trois, redistribuer certains électeurs du numéro 14 entre les numéros 13 et 18, entre autres.

Selon Yusuf Aboobaker, président de l’ESC, 11 personnes ont déjà déposé. Il a remercié Xavier-Luc Duval pour ne pas être venu avec des accusations contre la commission. « Nous n’avons pas d’agenda ». Il a promis au leader de l’opposition d’examiner le dossier qu’il a déposé.