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Rallye contre l’IBA Act ce vendredi : la pression s’accentue

L’équipe des organisateurs du rallye du vendredi 10 décembre.

Leur espoir réside en une forte participation au « rallye » de véhicules prévu ce vendredi 10 décembre. Les organisateurs de la manifestation, réunis au sein de la Plateforme pour la liberté d’expression, veulent accentuer la pression sur ce dossier.

Rajen Narsinghen : «Une révolution pacifique»

« Il faut que le rallye de vendredi à Port-Louis soit un signal fort, qu’il fasse trembler non seulement la capitale mais aussi le gouvernement, pour lui faire comprendre que le peuple est en colère. » C’est le mot d’ordre de Rajen Narsinghen, universitaire, juriste et membre actif de la Plateforme pour la liberté d’expression (PLE). « Prenez une demi-journée de congé et soyez présents en grand nombre afin d’envoyer un message clair à ceux qui ne veulent pas entendre raison, pour qu’ils abolissent les amendements à l’IBA Act qui bafouent le droit à l’expression. »

Rajen Narsinghen explique que la société civile avait initialement voulu se dissocier des partis politiques. « Mais le gouvernement ne veut pas discuter. Ce qui nous a poussés à inclure dans notre combat toute l’opposition parlementaire et extra-parlementaire. » 

Vendredi, citoyens et politiciens seront donc sur le même front. « Nous lançons un avertissement à ces fonctionnaires qui se sont rendus complices des décideurs. Ils devront rendre des comptes, car la liberté d’expression est le socle de notre démocratie. Vous avez osé jouer avec ça en assassinant cette liberté qui est notre droit. Nous allons faire comme Gandhi et Martin Luther King : protester pacifiquement pour défendre des droits que nous offre notre Constitution », annonce-t-il.

Rama Valayden : «Le pouvoir aura un choc vendredi» 

L’avocat adresse trois messages : à la population, aux jeunes et aux motocyclistes. Pour Rama Valayden, ces trois éléments, s’ils participent, vont apporter un plus au rallye et « donner un choc au pouvoir ».

Son message à la population concerne les droits que la Constitution confère à chaque citoyen : « Le gouvernement a jugé utile de proposer des amendements à l’IBA Act au moment où le pays traverse une période difficile avec la Covid. Il veut non seulement museler les radios privées, mais vous fermer la bouche et vous empêcher de dire haut et fort vos doléances et vos misères. Donc, c’est votre liberté d’expression qui est directement menacée. Alors, participez au rallye pour dire non à cette tentative de dictature ! » Les jeunes, souligne-t-il, sont concernés au même titre. Il les prie donc de venir en nombre.

Rama Valayden indique que selon les directives communiquées par la police à la PLE, le « rallye » n’est pas réservé exclusivement aux voitures. Il invite donc tous les motocyclistes de la capitale et de ses faubourgs à se joindre au défilé « en arborant le drapeau national ».  

L’avocat explique qu’une radio privée vit peut-être actuellement ces derniers jours. « Le renouvèlement de la licence de Top FM n’a pas encore été approuvé. À notre niveau, nous soutiendrons toute action légale que cette radio privée pourrait entamer », dit-il.

Patrick Bellecourt : « Quelle urgence ? » 

Alors que tous les pays du monde ont pour priorité de protéger leur population contre le coronavirus, à Maurice on « assassine la démocratie ». Patrick Bellecourt se demande « quelle urgence il y avait pour faire passer des amendements qui mettent à mal le droit d’expression et qui bafouent la liberté des citoyens ? ». 

Reza Saumtally : « Les médias : porte-parole du peuple  »

Que peut faire le gouvernement pour ne plus être critiqué ? Réponse de Reza Saumtally, du Parti travailliste : museler les radios. « Les médias sont le porte-parole du peuple. Ils permettent aux Mauriciens s’exprimer leurs souffrances quotidiennes. En apportant des amendements contraignants pour les radios privées, les princes du jour ont trouvé la solution pour ne plus entendre les critiques du peuple. » 

Neena Ramdenee : « Venez en foule » 

Son appel est simple : les Mauriciens doivent participer au rallye. Pour Neena Ramdenee, « l’heure est grave, tant sur le plan sanitaire que pour la liberté d’expression. C’est pour cela que je demande à la population de participer en masse au rallye, afin de montrer au gouvernement qu’il a eu tort de voter ces amendements touchant à l’un des droits fondamentaux de notre société ». 

Dev Sunnasy : « Tout sera sous contrôle » 

La cheville ouvrière de l’événement se félicite que l’organisation du rallye soit maintenue malgré des restrictions imposées par la police. À ceux qui hésitent à participer à la manifestation, il dit de ne rien craindre. « Nous prenons au sérieux le règlement. Nous nous assurerons que tout se passe pacifiquement, dans le respect du protocole sanitaire et des restrictions policières. On aura une équipe de sécurité tout le long du trajet pour veiller à ce qu’il n’y ait aucun dérapage. À notre niveau, on a déjà fait nos preuves, par exemple devant le Château de Réduit où nous avions manifesté dans le respect de la loi », explique Dev Sunnasy.

Bruneau Laurette fait appel aux journalistes des radios

En adoptant en quatrième vitesse les amendements à l’IBA Act, ce gouvernement a montré qu’il n’a aucun respect pour la liberté d’expression. Dixit Bruneau Laurette. « La Covid est dangereuse, mais ce gouvernement est pire, il est mortel », lance l’activiste.
Le leader de Linion Sitwayin a également lancé un appel aux journalistes des radios privées : « Ne venez pas seulement couvrir le rallye, participez ! Vous savez pourquoi ? Parce que c’est votre gagne-pain qui est en jeu. Imaginez que la licence de votre radio ne soit pas renouvelée. Que deviendriez-vous, vous, votre famille, vos enfants ? Ce gouvernement joue avec votre avenir professionnel et veut mettre en danger vos sources d’information. Alors réagissez ! »

Le trajet de la manifestation

Le « rallye » de véhicules organisé par la Plateforme pour la liberté d’expression prendra son départ dans la rue Volcy-Pougnet à 14 h00 et se terminera au Champ-de-Mars. Les manifestants passeront par les rues Orléans, Deschartes, Lord-Kitchener et John-Kennedy, la place d’Armes, puis les rues Royale, Sir-William-Newton, Sir-Seewoosagur-Ramgoolam (ex-Desforges) et Pope-Hennessy.

 

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