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Rashid Imrith : «Un salaire minimum de Rs 20 000»

En marge de la réunion du National Wage Consultative Council du vendredi 22 novembre prochain pour une révision du salaire minimum et de la rencontre du comité tripartite pour décider du quantum de la compensation salariale, le président de la Fédération des syndicats du secteur public, Rashid Imrith, hausse le ton en proposant un salaire minimum de Rs 20 000 par mois et une compensation salariale uniforme de Rs 600. 

En janvier prochain, le salaire minimum sera revu, possiblement à la hausse. Ce qui alourdira considérablement le fardeau des employeurs. Logiquement, l’octroi d’une compensation salariale est-elle possible ?
Il faut faire la distinction entre le salaire minimum qui est une révision salariale et la compensation salariale qui compense les salariés pour la perte de leur pouvoir d’achat.

Ce qui ne nous empêche pas de nous demander si les entreprises pourront faire face à ces dépenses supplémentaires ?
On n’écarte pas la possibilité que certaines entreprises, en particulier les petites et moyennes entreprises, n’auront pas la capacité de payer, et le salaire minimum et la compensation salariale. Des fermetures sont à prévoir. Pour éviter une telle situation qui pourrait provoquer une crise sociale, le gouvernement aura intérêt à accroître le top up sur les salaires pour que tous les salariés puissent bénéficier du nouveau barème du salaire minimum. Bien sûr, on pourra toujours s’asseoir autour d’une table pour trouver d’autres solutions pour les compagnies qui n’auront pas la capacité à payer.

Ce qui pèsera lourd sur l’économie nationale vu la hausse prochaine de la pension de vieillesse à partir de décembre…
Il est bon de rappeler que lors de la dernière campagne électorale, en faisant toutes ces promesses mirobolantes, l’Alliance Morisien a donné l’impression que l’économie nationale était en bonne santé et maintenant au pouvoir, elle doit assumer ses responsabilités.

L’Alliance Morisien a donné l’impression que l’économie nationale est en bonne santé et maintenant au pouvoir, elle doit assumer ses responsabilités.»

Que pouvez-vous dire sur le salaire minimum ?
D’abord, j’aimerais attirer l’attention sur le fait que le réajustement salarial tant dans le secteur public que privé, suivant les distorsions dans la relativité salariale découlant de l’introduction du salaire minimum en janvier 2018 se fait attendre. Concernant la Fonction publique, nous avons reçu une correspondance la semaine dernière du Chef de la Fonction publique à l’effet que d’ici la fin de novembre, le PRB va publier un rapport sur la relativité salariale dans la Fonction publique. Pour ce qui est du secteur privé, il ressort que depuis un certain temps, le National Remuneration Board a déjà soumis un rapport à cet effet au ministère du Travail. C’est un dossier que les autorités doivent traiter en toute urgence.

Quel montant proposez-vous pour le salaire minimum ?
Le National Wage Consultative Council se réunira le 22 novembre prochain à 10 heures et on en profitera pour prendre connaissance des derniers relevés du Household Budget Survey de Statistics Mauritius, qui servira, entre autres, comme base de données, pour calculer le salaire minimum. Cela dit, notre fédération est en faveur de l’octroi graduel d’un salaire minimum de Rs 20 000 par mois basé sur les dépenses mensuelles moyennes. On pourra décider du montant qui sera octroyé chaque année jusqu’à atteindre cet objectif.

Pour ce qui est de la compensation salariale ?
Nous avons discuté de la question au niveau de la fédération et nous sommes arrivés à la conclusion que pour créer un feel good factor au sein de la population, comme cela a été le cas en janvier 2015, le nouveau gouvernement doit accorder une compensation salariale uniforme de Rs 600 à tous les salariés indistinctement. 

Mais à cette époque, il n’y avait pas de salaire minimum et l’impôt négatif.
Je suis d’accord. Mais accorder une compensation salariale uniforme de Rs 600 aura non seulement le mérite de rétablir le pouvoir d’achat des consommateurs mais ce sera aussi un signal fort du nouveau gouvernement pour ce qui est de son objectif de faire de Maurice un pays à haut revenus. 

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