À quelques mois du mariage, Trishan Kissondoyal emporté brutalement - Virginie Chrystel Felix : «Il devait être mon mari»
Par
Ajagen Koomalen Rungen
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Ajagen Koomalen Rungen
À quelques mois de leur mariage prévu le 14 novembre, Virginie Chrystel Felix voit son avenir basculer brutalement avec la disparition soudaine de Trishan Kissondoyal. Derrière ce drame, le récit poignant d’un amour reconstruit, d’une famille unie et d’un destin brisé.
À 39 ans, Virginie Chrystel Felix s’apprêtait à vivre l’un des plus beaux chapitres de sa vie. Le 14 novembre prochain, elle devait dire « oui » à l’homme qu’elle considérait comme son âme sœur, Trishan Kissondoyal, plus connu sous le nom de Vinesh. Mais en l’espace d’un matin, ses rêves se sont effondrés. Derrière les préparatifs d’un mariage rempli d’amour se cache désormais une histoire déchirante, faite de souvenirs, de promesses et d’un amour interrompu trop tôt.
« Nous étions collègues depuis longtemps », confie-t-elle. Pendant des années, chacun a suivi sa route, affrontant les épreuves de la vie, portant ses propres blessures. Chrystel, divorcée depuis 2012, s’est entièrement consacrée à son fils, aujourd’hui âgé de 18 ans. « Après ma séparation, je n’ai jamais cherché à refaire ma vie. Mon fils était ma priorité absolue », explique-t-elle.
Trishan, lui, a vécu un divorce en 2021. Père d’une fille de 11 ans, il avançait prudemment dans la vie. « Nous avons tous les deux connu la douleur de la rupture… nous savions qu’il fallait être patients », ajoute Chrystel. Et puis, en 2021, le destin a fait se recroiser leurs chemins. « Quand je l’ai revu, il y avait quelque chose… mais nous avons pris notre temps. Nous savions tous les deux ce que c’est que souffrir en amour », dit-elle. C’était le début d’une renaissance, lente et douce, où chaque geste, chaque sourire venait apaiser les cicatrices du passé.
Leur histoire ne ressemblait pas à un coup de foudre explosif. Elle s’est construite dans la sérénité et le respect mutuel. « Nous avons appris à nous connaître doucement. Il n’y avait pas de pression, juste du respect et de la compréhension », raconte Chrystel. Marqués par leurs expériences, ils ont choisi d’avancer pas à pas, sans se précipiter. « Nous avions tous les deux peur de nous tromper encore. Alors nous avons laissé le temps faire son travail », ajoute-t-elle.
Peu à peu, un amour profond et sincère s’est installé. « Un jour, je me suis rendu compte que je ne pouvais plus imaginer ma vie sans lui », confie Chrystel, comme si ce moment avait marqué une évidence. Cette patience a donné à leur relation une solidité rare, basée sur le partage, l’écoute et la confiance. « Chaque jour passé à ses côtés était un cadeau », raconte-t-elle avec émotion.
Très vite, leur amour a débordé du cadre du couple pour embrasser toute une famille. « Il aimait mon fils comme le sien… et moi, j’aimais sa fille comme ma propre enfant », explique Chrystel, la voix brisée. Les enfants ont grandi dans un climat de respect et d’affection, sans distinction. « Nous étions une vraie famille. Il n’y avait aucune différence entre les enfants. Juste de l’amour », insiste-t-elle.
Le couple a même créé un groupe WhatsApp familial pour préparer le mariage, où chaque membre de la famille pouvait suivre les préparatifs. « Tout le monde participait… c’était beau de voir les deux familles réunies comme ça », raconte Chrystel. Trishan était issu d’une fratrie de trois enfants, tandis que Chrystel de deux. « Nos familles attendaient ce mariage avec tellement de joie… c’était un moment important pour tous », souligne-t-elle.
Les enfants, eux aussi, étaient investis dans cette préparation. « Sa fille était excitée de participer à la décoration et mon fils voulait m’aider à choisir les fleurs. C’était comme si nous construisions tous ensemble un rêve », se souvient-elle.
Chrystel décrit Trishan comme un homme exceptionnel, au cœur généreux. « C’était un homme avec le cœur sur la main », dit-elle. Mais il n’était pas seulement un fiancé. « Il était plus qu’un compagnon… il était mon meilleur ami, mon pilier », confie-t-elle.
Toujours prêt à aider les autres, Trishan ne savait pas dire non. « Même si quelqu’un frappait à la porte tard le soir, il aidait sans hésiter », raconte Chrystel. Il était engagé dans sa communauté, apportant son soutien aux voisins, amis et parents. « Il aimait aider. Ce n’était pas pour être vu, mais parce que c’était naturel pour lui », précise-t-elle.
Après avoir quitté la force policière en 2024, Trishan a pris son indépendance. « Il travaillait dans la construction, l’aménagement de piscines et l’entretien… il était fier de ce qu’il faisait », se souvient Chrystel. Son travail reflétait sa discipline, sa rigueur et son amour du travail bien fait.
Vivre ensemble a été la première étape, et le mariage était la suite logique. « Se marier, c’était la continuité de notre histoire », dit Chrystel. Depuis l’année précédente, ils préparaient le grand jour avec soin. « Nous avions déjà tout organisé : les cartes d’invitation, le costume, la salle, la décoration… même la calèche était réservée », énumère-t-elle.
Mais le destin les a confrontés à une épreuve en 2024, avec le décès de la mère de Trishan. « Il a perdu sa mère… alors nous avons décidé de repousser le mariage », explique Chrystel. Une décision prise avec amour et respect. « C’était important pour lui. Je voulais qu’il fasse son deuil sereinement », ajoute-t-elle.
Malgré ce retard, la flamme de leur amour n’a jamais faibli. « Chaque fois que nous parlions du mariage, c’était comme revivre notre première rencontre… remplie d’espoir et de joie », dit Chrystel.
Le dimanche précédant le drame reste gravé dans sa mémoire. « La veille, nous étions ensemble. Nous sommes allés voir la composition florale pour le mariage », raconte Chrystel. Un moment simple, mais rempli d’excitation et de bonheur. « Nous étions heureux… il était en pleine forme. Rien ne laissait présager ce qui allait arriver », affirme-t-elle.
Ils parlaient de la suite de leur vie, de leurs projets à deux et en famille. « Nous faisions des projets… comme tous les couples qui vont se marier », dit-elle. Ils imaginaient les rires, les photos, les enfants qui couraient dans le jardin et le parfum des fleurs de mariage. Chaque détail semblait parfait, chaque geste était un pas vers l’éternité.
Puis vient ce lundi 16 mars 2026. Un matin ordinaire devenu tragique. « Je ne comprenais pas… tout s’est passé si vite », murmure Chrystel. Trishan est retrouvé dans la salle de bain, victime d’un malaise brutal. « C’était irréel… je n’arrivais pas à croire que c’était en train d’arriver », confie-t-elle.
Le diagnostic médical est un choc supplémentaire. « On m’a dit qu’il avait un caillot de sang dans la tête… lié à un problème de circulation et à un taux de cholestérol élevé », explique-t-elle, les larmes aux yeux. Ce qui rend cette perte encore plus incompréhensible, c’est la bonne santé apparente de Trishan. « Il était en forme. Il ne se plaignait de rien », souligne Chrystel. La brutalité de la situation la laisse abasourdie. « Comment quelqu’un peut partir comme ça… du jour au lendemain ? », se demande-t-elle.
La douleur ne touche pas seulement Chrystel. Les enfants, eux aussi, sont profondément affectés. « Ils se préparaient pour le mariage… ils étaient tellement heureux », dit-elle. Ce mariage, qui devait être une célébration d’amour et d’unité, s’est transformé en tragédie. « Nous avions construit quelque chose de beau… et tout s’est arrêté », confie Chrystel.
Les familles, toutes deux soudées par l’attente de ce jour, vivent également une douleur immense. « Nos familles étaient si proches… et maintenant, il ne reste que le silence et le vide », raconte-t-elle. Les rires et les préparatifs qui remplissaient les maisons se sont effacés, remplacés par le choc et la tristesse.
Malgré le drame, Chrystel s’accroche aux souvenirs lumineux qu’ils ont partagés. « Je n’ai peut-être pas eu de chance en amour… mais ce que j’ai vécu avec lui était vrai », relate-t-elle. Leur histoire restera gravée dans sa mémoire comme un amour pur et sincère. « C’était un amour pur, sincère… quelque chose que le temps aura du mal à effacer », ajoute-t-elle.
Chaque instant passé ensemble est un trésor. « Il restera à jamais dans mon cœur », murmure-t-elle, comme pour conjurer l’absence.
Dans ce moment de deuil, la foi devient un refuge. « Je prie Dieu de garder son âme… de lui donner la paix qu’il mérite », dit-elle. Et si elle pouvait lui dire une dernière parole ? Les larmes aux yeux, elle confie : « Merci pour tout l’amour que tu m’as donné… tu étais mon bonheur ».
L’histoire de Virginie Chrystel Felix et de Trishan Kissondoyal dépasse la douleur. Elle raconte un amour reconstruit après les blessures, après les doutes, un amour qui devait culminer dans la joie et la fête, mais que le destin a interrompu brutalement. « Nous avons pris le temps… et nous avons aimé sincèrement », rappelle-t-elle.
Un amour qui devait être célébré devant famille et amis, mais qui restera gravé autrement, dans les cœurs et dans les mémoires. « Il devait être mon mari… mais pour moi, il restera toujours mon âme sœur », conclut-elle, avec dignité et une émotion qui transperce les mots.