Interview

Ravneet Chowdhury, CEO de Bank One : «Le secteur financier a besoin de grimper dans la chaîne de valeur»

Ravneet Chowdhury, CEO de Bank One

Étant l’une des banques relativement jeunes à Maurice, Bank One se fraye déjà un chemin afin de devenir un des principaux acteurs de l’île. à l’occasion de ses dix ans, le CEO fait un tour d’horizon sur l’évolution et les nouveaux projets de la banque.  

Cette année, Bank One fête son dixième anniversaire à Maurice. Dans quelle mesure les opérations de la banque y ont-elles évolué ?
Fruit d’un partenariat entre le groupe CIEL à Maurice et I&M Holdings au Kenya en 2008, Bank One a choisi, dès le début, de desservir les quatre principaux segments bancaires dont la banque de détail, les services bancaires aux entreprises, la banque privée et l’international. Elle est aujourd’hui reconnue comme étant une banque solide à forte croissance et elle a été classée la 28e entreprise la plus rentable à Maurice par le ‘Top 100 Companies’ en 2018. Bank One fournit une large gamme de produits et services bancaires à ses clients grâce à une bonne couverture géographique comprenant 13 agences et un réseau de guichets automatiques bien situés à travers l’île. Au fil du temps, elle a acquis une solide réputation pour ses services de trésorerie et une forte proposition de valeur pour le commerce électronique. Reconnue par Visa pour les meilleures pratiques en matière de gestion du risque lié au commerce électronique, Bank One continue d’étendre son réseau de partenaires. Elle a récemment intégré MasterCard et UnionPay.

Quels sont les défis auxquels font face les banquiers en ce moment ?
L’exiguïté du marché local demeure une contrainte pour les opérateurs du secteur bancaire qui se tournent de plus en plus vers le continent africain pour de nouveaux marchés porteurs. Cependant, le marché africain n’est pas un bloc monolithique et requiert une vraie connaissance des réalités du terrain. De par ses actionnaires, le groupe CIEL et I&M Holdings qui possèdent d’importantes opérations bancaires à Madagascar, au Kenya, au Rwanda et en Tanzanie, Bank One est bien placée pour bénéficier de ces opportunités et d’un accès privilégié au continent africain. Nous assistons à une évolution considérable de l’environnement bancaire au niveau global et un renforcement des exigences des régulateurs dans plusieurs domaines. Ainsi, les banques locales doivent faire face à une augmentation considérable des coûts de conformité tout en maintenant une profitabilité saine et assurer la pérennité de leur entreprise. Par ailleurs, le secteur financier a besoin de grimper dans la chaîne de valeur afin de répondre aux exigences d’une clientèle sophistiquée. Pour cela, on a besoin d’attirer des professionnels de haut calibre dans des domaines de forte spécialisation afin de former nos effectifs locaux dans le moyen terme.

Ces dernières semaines ont été importantes sur la FinTech et la Sandbox Regulatory License. Estimez-vous que cela redéfinira le secteur financier ?
En effet, le secteur financier passe par une phase cruciale et elle a besoin de se réinventer face aux défis venant des opérateurs FinTech ou d’autres secteurs d’activités qui tenteront de grignoter ses parts de marché en misant sur les nouvelles technologies et le changement de comportement des clients. La Sandbox Regulatory License permet déjà aux opérateurs de se lancer en attendant la mise en place d’un cadre règlementaire spécifique à la FinTech ou à la technologie blockchain, entres autres.  

Quels sont les futurs projets de la Bank One ?
Actuellement, plusieurs projets relatifs au digital ont été initiés dont la migration complète du système informatique vers une nouvelle plateforme ainsi que l’intégration d’un module omni canal. à cela, s’ajoutent d’autres initiatives telles que l’e-Statement, une digitalisation du processus d’ouverture de compte ainsi que les demandes de prêts, etc. Il faut préciser que ces initiatives s’inscrivent dans le moyen terme et que les résultats seront visibles graduellement dans les mois qui suivent.