Rapport du MES 2025 - National Certificate of Education : comment faire pour progresser
Par
Annick Daniella Rivet
Par
Annick Daniella Rivet
Le National Certificate of Education (NCE) est un examen obligatoire pour les élèves de Grade 9, marquant la fin du cycle secondaire de trois ans dans le cadre de la Nine-Year Continuous Basic Education (NYCBE). Organisé par le Mauritius Examinations Syndicate (MES), il évalue les matières fondamentales afin de déterminer la promotion en 10e année et l’admissibilité aux académies spécialisées. Dans un récent rapport, les examinateurs ont décortiqué les réussites et les failles, et livrent des pistes pour réussir cette étape.
L’évaluation en mathématiques a montré des forces et des faiblesses. Beaucoup de candidats ont abordé l’examen avec confiance, surtout au début, grâce à une bonne gestion du temps et une présentation soignée. Le taux de réussite global a été de 75,03 %, avec 77,1 % pour les filles contre 72,42 % pour les garçons. La moyenne était d’environ 58 %.
Les performances les plus solides ont été observées en arithmétique, en statistiques et en proportion inverse. Ces résultats montrent une bonne préparation et une maîtrise des bases. Cependant, des réponses incomplètes ou mal présentées ont limité l’attribution de points de méthode. Beaucoup de candidats ont perdu des points en ne respectant pas le format demandé (fractions au lieu de décimales, absence d’arrondis).
Les recommandations pour réussir :
1. Couvrir l’ensemble du programme.
2. Mémoriser avec précision les formules.
3. Calculer avec rigueur et exactitude.
4. Présenter clairement le raisonnement.
5. Respecter les exigences de la question.
Les enseignants doivent cibler l’algèbre, la probabilité, la mesure et la géométrie, tout en renforçant les stratégies d’examen. Les candidats doivent allier maîtrise des bases, respect des consignes et développement d’une compréhension plus profonde.
Les progrès observés en 2024 ont été maintenus en 2025, avec une proportion encore plus élevée de candidats obtenant le Grade 1. Toutefois, les candidats ont rencontré des difficultés avec l’accord sujet-verbe, la forme plurielle du possessif (ex. : « neighbours’ cat »), l’usage de la négation, le discours indirect et la transformation des phrases à la voix active.
Les examinateurs soulignent aussi que si les candidats réussissent les questions de compréhension littérale, ils éprouvent des difficultés avec les questions inférentielles et celles portant sur le vocabulaire en contexte. Par ailleurs, le « copier-coller » reste un problème chez les plus faibles.
La rédaction fonctionnelle est à la portée de la majorité, mais beaucoup peinent avec la rédaction longue. Le vocabulaire est souvent insuffisant pour exprimer des idées et des émotions complexes. Seuls les meilleurs utilisent une variété de structures de phrases. La poésie reste le choix le plus populaire. Les candidats réussissent bien l’identification des figures de style et de leurs effets.
L’évaluation de français a mesuré les compétences acquises des candidats en compréhension écrite (30 %), expression écrite (25 %), grammaire (35 %) et littérature (10 %).
À la lumière des copies des candidats, les examinateurs ont constaté que les élèves peuvent lire et comprendre des textes fonctionnels et narratifs avec aisance. Toutefois, ils rencontrent des difficultés pour articuler une réponse claire à la question posée. Ils peinent à maîtriser l’orthographe des mots courants et ont des difficultés à placer correctement les accents. Ils présentent aussi une maîtrise inadéquate des règles de la négation et de la pronominalisation du complément d’objet, ainsi que de la conjugaison, des temps verbaux et des terminaisons. Ils ont besoin de comprendre les exigences de la rédaction de type descriptif et argumentatif, et de renforcer leur maîtrise du temps du récit.
L’exemple d’une rédaction sur le thème du chaton blessé a révélé un potentiel créatif certain chez une grande majorité de candidats. L’aisance avec laquelle ils se sont approprié le sujet témoigne d’une réelle capacité à imaginer, à structurer un récit et, surtout, à transmettre des émotions sincères. La dimension humaine des textes a été le point fort de cette épreuve, rendant la lecture des copies souvent captivante. Toutefois, ce dynamisme créatif reste freiné par des lacunes techniques persistantes. Le déséquilibre entre le cadre de l’histoire et l’action principale, ainsi que les fragilités linguistiques (syntaxe et vocabulaire), limitent encore trop souvent la portée des écrits. L’enjeu des futures étapes d’apprentissage sera donc de transformer cet élan narratif en une maîtrise littéraire plus rigoureuse. En mettant l’accent sur les mesures correctives, notamment l’enrichissement lexical, la précision structurelle et l’autonomie dans la relecture, les examinateurs affirment que les candidats pourront élever la qualité de leur prose et donner à leur imagination les outils nécessaires pour s’exprimer pleinement.
Le « Component 1 » est l’épreuve pratique qui évalue la capacité du candidat à répondre à une question optionnelle choisie. Elle mesure son aptitude à mener des recherches et des investigations appropriées, à démontrer le développement d’idées et de concepts, à explorer les supports et les procédés de manière éclairée, et à présenter un travail final bien organisé. Le processus débute avec le sujet prépublié, offrant aux candidats un temps suffisant pour réaliser les travaux préparatoires avant de produire l’œuvre finale dans les conditions de l’examen.
Dans l’ensemble, la majorité des candidats ont fait des choix pertinents et leurs productions étaient en accord avec les thèmes sélectionnés. Seul un petit nombre de candidats a semblé effectuer un choix aléatoire, entraînant une exploration limitée ou superficielle des thèmes. Les candidats démontrant des aptitudes excellentes et remarquables ont travaillé avec assurance tout au long du processus. Leurs réponses étaient ciblées, cohérentes et bien structurées à chaque étape, de la recherche et du développement jusqu’à l’exécution finale. Les œuvres produites étaient d’un niveau très élevé et reflétaient une solide compréhension conceptuelle ainsi qu’une compétence technique affirmée. Un nombre considérable de copies à ce niveau étaient hautement accomplies, témoignant de l’accompagnement et du soutien efficaces fournis par les enseignants.
Les candidats se situant à un niveau moyen ont généralement abordé toutes les étapes requises et ont mené à bien les travaux préparatoires et finaux de manière compétente et efficace. Toutefois, une certaine hésitation dans la prise de décision et une répétition des idées ont été observées dans plusieurs productions de ce niveau. Les travaux de niveau inférieur nécessitaient un engagement et un investissement plus importants de la part des candidats. Dans plusieurs cas, les réponses étaient isolées et montraient des signes limités, voire inexistants, de recherche. Certains candidats n’ont pas remis de travaux préparatoires, ce qui a eu un impact négatif sur leur performance globale.
L’évaluation NCE 2025 en Business and Entrepreneurship Education (BEE) a affiché un taux de réussite global de 78,27 %, les candidats ayant montré une confiance accrue dans les composantes fondamentales et basées sur les connaissances de la section A. Cependant, des faiblesses sont apparues dans les tâches de niveau supérieur dans les deux sections, en particulier dans les questions ouvertes nécessitant une application contextualisée, où de nombreux candidats se sont contentés de reproduire le contenu des manuels plutôt que de s’engager de manière significative avec les scénarios proposés.
La section B est restée la partie la plus difficile, avec des difficultés généralisées. Les barrières linguistiques et la méconnaissance des consignes ont encore accentué la perte de points dans les deux sections.
Recommandations :
L’enseignement devrait progressivement évoluer du rappel de connaissances vers le développement des compétences d’application et d’analyse, en utilisant des études de cas et des scénarios réels reflétant le format de l’examen.
En comptabilité, la logique de la tenue de livres en partie double doit être renforcée par des exercices pratiques soutenus plutôt que par une mémorisation mécanique.
Les candidats doivent être formés à l’interprétation des mots-clés, à la structuration des réponses contextualisées et à l’application de stratégies pour les questions à choix multiples.
Une pratique régulière, chronométrée, avec des sujets d’examen antérieurs, accompagnée de retours structurés, est fortement encouragée.
L’évaluation de biologie visait à mesurer la compréhension et l’application des concepts essentiels du programme de Grade 9. L’épreuve comportait 50 points et se composait de six questions. Conformément au programme d’enseignement, l’épreuve ne se limitait pas au rappel de faits. Elle exigeait également l’interprétation de schémas scientifiques, la distinction entre concepts, l’application des connaissances à de nouveaux contextes, la réalisation de procédures expérimentales, ainsi que l’analyse de données numériques simples.
Les candidats ont généralement montré une bonne maîtrise des connaissances de base. Cependant, la langue et la précision d’expression ont continué à influencer les résultats. Dans les réponses ouvertes, beaucoup étaient vagues, incomplètes ou insuffisamment adaptées à la demande. La performance globale en biologie peut être qualifiée de correcte. La majorité des candidats a montré suffisamment de connaissances pour traiter une partie substantielle de l’épreuve.
1. Les questions de connaissances étaient plus accessibles que celles de raisonnement.
2. Les questions courtes et directes étaient mieux réussies que les questions ouvertes et développées.
3. Les candidats avaient du mal à passer de la connaissance du contenu biologique à son utilisation scientifique, notamment pour expliquer un processus ou présenter des données sous forme graphique.
Les faiblesses observées relevaient souvent d’un apprentissage superficiel. Beaucoup de réponses étaient approximatives ou hors sujet, révélant un besoin d’accentuer en classe la précision, le sens et le transfert des apprentissages.
L’évaluation de biologie du NCE 2025 montre que la majorité des candidats possède une base solide. Toutefois, beaucoup n’utilisent pas encore leurs connaissances avec suffisamment d’exactitude et de flexibilité. Pour les enseignants, la leçon est que l’amélioration dépend non seulement de la révision du contenu, mais aussi de l’attention accrue portée au langage scientifique.
L’évaluation de la chimie comportait cinq questions, pour un total de cinquante points. Comme les années précédentes, les types de questions incluaient des items objectifs, des items à réponses courtes et des items structurés. Les questions ouvertes, basées sur l’application, exigeaient des réponses précises, laissant peu de place à des réponses générales pouvant obtenir des points. En conséquence, la performance globale des élèves en chimie n’a pas été aussi bonne qu’en 2024.
Le programme comprend cinq unités, et des questions ont été posées sur chacune d’elles. Chaque question était conçue pour s’adapter aux différents niveaux des élèves. Les examinateurs recommandent que les candidats lisent attentivement les questions. Ils doivent fournir une seule réponse aux QCM, l’indiquer clairement et barrer celle qu’ils souhaitent annuler. Si l’intention du candidat n’est pas claire, aucun point n’est attribué. L’accent doit être mis sur la mémorisation et la compréhension des termes de base en chimie. Un manque de compréhension affecte les réponses, notamment aux QCM, où il n’y a qu’un seul choix. L’écriture des symboles des éléments et des formules des composés est primordiale. Les candidats doivent distinguer correctement les majuscules et les minuscules.
La langue demeure un obstacle : dans les questions ouvertes, les candidats ont eu du mal à s’exprimer clairement et concisément. Certains ont même répondu en français ou en créole, ce qui est à éviter à ce niveau. En chimie, la capacité d’observer visuellement et auditivement est une compétence essentielle à développer.
En 2025, la performance moyenne a atteint le meilleur score depuis l’introduction de l’évaluation en 2020. Les candidats maîtrisent globalement les concepts de base. Les examinateurs soulignent que les enseignants doivent insister sur :
La présentation de toutes les étapes des calculs ;
La correction linguistique ;
L’écriture des réponses sur les lignes prévues ;
L’utilisation correcte des règles et instruments ;
La gestion des erreurs (ratures nettes et lisibles).
Un nombre satisfaisant de candidats a atteint le niveau requis en vocabulaire, grammaire, lecture et écriture de base en kreol morisien. En rédaction, il est conseillé d’utiliser une variété de structures de phrases. Les difficultés persistantes concernent, entre autres, la duplication des consonnes (« n » pour « donner », « s » à la place de « t » dans « information »).
Les examinateurs soutiennent que les candidats ont eu du mal avec le vocabulaire moins familier. Certains candidats n’ont pas donné de réponses suffisamment précises. Le recours excessif au « copier-coller » demeure un problème chez les plus faibles. En rédaction, les candidats doivent s’ajuster selon la question. Les plus faibles utilisent une langue rudimentaire, avec un vocabulaire limité, alors que les plus forts ont montré une capacité à varier les structures de phrases.
En kreol morisien, l’apprentissage se concentre sur cinq axes :
Interagir avec confiance et pertinence dans divers contextes ;
Maîtriser le kreol morisien avec clarté, précision et créativité ;
Comprendre la structure linguistique ;
Répondre efficacement dans des situations de communication variées, y compris en mode multilingue ;
Utiliser les textes d’autres langues pour enrichir la compréhension des œuvres en kreol morisien.
En octobre 2025, 14 413 candidats ont participé à l’évaluation NCE ICT. Le taux de réussite est passé de 86,3 % à 88,69 %. Les examinateurs ont observé que les candidats réussissent mieux en section A qu’en section B. Cependant, les difficultés persistent en bases de données et en programmation. Il est aussi indiqué que l’usage d’une terminologie technique précise est indispensable.
La performance en 2025 (92,26 %) a été supérieure à celle de 2024 (80,60 %). Les candidats réussissent mieux les questions de la section A. De plus, les questions avec supports visuels sont bien traitées. Par contre, la section B reste plus difficile (analyse et application des connaissances). La maîtrise limitée de l’anglais freine aussi l’expression des idées. Il a été observé que certains candidats laissent des questions sans réponse et que les réponses manquent souvent de précision et de clarté.