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Rajey Seeneevassen : il abandonne son poste de Manager pour l’agriculture organique

Rajey Seeneevassen Les légumes organiques sont cultivés sur une superficie de 1 800 mètres carrés à Britannia.

« From the Farm to the Kitchen ». C’est le concept de Rajey Seeneevassen qui s’est lancé dans la culture organique. Son but : permettre aux Mauriciens de consommer des légumes bio à des prix abordables. Retour sur le parcours d’un agriculteur qui se démarque des autres.

Senior Accounts Manager, c’est le poste qu’occupait Rajey au sein de Mauritius Telecom (MT) pendant des années. « J’avais pour tâche de gérer des portfolios de grands comptes, comme ceux des ministères et des corps paraétatiques », explique cet habitant de L’Escalier. Au total, il compte 21 ans de service chez MT. Toutefois, il s’est rendu compte que son objectif n’était pas de se confiner dans un bureau avec une pile de dossiers sur sa table.

« Je voulais faire quelque chose de nouveau. Une activité qui me rend heureux et me satisfait », dit-il. C’est ainsi que l’idée de se lancer dans l’agriculture a germé dans son esprit. « Je suis un enfant de la terre. Mes parents et mes proches ont toujours travaillé dans ce secteur et je connais la plantation jusqu’au bout des doigts », dit-il. C’est ainsi qu’il a commencé à cultiver sous serre sur une superficie de 600 mètres carrés. « D’ailleurs, même lorsque je travaillais à MT, je faisais de l’agriculture à temps partiel », ajoute notre interlocuteur.

Mais d’où lui vient l’idée d’adopter les pratiques de la culture organique ? En fait, Rajey se rend souvent à l’île de la Réunion. « Là-bas, j’ai constaté que la culture organique ne cesse de prendre de l’ampleur. J’étais vraiment étonné de voir des carottes, des choux-fleurs, des pommes d’amour ou encore des pommes de terre, cultivés d’une façon professionnelle et qui respecte les normes de l’environnement », soutient notre interlocuteur. Il dit déçu de la façon dont les légumes sont cultivés, de nos jours, à Maurice . «  Avec la quantité de produits chimiques utilisés dans les champs, si vous êtes végétarien, le risque d’attraper une maladie est plus élevé qu’une personne non-végétarienne », confie Rajey.

Dès son retour à Maurice, il apprend que le gouvernement a un projet visant à promouvoir la culture bio à Maurice. Il s’agit de la mise en place d’une Bio Farm, à Britannia sur une superficie de 66 arpents de terres de l’État. « Après avoir présenté mon projet pour la culture, j’ai obtenu un lopin de terre en location à bail, renouvelable après sept ans. Par ailleurs, j’ai obtenu le SME Development Permit, ce qui m’a permis de démarrer l’activité », raconte-t-il. Qui dit culture organique et sous serre, dit investissement massif. Pour financer son projet, Rajey a eu recours à des prêts de la MauBank à un taux préférentiel de 3 %.

Pâtisson, courgette, tomate, tomate cerise, cœur de bœuf, carotte, brocoli, chou-fleur, giraumon… Autant de variétés de légumes qu’il cultive sur une superficie de 1 800 mètres carrés. « La plantation sous serre a plusieurs avantages. Par exemple, on élimine déjà les risques de mauvais temps et les maladies », dit-il.

Toutefois, la culture organique ce n’est pas seulement de l’hydroponique. « Dans la culture organique, on n’utilise pas de pesticides, d’herbicides ou d’engrais chimiques », explique Rajey. On est train de retourner vers l’agriculture de nos grands-parents. « Je me souviens lorsque mon grand-père faisait de la plantation, on ne connaissait pas les herbicides. On enlevait les herbes avec la pioche ou à la main »

Son projet futur : le lancement d’une application mobile. « Elle a déjà été développée. Lorsqu’une personne la téléchargera, une fois par semaine, elle recevra une liste de légumes et les prix disponibles », dit-il. La date du lancement n’a, toutefois, pas encore été choisie.

Prix abordables

Rajey avance qu’il préfère vendre les légumes directement aux consommateurs. « Ma stratégie est simple. ‘From the Farm to the Kitchen’. Je veux que les consommateurs reçoivent mes produits, juste après leur récolte. Par ailleurs, si je passe par des intermédiaires, les prix seront plus chers. Chacun ajoutera sa part du ‘mark-up’ », dit-il. Par exemple, un client peut payer un chou-fleur organique à Rs 100 chez lui au lieu de Rs 400 dans une grande surface.

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