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Question au Premier ministre : 247 agressions et 144 cas de harcèlement contre des policiers

Par Patrick Hilbert
Publié le: 25 mars 2026 à 13:30
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En un peu plus de deux ans, 247 personnes ont été arrêtées pour des agressions contre des policiers à Maurice. Ce chiffre met en lumière une problématique préoccupante qui justifie un renforcement des mesures de dissuasion et de protection.

Répondant à une question parlementaire du député Farhad Aumeer, le mardi 24 mars, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a dressé un état des lieux détaillé des agressions et des harcèlements contre des policiers. D’emblée, il a condamné ces actes. « Je condamne fermement tout acte d’agression, d’intimidation ou de harcèlement contre les policiers et d’autres agents publics dans l’exercice de leurs fonctions. Le gouvernement ne tolérera aucun de ces comportements et veillera à ce que des mesures fermes soient prises contre les contrevenants. »

Le chef du gouvernement a insisté sur la portée symbolique et institutionnelle de ces violences. « Ces hommes et ces femmes sont en première ligne pour assurer la sécurité publique. Toute violence contre eux constitue non seulement une attaque contre des individus, mais aussi contre le tissu de notre société. »

Selon les données communiquées par le commissaire de police, pour la période allant du 1ᵉʳ janvier 2024 au 19 mars 2026, « 247 personnes ont été arrêtées pour agression contre un représentant des forces de l’ordre ». À ce stade, « 27 personnes ont été condamnées ».

En parallèle, les cas de harcèlement contre des policiers — une infraction distincte — font état de « 144 personnes inculpées », avec « douze condamnations à ce jour ». 39 condamnations ont été enregistrées pour ces deux types d’infractions.

Cadre légal

Navin Ramgoolam a rappelé le cadre légal existant. En vertu de la section 159 du Code pénal, l’infraction d’agression contre un agent de l’autorité est passible d’une amende maximale de Rs 25 000 et d’une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à deux ans. En outre, la Public Officers’ Protection Act prévoit des sanctions plus sévères. « Toute personne qui résiste, entrave ou fait obstruction à un agent public dans l’exercice de ses fonctions commet une infraction et elle est passible, si elle est condamnée, d’une amende n’excédant pas Rs 200 000 et d’une peine d’emprisonnement maximale de cinq ans ».

Sur le plan opérationnel, plusieurs mesures ont été mises en œuvre. La police bénéficie d’une « formation continue en matière de sécurité et d’autodéfense », incluant des techniques de maîtrise adaptées afin de « répondre efficacement aux situations potentiellement violentes tout en minimisant les risques ». Les interventions dans les zones sensibles ou lors de grands rassemblements sont renforcées par des unités spécialisées comme l’Emergency Response Service et la Divisional Support Unit.

Le recours à la technologie est également accru, notamment grâce au système Safe City, utilisé pour améliorer la planification et la réactivité des opérations. Des campagnes de sensibilisation sont aussi menées par la Crime Prevention Unit et à travers les programmes de police de proximité.

De nouveaux dispositifs doivent entrer en vigueur à court terme. « La police utilisera des caméras corporelles d’ici la fin de mars et fera usage de tasers », a annoncé le Premier ministre. Il y aura un durcissement législatif. « Nous ne pouvons pas et ne tolérerons aucune agression contre un policier. Les citoyens doivent apprendre à respecter l’uniforme », ajoutant que le gouvernement entend « revoir à la hausse les sanctions » dans le Police and Criminal Justice Bill qui sera présenté « prochainement ».

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