Interview

Recherches scientifiques - Prof Sid Nair : «Nous avons des talents incroyables à Maurice»

Sid Nair

Le Professeur Sid Nair, directeur de la Tertiary Education Commission, nous livre ses attentes dans le cadre de la deuxième édition de la National Research Week qui débute ce mardi 2 avril. Il affirme que l’événement provoque l’engouement de tout un chacun.

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Pourquoi une deuxième édition ?
La semaine de la recherche nationale a été introduite pour donner une plateforme commune aux chercheurs et aux étudiants afin qu’ils présentent leur travail. Ce qui est intéressant, c’est que l’année dernière, lors de la première édition, les commentaires post événements ont été très positifs. Ils n’avaient jamais eu l’occasion de se trouver sur une même plateforme ou d’imaginer que les Mauriciens sont doués pour la recherche scientifique. Cela est très encourageant, la première édition a eu un grand impact sur la communauté des scientifiques et surtout pour les étudiants dans ce domaine. Les interactions avec des professionnels ont été appréciées par tous.

Vous mentionnez souvent la première édition de la National Research Week, quel a été le résultat de la première conférence ?
Les scientifiques avaient présenté leur travail, ainsi que leurs avancées théoriques, il y a eu des discussions et des interactions. Certains chercheurs avaient même attiré l’attention à l’international. Ce n’est pas juste mon opinion personnelle, le programme est un grand succès. L’exemple est l’engouement pour cette deuxième édition qui se tiendra du 2 au 5 avril. Nous avons déjà 1200 participants qui vont assister à la conférence qui se tiendra à l’hôtel Intercontinental.  L’année dernière, nous avions 700 participants. Ajouter à cela nous observons aujourd’hui un certain intérêt des institutions publiques et privées. Nous aurons également deux groupes de recherches locaux qui participeront à l’événement.

Y aura-t-il des nouveautés pour cette deuxième édition ?
Nous avons introduit deux variantes au programme cette année, en premier lieu nous aurons un thème nouveau, les ‘Creative Arts’ avec la collaboration du MGI et certains chercheurs pourront démontrer comment la recherche est aussi importante pour les arts créatifs et des lettres. Il y aura aussi un débat sur l’éducation
et le social.

Comment la recherche peut-elle aider le pays ?
Les activités autour de la recherche ne sont pas seulement importantes pour construire une image de l’île Maurice comme fer de lance dans la recherche scientifique à l’international, mais elles aideront aussi dans le rehaussement du standard de l’éducation tertiaire. Ce lien entre la recherche et l’éducation est indiscutable. Une base de données, bien fournie, va promouvoir  une avancée considérable de notre système. En vue de promouvoir la recherche académique dans les universités à Maurice, le budget 2017/2018 avait fait provision de 50 millions de roupies dans un fonds de recherche géré par la TEC. Ainsi, nous avons mis sur pied 14 mesures à cet effet.

Et dans la pratique ?
La recherche a plusieurs dimensions, dans un premier temps elle consiste à obtenir des informations qui seront ajoutées à la connaissance globale des disciplines distinctes. Certaines recherches ont un impact direct sur la communauté scientifique, mais également sur la société.

D’autres recherches, par contre, auront besoin de plus de temps pour avoir un vrai impact dans la vie quotidienne. Cela peut prendre des années. D’autres recherches n’auront pas vraiment d’impact mais elles contribueront à d’autres découvertes. Toutes les percées scientifiques ajoutent une pierre à l’édifice pour chaque discipline.

La compétition sera féroce entre les participants cette année, comment faire la balance ?
Les équipes seront jugées sur la présentation des informations, nous avons un jury composé de membres externes à la TEC.  Il y a quatre thèmes principaux avec à la clé une reconnaissance du travail accompli. Mais cette récompense est la cerise sur le gâteau. Toutes les équipes savent, qu’à la clé, il y a davantage à gagner. La communauté scientifique au niveau international est à la recherche de talents. Et nous avons des talents incroyables à Maurice. Il y aura certes une compétition entre les 161 équipes. Vu l’engouement de cet événement, nous avons été plus rigoureux dans notre sélection des participants.

Des talents vous dites ?
Ce n’est pas moi qui le dit, nous avons reçu plusieurs prises de contacts de la part des institutions étrangères. Elles nous ont contacté pour que nous les mettions en contact avec des participants qui avaient fait bonne impression l’année dernière. Elles sont maintenant conscientes que Maurice possède des cerveaux dans le domaine scientifique et elles seront bien plus attentives cette année. Le but ultime de cette semaine de la recherche est de faire connaitre ceux qui étaient enfermés entre les quatre murs de leurs institutions respectives et de les amener au devant de la scène.

N’allons-nous pas perdre nos talents, le phénomène de ‘ Brain waste’ est une inquiétude pour beaucoup de pays ?
Tout est possible à ce niveau. Quand on est au sommet dans notre domaine, c’est tout à fait normal que le monde entier veuille obtenir ces compétences. C’est la réalité du monde global dans lequel nous vivons. En contrepartie, le pays sortira gagnant, plusieurs Mauriciens qui brillent dans le domaine de la science mettront le pays, son système d’éducation et l’investissement dans la ressource humaine en avant. Ils feront la preuve surtout que nous sommes à l’avant plan dans la recherche scientifique et académique.


Des sommités prendront la parole

Lors de cette conférence de quatre jours, plusieurs grands noms de la recherche et de l’enseignement seront à Maurice pour apporter leurs connaissances aux participants. On note la présence du Dr Theng Yin Leng, la directrice de l’Ageing Research Institute for Society and Education, de l’université technologique de Nanyang à Singapour. Elle est également la fondatrice du Centre of Healthy and Sustainable Cities (CHESS) at the Wee Kim Wee School of Communication and Information. La Dr Then Yin Leung est spécialiste dans le développement des outils et des techniques pour la création de systèmes interactifs qui impactent la société.

Lina Pelliccione, vice chancelière et présidente de Curtis Mauritius, est également une des orateurs de cette conférence. Elle est spécialiste dans le domaine de l’éducation, de l’innovation et du TIC. Linda Pelliccione a reçu le titre d’Outstanding Professional Service Award en Australie. Sa contribution dans le domaine de l’éducation a été récompensée en 2018 par l’Australian Council of Deans in Education.

La Dr Bharti Balambal, Project Manager du Colorectal Research Program au Moores Cancer Center, à l’université de San Diego, sera aussi de la partie. Elle vise à améliorer la détection et le traitement du cancer du colon chez les patients qui n’ont pas suffisamment accès a un service de santé. Également épidémiologiste, elle contribue grandement a l’évolution de la recherche à travers le monde.

Christine Ennew, la doyenne de l’université de Warwick, sera elle aussi une des orateurs de cette conférenc, elle est spécialiste dans le Higher Education. Elle est actuellement membre de l’Advisory Board on Borderless Higher Education et du Board du Higher Funding Council du Pays de Galles.

 

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