Mise à jour January 8, 2026, 8:59 am

Que reproche la justice américaine à Nicolas Maduro ?

Par Defimedia.info
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Le président vénézuélien déchu Nicolas Maduro et son épouse Cilia Flores, emmenés de force aux Etats-Unis lors d'une opération militaire américaine, doivent y répondre d'accusations de "narcoterrorisme" et d'importation de "tonnes de cocaïne".

Que leur reprochent précisément les autorités américaines ?

Quel est le rôle de Maduro dans ce trafic ?

Il apparaît depuis 2020 dans cette procédure devant un tribunal fédéral de New York, avec d'autres personnalités vénézuéliennes et colombiennes.

Nicolas Maduro était initialement présenté comme un dirigeant du "Cartel des Soleils", décrit par Washington comme un réseau de narcotrafic orchestré par de hauts responsables vénézuéliens.

Dans l'acte d'accusation révisé publié le 3 janvier, comportant toujours quatre chefs d'accusation, dont deux de détention d'armes automatiques, ce cartel est désormais qualifié de "système" de protection des narcotrafiquants par les "élites" vénézuéliennes.

L'administration Trump a néanmoins pris en juillet une série de sanctions financières contre le "Cartel des Soleils" et l'a déclaré en novembre entité "terroriste" en raison de ses liens avec des organisations criminelles mexicaines et vénézuéliennes.

Nicolas Maduro a en tout cas personnellement largement trempé dans ce trafic, depuis plus de 25 ans, affirment les autorités américaines.

Il est accusé d'avoir, en tant que ministre des Affaires étrangères, à partir de 2006 "vendu des passeports diplomatiques vénézuéliens à des individus dont il savait qu'ils étaient des trafiquants de drogue afin de les aider à transférer leurs bénéfices du Mexique au Venezuela sous couverture diplomatique", notamment en s'assurant que leurs avions ne soient pas inspectés.

En 2013, peu après la saisie en France d'1,4 tonne de cocaïne pure acheminée sur un vol d'Air France Caracas-Paris, dans une trentaine de valises, Nicolas Maduro, qui venait de succéder à Hugo Chavez à la présidence, a convoqué une réunion avec plusieurs de ses complices présumés, selon l'acte d'accusation.

Il a regretté qu'ils aient fait transiter la drogue par l'aéroport international de Caracas, d'où était déjà partie en 2006 une cargaison de 5,5 tonnes vers le Mexique, qui avait été interceptée par les autorités mexicaines, et leur a recommandé d'utiliser à l'avenir "d'autres routes et sites bien établis pour acheminer la cocaïne", selon le texte.

En quoi consiste le "narcoterrorisme" ?

Cette accusation repose sur la complicité présumée entre de hauts responsables vénézuéliens, dont Nicolas Maduro et le ministre de l'Intérieur, Diosdado Cabello, également inculpé dans cette affaire, et des mouvements de guérilla colombiens considérés de longue date par Washington comme "terroristes", dont des dissidences des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC).

S'y ajoutent désormais des organisations criminelles mexicaines et vénézuéliennes, classées "terroristes" par l'administration Trump depuis février 2025.

Quel est le rôle de Cilia Flores, son épouse ?

Son nom n'apparaissait pas jusqu'à présent dans la procédure. Elle est accusée d'avoir reçu des centaines de milliers de dollars en 2007 en échange de son intercession pour organiser une rencontre entre un trafiquant de drogue et le directeur de l'agence antidrogue vénézuélienne, Nestor Reverol Torres.

Nicolas Maduro dispose-t-il d'une immunité en tant que chef d'Etat ? Peut-il invoquer devant la justice américaine l'"illégalité" de sa capture ?

Dès sa toute première comparution devant la justice américaine lundi, Nicolas Maduro s'est présenté comme "président de la République du Venezuela", se disant kidnappé depuis le 3 janvier.

Mais depuis 2019, les Etats-Unis ne reconnaissent plus Nicolas Maduro comme le président légitime du Venezuela, estimant frauduleuse sa réélection lors du scrutin de 2018.

"En résumé, pour les faits après 2019 Maduro n'aura probablement aucune immunité officielle", a estimé le chercheur Scott Anderson lors d'une discussion en ligne sur le site spécialisé Lawfare, citant le précédent de l'homme fort du Panama, le général Manuel Noriega, dans les années 1990.

A l'époque, la justice s'était alignée sur la diplomatie américaine qui ne reconnaissait pas de légitimité au général Noriega.

S'agissant des conditions dans lesquelles Nicolas Maduro a été traduit en justice, les tribunaux américains se gardent, selon une jurisprudence déjà ancienne, de vérifier la légalité de l'arrestation d'étrangers hors des Etats-Unis.

AFP

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