Après plus d’une trentaine d’années comme chauffeur de taxi, Raffick Bahadoor craint pour l’avenir de cette profession avec des menaces qui se pointent à l’horizon. Parmi, Uber, qui annonce ses ambitions et déjà, il organise la résistance. À cet effet, en sa capacité de président de la Taxi Owners’ Union, il a eu une rencontre, ce mercredi, avec le Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth.
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Raffick Bahadoor est chauffeur de taxi depuis 1985. Sa première voiture est une Minor 1000, qui lui a coûté Rs 1 750. « En achetant cette voiture en 1978, je ne pensais même pas devenir chauffeur de taxi. Je voulais tout simplement faire des sorties en famille », dit-il.
Il explique que l’idée de devenir chauffeur de taxi lui est venue, car les gens confondaient toujours sa voiture avec un taxi et lui demandaient souvent d’effectuer une course. Il se rappelle qu’à l’époque les Minor 1000 (connu comme ‘Minor bœuf’) étaient très populaires parmi les chauffeurs de taxis.
Il travaillait alors à la Development Works Corporation et touchait un salaire de Rs 14.25 par jour et graduellement il trouvait que ses courses lui rapportaient plus que son salaire. Il entreprit alors des démarches pour devenir chauffeur de taxi.
Parallèlement, Raffick Bahadoor se joint à la Taxi Proprietors’ Union et gravit graduellement les échelons jusqu’à devenir président de ce syndicat. Il reconnaît que tous les gouvernements qui se sont succédé ont contribué à l’amélioration des conditions de vie des chauffeurs de taxi. Il cite, notamment, la baisse graduelle de la taxe douanière sur l’achat d’une voiture et jusqu’à son élimination complète en 2014.
Le président syndical avance que les chauffeurs de taxi se sont toujours battus pour défendre leurs droits. Il cite, notamment, la concurrence des ‘taxis marrons’. Il regrette que malgré des actions prises par les autorités, on n’a pu venir à bout de ce problème. Il estime que le transport illégal continuera à tenir tête, surtout avec le chômage.
Mais pour le président du syndicat des taxis, le monstre à abattre est Uber. Il explique que suivant sa rencontre avec ses représentants, il est convaincu qu’Uber représente un danger non seulement pour les chauffeurs de taxi, mais aussi pour d’autres secteurs d’activité. « Je parle avec des documents à l’appui », dit-il.
Raffick Bahadoor estime qu’après analyse, les chauffeurs de taxi auront plus à perdre avec Uber, en particulier ceux qui assurent le transport des touristes pour le compte des établissements hôteliers.
« Qu’est-ce qu’Uber peut offrir plus que nous au public voyageur ? », dit-il. Il avance que les chauffeurs de taxi offrent déjà un service de nuit pour le compte de certaines compagnies et qu’ils répondent à l’appel de leur clientèle à n’importe quelle heure par l’entreprise de leurs cellulaires. Il estime qu’il n’y a pas de place pour un autre concurrent dans le domaine du transport après l’autobus et l’arrivée prochaine du Metro Express, car le marché mauricien est trop restreint.
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