Reaz Naseebun : un destin douloureux au départ transformé en succès
Par
Ajagen Koomalen Rungen
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Ajagen Koomalen Rungen
Un grave traumatisme crânien aurait pu mettre fin à ses ambitions. Quinze ans plus tard, Reaz Naseebun dirige Real Fresh Fruit et emploie une quarantaine de personnes. De Plaine-Verte à l'entrepreneuriat, son parcours raconte une résilience forgée par le travail, la foi et la persévérance.
À première vue, Reaz Naseebun est un entrepreneur accompli. Chaque jour, les camions de Real Fresh Fruit sillonnent les routes mauriciennes pour approvisionner marchés, commerces, hôtels et distributeurs en fruits venus des quatre coins du monde. Derrière cette réussite se cache pourtant une histoire où la douleur côtoie l’espoir. En 2011, un grave traumatisme crânien fait basculer son existence. Les spécialistes évoquent alors trois scénarios : des crises d’épilepsie, une paralysie ou une perte irréversible de mémoire. Quinze ans plus tard, aucun de ces pronostics ne s’est réalisé. À 43 ans, Reaz Naseebun dirige une entreprise qui emploie une quarantaine de personnes et joue un rôle important dans l’approvisionnement du pays en fruits frais. Pour lui, cette guérison relève du miracle et son parcours entrepreneurial constitue une seconde chance que la vie lui a offerte. Derrière le chef d’entreprise se cache surtout un homme qui n’a jamais cessé de croire que les plus grandes épreuves peuvent devenir le point de départ des plus belles réussites.
Bien avant les chambres froides de Plaine-Lauzun, les importations internationales et les camions de livraison, il y avait un petit garçon qui grandissait dans les ruelles de Plaine-Verte. C’est là que commence véritablement l’histoire de Reaz Naseebun. Issu d’une famille modeste, il apprend très tôt que rien ne s’obtient sans effort. Son père gagne sa vie comme marchand ambulant à proximité du bazar de Port-Louis. Chaque journée est une bataille pour vendre suffisamment afin de subvenir aux besoins de la famille. Les revenus sont modestes, mais la dignité n’a jamais de prix. Très jeune, Reaz accompagne son père au travail. Il observe attentivement les échanges entre les commerçants et leurs clients. Dans cette ambiance animée où se mêlent les appels des vendeurs, les odeurs d’épices et les discussions interminables autour des prix, il découvre une réalité qui le fascine. Il comprend rapidement que le commerce ne repose pas uniquement sur les produits que l’on vend. Il repose avant tout sur la confiance que l’on inspire.
Son père connaît ses clients par leur prénom. Certains viennent acheter, d’autres simplement discuter quelques minutes avant de repartir. Cette proximité laisse une empreinte profonde dans l’esprit du jeune garçon. « Mon père ne possédait pas une grande entreprise. Pourtant, il m’a transmis une richesse bien plus précieuse : l’honnêteté. Il disait toujours que lorsqu’on travaille avec sincérité, Dieu finit par ouvrir une porte. » Ces paroles deviendront l’une des philosophies qui guideront toute la carrière de Reaz Naseebun. À la maison, ses parents lui inculquent également des valeurs simples mais essentielles : le respect, la discipline, la patience et le courage. Les difficultés financières ne sont jamais un sujet de plainte. Elles deviennent au contraire une source de motivation. « Nous n’avions pas beaucoup, mais nous étions heureux avec ce que nous avions. Mes parents m’ont appris à remercier Dieu avant de penser à ce qui nous manquait. » Cette éducation forge progressivement son caractère. Très tôt, Reaz Naseebun comprend que personne ne viendra construire son avenir à sa place.
Malgré des moyens limités, ses parents considèrent l’éducation comme une priorité absolue. Reaz Naseebun effectue sa scolarité primaire à Notre-Dame de la Paix RCA avant de poursuivre ses études au Eden College puis à l’Islamic College.
Ces années lui permettent de découvrir des univers très différents. Curieux de nature, il aime apprendre mais apprécie tout autant les échanges avec les autres élèves. Ceux qui l’ont côtoyé gardent le souvenir d’un jeune homme discret, respectueux et toujours prêt à rendre service. Pourtant, derrière son sourire, certaines réalités sont parfois difficiles à vivre. À cette époque, les vêtements de grandes marques comme FFW ou Équateur représentent un luxe inaccessible pour sa famille. Ses parents achètent ses habits à la foire avec les moyens dont ils disposent. À plusieurs reprises, des camarades lui demandent pourquoi il porte souvent les mêmes vêtements. Ces remarques auraient pu le décourager. Elles produisent exactement l’effet inverse. Au lieu de nourrir un sentiment de frustration, elles renforcent sa détermination à réussir. « Je me suis promis qu’un jour, mes enfants ne connaîtraient pas les mêmes difficultés. »
Durant ses études, un professeur de sociologie évoque devant la classe le concept de la « culture de la pauvreté », selon lequel les enfants issus de milieux défavorisés ont souvent tendance à reproduire la condition sociale de leurs parents.
Cette théorie ne convainc pas Reaz Naseebun. Pour lui, les origines ne définissent jamais un destin. Il refuse de croire que la naissance puisse décider de l’avenir d’un individu. Cette conviction devient l’un des moteurs de son ambition. Il adopte également une philosophie qui l’accompagnera durant toute sa vie : la patience. Une citation attribuée à l’Imam Ali le marque profondément : « Be patient and you will get what you want. »
Pour lui, ces quelques mots résument une vérité essentielle. Les plus belles réussites demandent du temps. Elles se construisent avec persévérance, sans chercher de raccourci. Aujourd’hui encore, il demeure reconnaissant envers tous ceux qui ont contribué à son éducation. Il garde notamment une pensée particulière pour son ancien professeur M. Poinen, aujourd’hui décédé. « Certains enseignants changent une vie sans même s’en rendre compte. »
À la fin de ses études, le jeune Reaz entre dans le monde professionnel. Très vite, il rejoint une entreprise spécialisée dans la vente de fruits. Ce premier emploi va transformer sa vie. Au départ, il découvre un univers beaucoup plus complexe qu’il ne l’imaginait. Choisir un fruit ne consiste pas simplement à observer sa couleur ou son apparence. Il faut connaître les saisons, les variétés, les producteurs, les méthodes de transport, les conditions de conservation et les attentes des consommateurs. Chaque journée devient une nouvelle leçon. Il apprend à reconnaître la qualité d’un simple regard. Progressivement, il développe une véritable passion pour ce métier. « Les fruits sont des produits vivants. Si on les respecte, ils récompensent toujours le travail que l’on accomplit. »
Très rapidement, il comprend également que la réussite ne dépend pas uniquement de la qualité du produit. Le contact humain est tout aussi important. Il prend le temps d’écouter les clients, de comprendre leurs besoins et de les conseiller avec sincérité. Lorsqu’un fruit ne correspond pas aux attentes d’un consommateur, il préfère parfois renoncer à une vente plutôt que de trahir sa confiance. Cette manière de travailler lui permet de fidéliser une clientèle de plus en plus importante. Ses responsables remarquent également son sérieux. Au fil des années, il développe un solide réseau professionnel qui dépasse progressivement les frontières mauriciennes. Des producteurs étrangers commencent à le connaître. Ils apprécient son honnêteté, sa parole et son professionnalisme. Sans le savoir, ces relations deviendront déterminantes quelques années plus tard. À cette époque, Reaz Naseebun est loin d’imaginer que sa vie va bientôt basculer. Le destin s’apprête à lui imposer l’épreuve la plus difficile de son existence.
Le 17 octobre 2011 commence comme une journée de travail ordinaire. Comme chaque matin, les employés prennent quelques instants pour partager un thé accompagné de pain avant de se mettre à leurs tâches. En observant la table, Reaz Naseebun remarque plusieurs morceaux de pain laissés de côté. Cette scène le dérange profondément. Ayant grandi dans une famille où chaque repas avait de la valeur, il ne supporte pas le gaspillage. Il se promet d’en parler calmement avec son équipe un peu plus tard afin de leur rappeler l’importance de respecter la nourriture. Quelques minutes plus tard, alors qu’il ferme une porte, sa main reste brusquement coincée. Pensant qu’il ne s’agit que d’un incident sans gravité, il se dirige vers un lavabo pour passer sa main sous l’eau froide. Mais en quelques secondes, son état se dégrade. Une sensation de faiblesse l’envahit, des vertiges apparaissent et ses jambes cessent de le soutenir. Il s’effondre brutalement et sa tête heurte violemment un mur sous les yeux de ses collègues, qui alertent immédiatement les secours.
À son arrivée à l’hôpital, les examens se succèdent rapidement. Les scanners et les analyses neurologiques révèlent un grave traumatisme crânien. Après avoir étudié les résultats, les médecins convoquent sa famille afin de lui expliquer la gravité de la situation. Leur verdict est sans appel : trois scénarios sont alors envisagés. Le premier est l’apparition de crises d’épilepsie tout au long de sa vie. Le deuxième est une paralysie susceptible de le condamner à vivre en fauteuil roulant. Le troisième est une perte irréversible de mémoire. Pour ses proches, ces paroles sont dévastatrices. En quelques instants, tous les projets d’avenir semblent s’effondrer.
Face à ces pronostics, Reaz Naseebun refuse pourtant de céder au désespoir. Bien qu’il mesure parfaitement la gravité de son état, il garde au fond de lui une conviction profonde : son histoire ne peut pas s’arrêter ainsi. « Quand les médecins parlaient, je comprenais leurs inquiétudes, mais au fond de moi, je gardais la certitude que Dieu avait encore un plan pour moi. Je ne savais pas ce que l’avenir me réservait, mais je refusais d’abandonner », confie-t-il aujourd’hui.
Les mois qui suivent sont particulièrement éprouvants. Son quotidien est désormais rythmé par les consultations médicales, les examens de contrôle et les traitements. Les spécialistes restent prudents, car les conséquences d’un traumatisme crânien peuvent apparaître plusieurs semaines, voire plusieurs mois après l’accident. Chaque rendez-vous est vécu avec appréhension par sa famille, qui redoute à tout moment l’apparition des complications annoncées. Pourtant, contre toute attente, les semaines deviennent des mois, puis les mois deviennent des années, sans que les scénarios les plus redoutés ne se réalisent. Cette évolution surprend les médecins eux-mêmes.
Si certaines séquelles sensorielles subsistent, Reaz Naseebun choisit de regarder ce qu’il a conservé plutôt que ce qu’il a perdu. Il mesure chaque jour la chance de pouvoir marcher, parler, travailler et retrouver progressivement une vie active. Cette épreuve transforme profondément sa manière de voir l’existence. Lui qui avait toujours vécu à un rythme soutenu apprend désormais que certaines batailles ne se gagnent ni par la force ni par la vitesse, mais par la patience, la foi et la persévérance. « Je remercie Dieu chaque matin. Beaucoup de personnes auraient souhaité simplement pouvoir retrouver une vie normale. Chaque nouvelle journée est pour moi une bénédiction. Alhamdoulillah. »
Alors qu’il poursuit encore son traitement, un événement inattendu vient ouvrir une nouvelle perspective. En 2015, un fournisseur sud-africain avec lequel il avait noué une relation professionnelle au fil des années reprend contact avec lui. En apprenant son accident, celui-ci refuse de rester simple observateur et lui propose de se rendre en Afrique du Sud afin de bénéficier d’un suivi médical spécialisé. Pour Reaz Naseebun, cette proposition représente bien plus qu’une opportunité thérapeutique. Il y voit un véritable signe du destin. « Certaines personnes entrent dans votre vie pour faire des affaires.
D’autres y entrent pour la transformer. Je n’oublierai jamais ce geste », raconte-t-il avec émotion.
Ce séjour en Afrique du Sud marque un tournant décisif. Les soins lui permettent de retrouver progressivement confiance en lui, mais surtout de regarder de nouveau vers l’avenir. Pendant plusieurs années, toute son énergie avait été consacrée à sa guérison. Pour la première fois depuis son accident, il recommence à réfléchir à ses projets, à ses ambitions et à ce qu’il souhaite accomplir. Cette renaissance personnelle coïncide avec une opportunité d’investissement autour d’un entrepôt équipé de chambres froides à Plaine-Lauzun. Là où beaucoup auraient hésité après une telle épreuve, Reaz Naseebun décide de saisir cette chance. Il est convaincu que cette seconde vie qui lui a été accordée doit avoir un sens et qu’il lui appartient désormais de la transformer en une œuvre durable. Cette décision marquera le véritable point de départ de l’aventure entrepreneuriale qui donnera naissance, quelques mois plus tard, à Real Fresh Fruit.
Après cette période difficile marquée par l’accident et les longues années de reconstruction, Reaz Naseebun décide de ne pas simplement reprendre le cours de sa vie. Il considère cette nouvelle étape comme une responsabilité. Pour lui, avoir survécu à une épreuve que les médecins jugeaient particulièrement grave représente un message : il doit utiliser cette chance pour construire, avancer et transmettre quelque chose de positif autour de lui.
C’est dans cet état d’esprit qu’il se lance dans une nouvelle aventure professionnelle.
Les débuts sont loin d’être faciles. Il faut repartir presque de zéro, convaincre des partenaires, comprendre les nouveaux défis du marché et mettre en place une organisation capable de répondre aux exigences du commerce des fruits frais.
Mais Reaz Naseebun possède déjà une expérience importante acquise sur le terrain. Pendant des années, il a appris les subtilités de ce métier, les attentes des clients et surtout l’importance de la confiance.
Pour lui, la réussite ne se construit pas uniquement avec des moyens financiers. Elle repose avant tout sur la crédibilité d’un homme et sur la manière dont il respecte ses engagements. Cette valeur, héritée de son père, devient le fil conducteur de toutes ses décisions. « Dans les affaires, on peut acheter beaucoup de choses, mais on ne peut pas acheter la confiance. Elle se gagne avec le temps et avec les actes. » Cette philosophie lui permet progressivement de bâtir des relations solides avec différents partenaires à travers le monde. Il prend le temps de comprendre leur manière de travailler, de visiter certains sites de production et de s’assurer que les produits correspondent aux exigences du marché mauricien. Pour lui, chaque collaboration doit être basée sur un principe simple : le respect mutuel.
Au fil des années, son activité prend de l’ampleur. Derrière chaque arrivée de marchandises se trouve un travail minutieux de préparation, de conservation et d’organisation. La gestion des fruits frais demande une attention constante, car chaque étape peut influencer la qualité finale du produit. Cette rigueur devient une habitude quotidienne pour Reaz Naseebun, qui reste personnellement impliqué dans les décisions importantes. Mais malgré l’évolution de son entreprise, il refuse de perdre le contact avec la réalité du terrain. Il continue à observer les habitudes des consommateurs, à écouter leurs remarques et à comprendre leurs besoins. Pour lui, un entrepreneur ne doit jamais être éloigné des personnes qui font vivre son activité. « Le jour où l’on oublie les personnes qui nous font confiance, on commence à perdre l’essence même du commerce. » Cette proximité avec les clients rappelle d’ailleurs ses premières années dans le monde professionnel, lorsqu’il découvrait le plaisir du contact humain. Même avec davantage de responsabilités, il garde cette même simplicité dans son approche.
Lorsqu’il parle de son parcours, Reaz Naseebun insiste rarement sur sa propre réussite. Il préfère parler des personnes qui l’ont accompagné. Pour lui, aucune entreprise ne peut grandir grâce aux efforts d’un seul individu. Derrière chaque résultat, il voit le travail quotidien d’une équipe, les sacrifices des employés et la confiance des partenaires.
Cette vision trouve son origine dans son enfance. Ayant grandi dans un environnement modeste, il connaît la valeur du travail et le rôle essentiel de chaque personne dans une organisation. « Une personne peut avoir une idée, mais il faut toujours des hommes et des femmes pour la transformer en réalité. » Cette reconnaissance envers les autres fait partie de sa manière de diriger. Il estime qu’un responsable doit non seulement donner des objectifs, mais aussi respecter ceux qui contribuent à les atteindre. Son parcours lui a également appris que la réussite matérielle n’est jamais une garantie de bonheur. Après avoir frôlé le pire en 2011, il regarde aujourd’hui la vie différemment. Les choses simples ont pris une importance nouvelle : pouvoir travailler, passer du temps avec sa famille, rencontrer des personnes et continuer à avancer.
L’expérience de la difficulté a également renforcé chez lui le désir d’aider les autres. Reaz n’a jamais oublié les années où sa famille devait faire attention à chaque dépense. Il sait qu’un petit geste peut parfois représenter beaucoup pour une personne en difficulté. C’est pourquoi il accorde une importance particulière à la solidarité et aux actions en faveur de la communauté. Pour lui, une réussite individuelle perd son sens si elle ne peut pas avoir un impact positif autour d’elle. « Quand la vie vous offre une deuxième chance, vous devez comprendre que cette chance n’est pas seulement pour vous. Elle doit aussi servir aux autres. » Cette philosophie est directement liée aux valeurs transmises par ses parents. Son père lui a appris que la richesse d’un homme ne se mesure pas uniquement à ce qu’il possède, mais aussi à ce qu’il est capable de partager.
Aujourd’hui, lorsqu’il revient sur son parcours, Reaz Naseebun ne regarde pas seulement l’homme d’affaires qu’il est devenu. Il pense d’abord au jeune homme allongé dans un lit d’hôpital, alors que les médecins envisageaient plusieurs scénarios difficiles pour son avenir. Cette période aurait pu devenir une blessure permanente. Elle est devenue au contraire une source de force. Il a appris que la vie peut basculer en quelques secondes, mais aussi qu’un être humain possède une capacité incroyable à se reconstruire. Son histoire n’est pas celle d’un homme qui n’a jamais connu l’échec ou la souffrance. C’est celle d’un homme qui a traversé une tempête et qui a choisi de continuer à avancer. « Les difficultés ne disparaissent pas toujours, mais elles peuvent nous apprendre à devenir plus forts », confie-t-il. Aujourd’hui, il conserve la même conviction qu’au début de son parcours : les origines ne déterminent pas la destination. L’enfant de Plaine-Verte qui observait son père travailler dans les rues de Port-Louis a grandi avec cette idée que le courage et la persévérance peuvent changer une vie. Son parcours rappelle qu’un diagnostic médical n’écrit pas forcément une histoire, qu’une difficulté n’annonce pas toujours une fin et qu’une seconde chance peut devenir le début d’une nouvelle destinée.
La véritable réussite de Reaz Naseebun ne se trouve pas uniquement dans son parcours professionnel. Elle réside dans sa capacité à rester fidèle aux valeurs qui l’ont construit : l’honnêteté, la gratitude, le respect et la volonté de ne jamais abandonner. Car au-delà des fruits qu’il a appris à connaître et à distribuer, il a surtout récolté quelque chose de plus précieux : la preuve qu’après les plus grandes épreuves peuvent naître les plus belles renaissances.