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Rajen Bablee : «Il est important d’avoir un dialogue permanent et franc»

Le directeur exécutif de Transparency Maurice est convaincu qu’on peut améliorer notre score sur l’index de la corruption international si on prend les mesures qui s’imposent.

Nous célébrons, ce jeudi 9 décembre la Journée internationale de la lutte contre la corruption. Le directeur exécutif de Transparency Mauritius, Rajen Bablee, livre ses impressions sur la situation à Maurice.

Nous célébrons la journée Internationale de la lutte contre la corruption. Quelle est votre analyse de la situation à Maurice?  
La corruption sous-entend un certain nombre de délits durant lesquels un officier public abuse de sa position pour s’octroyer des avantages personnels. Il ou elle peut aussi rechercher cet avantage pour une tierce. Ces délits comprennent les pots-de-vin, le trafic d’influence, et les conflits d’intérêts, entre autres. Il y a aujourd’hui une bataille de la perception de la corruption. D’un côté, la presse dite indépendante qui dévoile, quasiment au quotidien, des cas allégués de corruption, notamment en termes de conflit d’intérêts et de népotisme, que ce soit lors des nominations publiques et de l’allocation des contrats publics. De l’autre, il y a les membres du gouvernement qui ne ratent aucune occasion lors des fonctions couvertes par la MBC, pour parler de la mauvaise foi alléguée de ceux qui parlent de corruption. En fait, il y a une bataille ouverte de la communication sur la corruption à Maurice. Ce n’est sûrement pas une situation saine et il est important que le public mauricien ait accès à une information véridique afin qu’il puisse se faire une opinion éclairée. Les institutions doivent aussi avoir l’indépendance et la latitude voulues pour informer la population. La pandémie de la Covid-19 est venue assombrir la situation. 

La Covid-19 a-t-elle accentué la corruption ?  
La Covid-19 a fragilisé le tissu social et économique. La pandémie et la peur d’attraper le virus, de ne pas pouvoir nourrir sa famille et de ne pas pouvoir sortir sans justificatif, ont créé un contexte inédit, où, d’un côté, le pouvoir des uns qui était plus prononcé, et, de l’autre, le confinement qui pouvait être perçu comme une suppression des libertés. Dans cet univers particulièrement sensible, il y a eu les allégations concernant les contrats publics pour l’achat d’équipements médicaux qui auraient été alloués à des « petits copains ». D’ailleurs, il y a déjà eu des arrestations à cet effet. 

Pouvons-nous faire meilleure figure sur l’indice de corruption de Transparency International ?  
Oui, et ce n’est pas un secret. En fait, si le gouvernement implémente les projets de loi mentionnés dans le programme présenté avant les élections de 2014, il ne fait aucun doute que Maurice ferait un bond énorme. Entre autres, il y aurait eu des lois pour la Freedom of information, le financement des partis politiques et la méritocratie et plus de transparence dans l’allocation des contrats publics. 

Que préconisez-vous pour que Maurice améliore son score?  
Il est important d’avoir un dialogue permanent et franc entre le gouvernement et les autres acteurs, qu’ils soient politiques, économiques, jeunes, sociaux, religieux. Cela aurait élargi l’espace démocratique et apporté un principe de gouvernement ouvert, avec moins d’opportunités pour des actions obscurantistes.

 

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