Mise à jour: 17 janvier 2026 à 18:30

Ranjiv Woochit : «Une fonction n’élève pas un homme, elle l’expose»

Par Ajagen Koomalen Rungen 
Image
Ranjiv Woochit

Homme de terrain, Ranjiv Woochit incarne une gouvernance ancrée dans l’action, l’écoute et la responsabilité. Issu du monde des affaires, il met son expérience, sa rigueur et sa proximité avec les citoyens au service des collectivités locales.

À travers cet abécédaire sans détour, il dévoile les valeurs, les choix et la vision d’un responsable public qui privilégie le concret aux discours.

A comme Ambition

Ma première ambition, bien avant la politique, était d’entreprendre, de bâtir et de créer de la valeur. J’ai connu les exigences du secteur privé : respecter une parole donnée, gérer une équipe, prendre des décisions, et assumer les conséquences. Cela forge un caractère et une méthode.

Mon entrée en politique n’a jamais été une quête personnelle de pouvoir. Je suis venu avec une idée claire : mettre au service du pays une culture du résultat et une proximité réelle avec les gens. L’ambition qui m’anime aujourd’hui est profondément nationale : contribuer à une île plus juste, plus moderne et plus respectueuse des citoyens, après des années de dysfonctionnements et de promesses non tenues.

B comme Blessures

Les transitions ne sont jamais faciles. Passer d’une carrière d’entrepreneur à la vie publique, avec son exposition et ses critiques, a été une épreuve formatrice. En politique, on est souvent évalué sur une rumeur plutôt que sur un dossier, sur une phrase plutôt que sur un bilan.

Ces moments m’ont appris l’humilité, la patience et la persévérance. Ils m’ont surtout appris à ne jamais perdre le cap : rester concentré sur le service rendu, et non sur le bruit autour.

C comme Courage

Le plus grand courage a été de quitter le confort du secteur privé pour assumer des responsabilités publiques, parfois impopulaires, mais nécessaires. Gouverner, c’est parfois expliquer des décisions difficiles, corriger des habitudes, réformer des pratiques, et remettre de l’ordre là où il y a eu du relâchement.

Le courage, c’est aussi de résister à la pression et de protéger l’intérêt général. Dans les collectivités locales, il faut avoir le courage de dire : la sécurité, la transparence et l’équité ne sont pas négociables, même si cela dérange certains.

D comme Doute

Oui, le doute existe. Et je pense qu’un responsable qui ne doute jamais est un responsable dangereux. Le doute est un garde-fou : il oblige à vérifier, à écouter, à ne pas agir dans la précipitation.

E comme Enfance

Mon enfance m’a inculqué des valeurs simples : le respect, l’effort, la solidarité et le sens du devoir. Ce sont des valeurs qui ne vieillissent pas. Elles m’ont appris que la dignité ne dépend pas de la richesse, mais du comportement.
Ce souvenir reste vivant parce qu’il m’a donné une boussole : ne pas oublier d’où l’on vient et rester accessible, même lorsqu’on porte une fonction.

F comme Famille

Ma famille est mon pilier. Mon épouse Artee Woochit, mes filles Nishtha et Ashna, et mon fils Soobham sont ma force au quotidien. Dans la vie publique, on donne beaucoup : son temps, son énergie, parfois sa tranquillité. La famille, elle, vous rappelle l’essentiel.

Leur soutien discret, mais constant, me permet d’assumer pleinement mes fonctions. Et je tiens à protéger un espace qui nous appartient : chaque fin d’année, je consacre un moment à ma famille, souvent à l’étranger, pour nous retrouver loin des contraintes. Je remercie le Premier ministre d’avoir toujours respecté ce rendez-vous familial, car un responsable équilibré est aussi un responsable plus lucide et plus humain.

G comme Gratitude

Je suis profondément reconnaissant envers Navin Ramgoolam pour la confiance et l’opportunité qu’il m’a offertes de servir mon pays au plus haut niveau. Cette confiance m’honore.

Je crois que la politique doit redevenir une affaire de compétence, de sérieux et de résultats. On ne sert pas un poste : on sert une nation. Je prends cette mission comme un devoir, et je veux être jugé sur le concret.

H comme Humilité

L’humilité vient du terrain. Aller à la rencontre des citoyens, comprendre leurs réalités, visiter un marché, parler à un éboueur, à un commerçant, à une mère de famille, c’est se rappeler que la politique n’est pas un spectacle : c’est un service.

Une fonction n’élève pas un homme : elle l’expose. Pour rester humble, il faut garder une discipline : écouter davantage que parler, et agir plus que promettre.

I comme Inspiration

Je m’inspire des travailleurs municipaux, des agents de terrain et des citoyens engagés qui, chaque jour, font fonctionner les villes et les villages. Le pays tient grâce à ceux qui travaillent tôt, tard, et souvent dans des conditions difficiles.
Je suis aussi inspiré par les jeunes qui veulent construire, entreprendre, innover, et qui refusent le fatalisme. Mon rôle est aussi de leur ouvrir la voie par des institutions modernes et propres.

J comme Journée type

Une journée de ministre, ce n’est pas seulement des réunions. C’est une succession de décisions qui touchent le quotidien : propreté, éclairage, drains, sécurité des marchés, permis, gestion des équipes, urgences, plaintes, suivi de projets.

Il y a le bureau, mais il y a surtout le terrain. Je veux être un ministre présent, parce que dans les collectivités locales, chaque retard se voit et chaque amélioration se ressent immédiatement par la population.

K comme Key moment

Le moment clé fut mon élection comme président de district en 2005, puis ma réélection en 2012. Ces mandats ont confirmé mon engagement pour la gouvernance locale : résoudre, organiser, livrer.

Ensuite, les élections générales de 2019, puis de 2024, ont renforcé ce parcours et m’ont conduit au poste de ministre des Collectivités locales. Je n’ai pas oublié d’où je viens : de la proximité, de l’exigence, de l’action.

L comme Leadership

Le leadership, aujourd’hui, c’est décider avec courage, écouter avec respect et rendre des comptes avec transparence. Un vrai leader ne fuit pas les responsabilités. Il assume, il corrige, il explique.

Dans un pays moderne, le leadership doit être aussi moral : lutter contre les passe-droits, protéger l’argent public, et construire des institutions qui respectent le citoyen.

M comme Maurice

Maurice est bien plus qu’un territoire : c’est un projet collectif, une responsabilité et un héritage à préserver. Nous sommes un peuple divers, mais uni par une même patrie.

Je souhaite une île où la réussite est possible sans favoritisme, où le service public respecte l’usager, et où la politique améliore vraiment la vie quotidienne.

N comme Navin Ramgoolam

Un homme d’État d’expérience, dont la vision et la confiance ont permis à une nouvelle génération de responsables d’assumer des rôles clés au service du pays.

Je retiens surtout une chose : l’expérience d’un homme d’État se mesure à sa capacité à rassembler, à corriger, et à remettre le pays sur une trajectoire stable.

O comme Origines

Mes origines et mon parcours entrepreneurial m’ont appris la discipline, le pragmatisme et le respect de la valeur du travail. Quand on a travaillé dur pour bâtir, on comprend le prix de l’effort.

Cela influence ma manière d’agir : je veux une administration locale plus efficace, moins bureaucratique, plus respectueuse de l’argent public et des besoins réels des habitants.

P comme Peur

Ma plus grande crainte est de ne pas aller assez vite dans les réformes attendues par la population. Parce que les attentes sont légitimes : les gens veulent des rues propres, des marchés sûrs, des services rapides, une administration qui répond.

Mais je sais aussi qu’une réforme durable ne se fait pas à moitié. Je préfère avancer avec sérieux, de manière méthodique et résultats, plutôt que multiplier des annonces sans lendemain.

Q comme Qualités

Intégrité, compétence, courage et sens du service public. À cela, j’ajoute une qualité devenue rare : la constance. Servir, ce n’est pas être présent uniquement en période d’élections. C’est être présent quand il faut résoudre, arbitrer, améliorer.
R comme Responsabilité

Je vis cette responsabilité avec gravité. Chaque décision prise au ministère a un impact direct sur la vie quotidienne.  confiance dans l’administration.

On ne dirige pas un ministère comme on gère un slogan. Il faut une vision, une méthode, et une rigueur dans l’exécution. La responsabilité, c’est aussi de dire la vérité et d’affronter les problèmes au lieu de les cacher.

S comme Succès

Le succès, c’est de laisser des collectivités mieux équipées, plus sûres et plus modernes que celles que j’ai trouvées. Le succès se mesure au concret : des services plus rapides, des équipements plus performants, des marchés mieux organisés, des villes plus propres.

Je veux que, dans quelques années, les citoyens puissent dire : les collectivités locales ont changé, et ce changement a amélioré notre quotidien.

T comme Temps

Si je pouvais arrêter le temps une journée, je la passerais avec ma famille, loin des contraintes, dans la simplicité. Parce que la politique prend beaucoup de l'énergie et du temps. 

Je crois profondément qu’un responsable public doit rester un homme normal : proche, humain, capable d’empathie.

U comme Union

L’unité nationale est notre force. Elle ne se décrète pas : elle se construit par l’équité, le respect et la justice sociale.

Quand les citoyens sentent que les règles sont justes, que l’État les traite avec dignité, et que les services publics sont efficaces, l’unité devient naturelle. La cohésion est aussi une politique publique.

V comme Valeurs

L’honnêteté, la transparence et le respect de la dignité humaine sont non négociables. Je refuse la confusion entre intérêt public et intérêt privé.

Dans les collectivités locales, cela veut dire : appels d’offres clairs, gestion saine, décisions traçables, et refus des passe-droits. La confiance du peuple se mérite chaque jour.

W comme Work-life balance

L’équilibre est difficile, mais indispensable. Il repose sur l’organisation, la compréhension familiale et le respect du temps privé.

X comme X-factor

Ma proximité avec le terrain et ma culture du résultat héritée du monde des affaires. Je crois aux solutions, aux délais, au suivi, et à l’évaluation.

Le “petit plus”, c’est peut-être cette obsession simple : quand un citoyen se plaint, il ne veut pas un long discours, il veut une réponse et un changement visible.

Y comme Youth

À la jeunesse mauricienne : osez, travaillez, innovez et engagez-vous. Le pays a besoin de votre énergie, mais aussi de votre intégrité. Ne laissez personne vous faire croire que tout est fermé. Je veux une gouvernance locale qui crée des opportunités : espaces publics mieux gérés, activités économiques encadrées, villes plus attractives, et services modernisés.

Z comme Zénitude

Je cultive la sérénité par la réflexion, la foi dans le travail accompli et la conviction que servir le bien commun donne un sens profond à l’action publique.

Sous pression, il faut une discipline intérieure : rester calme, rester juste, et rester concentré sur la mission. La sérénité n’est pas l’absence de problèmes : c’est la capacité à les affronter sans perdre ses valeurs.


Vision ministérielle

En tant que ministre des Collectivités locales, je m’engage à moderniser les conseils à travers l’acquisition d’équipements modernes comme des camions balayeurs, le développement de marchés de nuit, la réforme de la Local Government Act, et la sécurisation des marchés avec des certificats de sécurité incendie. L’objectif est clair : des collectivités efficaces, sûres et au service des citoyens.


 

Publicité
À LA UNE
defiplus