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Quel avenir économique pour Maurice ?

À l’occasion de la Fête nationale, le tandem Nawaz Noorbux-Jugdish Joypaul avait dressé un plateau spécial pour évoquer l’avenir économique du pays, qui célèbre ses 48 années d’Indépendance et les 24 ans de la République. Ils n’ont pas été sur la même longueur d’onde sur un certain nombre de sujets, mais les invités de cette émission spéciale se rejoignent sur un point : Maurice a connu un développement économique et social phénoménal depuis l’Indépendance. Georges Chung Tick Kan, conseiller du gouvernement en matière économique, Nikhil Treebhoohun, ancien haut fonctionnaire au ministère du Plan et Rajiv Servansingh, ancien cadre du Board of Investment (BoI), estiment également que l’avenir pourrait être brillant avec une stratégie bien élaborée. Pour Georges Chung, le maître-mot du développement économique demeure l’innovation. « On ne peut appliquer les mêmes mesures prises en 1980. Aujourd’hui, nous vivons dans un monde de plus en plus dynamique », dit-il. Pour lui, Maurice est forcé de s’adapter à ce qui se passe dans les autres pays.

Révolution numérique

Il a aussi longuement commenté la révolution numérique. Georges Chung souligne que l’informatique pourra aider Maurice à développer davantage son tourisme, son secteur manufacturier et même aider les jeunes à créer des produits destinés à l’exportation. Pour lui, il faut montrer aux jeunes comment « manipuler les outils informatiques », mais aussi « comment créer des applications à partir de cette plate-forme ». Il est d’avis qu’il faut offrir aux 300 000 foyers et 50 000 entreprises un accès total à l’Internet à haut débit et ce, à des prix abordables. Il prévoit que d’ici 2019, tout le pays sera raccordé à la fibre optique. Nikhil Treebhoohun, de son côté, insiste sur la formation de la main-d’œuvre. « Cela est primordial pour le pays », dit-il. Il juge qu’avec la crise économique mondiale actuelle, il est difficile de faire des projections pour l’avenir. Il avance néanmoins que Maurice doit se préparer dès maintenant pour la reprise de l’économie mondiale avec la mise en place de facteurs de production bien calculée. « S’il y a un manque de compétence au niveau local, le pays doit avoir recours à l’expertise étrangère », ajoute Nikhil Treebhoohun. Il plaide également pour une hausse de la productivité et des investissements. Rajiv Servansingh, lui, soutient que le pays doit élaborer une stratégie de développement pour pouvoir atteindre ses objectifs. L’économiste Georges Cheung a défendu le projet de Smart Cities, alors que Nikhil Treebhoohun estime qu’un consensus sur la question est nécessaire pour que cette entreprise soit couronnée de succès. Et d’ajouter : « Je dois avouer que je ne comprends pas l’importance d’avoir huit Smart Cities quand déjà le pays a la dimension d’une cité. »

Question de concept

Il a rappelé qu’en 2004, il y avait déjà un projet visant à faire de Maurice un État-cité, comme Singapour ou Dubaï. Pour Nikhil Treebhoohun, le concept de Intelligent Island est plus intéressant que le projet de Smart City. Et de se demander si le projet Heritage City est une priorité dans le contexte économique actuel. « Eski li pou amen valer azoute pu lekonomi ? Eski li pou kre bann job ki soutenab ? Koman sa pou ed devlopman ? » Rajiv Servansingh s’est montré aussi très critique concernant le projet Heritage City. Pour l’ancien cadre du BoI, le gouvernement aurait dû donner priorité à la formation, l’éducation, l’amélioration des infrastructures publiques... « Dan mo vizion pou Moris 2030, kan mo guet resours ki Moris ena, mo dezole pour dire ki Héritage City napa ena plas ladan pou lemoman », a-t-il déclaré. Pour Rajiv Servansingh, le pays doit accueillir les investissements d’où qu’ils viennent. Parlant des pays arabes, il attire l’attention sur le fait que leur manière d’opérer, leur culture et leur politique « diffèrent totalement de celles des pays avec qui nous avons traité jusqu’ici ». Il pense que si l’on veut réellement obtenir des investissements de cette région du monde, il faut consentir à des efforts. « Nou pe fer enn paradigm shift. Sa kalite shift la pa fer en envoyan nimport ki al fer enn negosiasion koum sa », affirme-t-il. Pour sa part, Nikhil Treebhoohun dit n’avoir aucune objection quant à la provenance des investissements, du moment que tout se fait selon les procédures établies. Les participants se sont aussi attardés sur le couloir aérien liant l’Afrique et l’Asie, avec Maurice comme centre (hub). Celui-ci sera inauguré lundi prochain. Ils trouvent que ce projet facilitera l’accès aux marchandises et aux passagers se rendant en Asie. Enfin, Georges Chung est d’avis qu’un partenaire stratégique est impératif dans le développement du port.
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