Rama Valayden : «Le peuple inn moutonize»
Par
Le Défi Quotidien
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Invité de Prem Sewpaul dans l’émission Au cœur de l’info, le 21 mai, Me Rama Valayden a dressé un constat sévère de la situation du pays. Il a dénoncé la corruption, les dérives institutionnelles, les enquêtes bâclées et l’affaiblissement de la démocratie mauricienne.
Rama Valayden, Senior Counsel et ancien Attorney General, a livré une analyse très critique sur la situation politique et institutionnelle du pays. C’était lors de l’émission Au cœur de l’info. Celui qui se décrit comme « enn zanfan 20 mai » avance qu’il est animé par « rev enn lemond kot nou tou kapav viv bien ». Son engagement s’appuie sur « enn lahen zis kont linzistis ».
Déçu par les dernières élections générales, il est revenu sur le slogan « ni Pravind, ni Navin » scandé à l’époque. Selon lui, aucun véritable changement n’est intervenu depuis. « Le rezim inn perdi so kredibilite. » Il estime que le pays est « pli pouri ki avan » et toujours gangrené par la corruption.
Rama Valayden indique que certaines personnes prennent des « precautionary measures » et craignent de parler au téléphone par peur d’être sur écoute. Il est d’avis qu’Adrien Duval a eu raison d’évoquer cette question lors de sa conférence de presse le 20 mai. Malgré les démentis du Premier ministre au Parlement, il dit qu’il n’est pas convaincu que ces pratiques ont cessé.
Pour lui, les enquêtes dans plusieurs affaires sensibles ne sont pas menées correctement. Il reproche aux enquêteurs de se contenter de simples aveux sans chercher à corroborer les déclarations des suspects. Il a cité notamment l’affaire de l’assassinat de Gino Bodha, fils de Nando Bodha. Rama Valayden a dénoncé la diffusion rapide d’informations laissant entendre que Gino Bodha était toxicomane, ce qu’il conteste fermement. « La famille entend des mensonges qui la blessent. »
Il s’est aussi interrogé sur la crédibilité des deux confessions obtenues dans cette affaire et a estimé que l’enquête n’est pas allée au fond des choses. « Mem si li ti enn drogue, eski li merit seki inn ariv li », a-t-il lancé.
Concernant l’affaire Kistnen, Rama Valayden a affirmé que « des choses essentielles » n’ont pas été faites. Il a voulu rencontrer les enquêteurs de Scotland Yard afin de partager certaines informations, sans succès. Selon lui, « nous avons perdu le momentum par rapport à l’affaire Kistnen » et « zot inn flush cette affaire ».
Très critique envers la Financial Crimes Commission, il estime que l’institution traite trop d’affaires simultanément pour donner l’impression d’efficacité, au risque de voir les poursuites échouer. Changer son nom pour Serious Crime Office ne serait, selon lui, qu’un changement « cosmétique ».
Rama Valayden a également dénoncé l’absence de réformes pour renforcer la démocratie. Et pour lui, « le peuple inn moutonize ». « À n’importe quelle heure, il peut y avoir un soulèvement social. Moris santi le souf », a-t-il ajouté.