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Quatre Mauriciens testés positifs : pas de panique, rassure le ministère de la Santé

Le ministre de la Santé en compagnie des hauts fonctionnaires.

Alors que tout est mis en branle pour lancer la campagne de vaccination anti-COVID-19 en ce mardi, l’espoir de certains s’est quelque peu estompé la veille, à l’annonce des cas des quatre Mauriciens testés positifs. Le ministère de la Santé rassure qu’ils ne s’agit pas de cas locaux. Les trois membres du personnel soignant étaient en quarantaine et le pilote d’Air Mauritius s’était auto-isolé chez lui. 

«Ce ne sont pas des cas locaux. » Voilà ce qu’on ne cesse de marteler au ministère de la Santé pour rassurer la population après qu’il a été annoncé que trois membres du personnel soignant et un pilote d’Air Mauritius ont été testés positifs à la COVID-19. Si le ministère se veut aussi confiant, c’est, dit-on, « pour la simple et bonne raison que ces quatre personnes n’ont pas été en contact avec la communauté. » 

Les autorités ont toutefois opté pour les précautions maximales. Ainsi, une vingtaine de membres du personnel de santé et huit employés d’Air Mauritius ont été placés en quarantaine. Selon un communiqué du ministère émis le lundi 25 janvier 2021, huit cas positifs de COVID-19 ont été dépistés en quarantaine durant le week-end du 23 au 24 janvier. Parmi figurent les quatre Mauriciens. 

Selon le Dr Catherine Gaud, Senior Advisor au ministère, les trois membres du personnel de santé, en l’occurrence un médecin, un infirmier et un Attendant, ont été infectés à travers un patient qui s’était rendu en Inde pour un traitement médical. De retour au pays il y a une quinzaine de jours, il est malheureusement décédé le samedi 23 janvier. 

Un cadre du ministère de la Santé explique qu’à son retour à Maurice, cet homme avait été testé négatif. « Comme il avait besoin de soins médicaux en sus d’être placé en quarantaine, il avait été transféré à l’Isolation Ward de l’hôpital de Souillac. » Selon lui, ce n’est qu’au bout de sept jours, suivant le protocole en vigueur pour le test PCR, qu’il avait été testé positif à la COVID-19. 

La Santé ne veut prendre aucun risque.»

Les trois membres du personnel soignant qui se sont occupés du patient étaient aussi en « isolement » à l’hôpital de Souillac, selon ce même cadre. « L’Isolation Ward est éloigné des autres départements de l’hôpital », précise-t-il. 

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Une démonstration effectuée lundi.

Suivant leur cycle de travail et le protocole en vigueur, ils ont passé une semaine à l’hôpital de Souillac avant d’être placés en quarantaine au centre récréatif de Pointe-aux-Sables. Depuis qu’ils ont été testés positifs, ils ont été redirigés vers le New ENT Hospital pour leur traitement. 

Pour le Dr Catherine Gaud, un traçage de cas n’est pas nécessaire en ce qui concerne ces trois membres du personnel de santé car ils n’ont pas été en contact avec la communauté. « Ils sont allés directement du service de l’hôpital Souillac qu’ils n’avaient jamais quitté depuis qu’ils avaient pris en charge un patient au centre de quarantaine et c’est là qu’ils ont été dépistés », dit-elle. Elle est d’avis qu’un des membres du personnel a pu être infecté par le patient avant qu’il ne contamine par la suite deux de ses collègues.  

Quant au pilote d’Air Mauritius testé positif le septième jour suivant son retour de voyage, il est resté en isolement pendant tout ce temps jusqu’à son test PCR du jour 7. Il se trouve en ce moment au New ENT Hospital. 

Par mesure de précaution,  son épouse et son fils ont été placés en quarantaine. Idem pour les huit autres membres de l’équipage qui étaient sur le même vol cargo en provenance de Paris il y a un peu plus d’une semaine. « Nous les avons placés en quarantaine car ils sont devenus des personnes ‘contacts’. Ils étaient déjà en septaine, ce qui signifie qu’il n’y a pas de cas au sein de la communauté », insiste le Dr Gaud. 

Pour ce qui est des 20 membres du personnel de santé en quarantaine qui ont été testés négatifs lors du test PCR du 24 janvier au centre de Pointe-aux-Sables, leur période d’isolement sera prolongée au centre récréatif de Pointe-aux-Piments. C’est ce qu’indique le communiqué du ministère.

Des employés du corps médical en quarantaine

L’exercice de Contact Tracing a débuté après que trois cas positifs ont été détectés parmi le personnel soignant. Le ministère affirme qu’on ne veut prendre aucun risque.

Une des personnes en quarantaine à Pointe-aux-Sables explique que c’est mardi dernier qu’elle a été en contact avec deux des trois membres du personnel soignant testés positifs. « Je devais faire le transfert de deux patients du centre d’isolement de Souillac à l’hôpital SSR. C’est comme cela que j’ai rencontré deux des trois qui ont été testés positifs », relate notre interlocuteur.

Pendant près d’une semaine, il a travaillé. « C’est lundi, après que l’exercice de Contact Tracing a débuté, que le ministère m’a appelé pour m’avertir que je serai en quarantaine, tout comme les autres membres du personnel soignant qui ont été en contact avec ceux qui ont été testés positifs. »

Du côté du ministère, on explique que c’est une mesure de précaution. « Pour transférer des patients d’une Isolation Ward, il y a des protocoles à respecter. C’est pour suivre ceux qui ont été en contact avec les trois membres du personnel soignant en quarantaine », indique notre source.

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L’assistance est très attentif aux explications.

Pilote testé positif : l’auto-isolement remis en question

Le personnel navigant doit s’auto-isoler chez lui à son  retour à Maurice. Pratique contre laquelle s’insurgent l’Air Mauritius Cabin Crew Association (AMCCA) ou encore la Mauritius Air Line Pilot Association (MALPA), surtout avec le  cas du pilote testé positif à la COVID-19. 

« C’est un stress additionnel de s’auto-isoler chez soi. Certains n’ont pas de maison adaptée pour cela. D’autres ont des enfants ou des parents âgés. C’est notre métier. Ce n’est pas à notre famille de subir les dommages collatéraux », lance Yogita Babboo-Rama, présidente de l’AMCCA. 
Comme pour le personnel soignant, elle estime qu’il faut un centre dédié pour la mise en quarantaine du personnel navigant. « On ne demande pas un hôtel cinq étoiles, mais juste un lieu sûr où on puisse s’auto-isoler. J’espère que cette fois notre demande sera prise en considération. »

Alexandre Marot, président de la MALPA, est d’avis que le protocole en vigueur n’est pas suffisamment efficace. Il dénonce certaines pratiques, dont le fait, révèle-t-il,  que « les pilotes peuvent être amenés à opérer des vols avant même la fin de leur période d’auto-isolement. »

Il propose que la période de « self-isolation » soit scrupuleusement respectée. Alexandre Marot dit également qu’il faut éviter de mélanger différentes équipes pour réduire les risques de contamination.

Le Dr Catherine Gaud fait ressortir qu’il n’y a pas lieu de revoir ce protocole, car jusqu’ici, aucune défaillance n’a été détectée. Elle souligne aussi qu’il marche très bien.


Arrivées interdites de quatre pays 

En raison de la propagation continue et rapide de la COVID-19, il a été décidé que tous les passagers en provenance ou ayant transité par le Royaume-Uni, l’Afrique du Sud, le Japon et le Brésil au cours des 14 derniers jours ne seront pas autorisés à pénétrer le territoire mauricien. Cette mesure de précaution sera applicable jusqu’au 28 février prochain.


Jour J - Vaccination anti-Covid-19 : Le personnel des centres de quarantaine et de l’hôpital ENT, les premiers à être immunisés

Aujourd’hui démarre la campagne nationale de vaccination contre la Covid-19. En effet, à partir de 11 heures, ce mardi 26 janvier, les « frontliners » du centre de traitement au New ENT Hospital vont être vaccinés, avant que l’exercice ne soit étendu aux membres des différents hôpitaux régionaux et centres de quarantaine. 

Une centaine de membres du personnel affectés au New ENT Hospital, dans les centres de quarantaine et qui font le « swabbing » vont être vaccinés ce mardi 26 janvier. Ils font partie des premiers « frontliners » qui vont recevoir la première dose de vaccin contre la Covid-19. Un exercice de simulation s’est tenu à la salle de conférences de l’hôpital Victoria à ce propos, le lundi 25 janvier. Cela était nécessaire, a fait comprendre le ministre de la Santé, Kailesh Kumar Jagutpal, afin de s’assurer du bon déroulement de la campagne. « Nous avons effectué cet exercice de simulation à l’hôpital Victoria pour nous assurer que les différentes étapes sont respectées pendant la campagne de vaccination », a-t-il déclaré. 

Le protocole prévoit des explications sur l’importance de la vaccination, l’enregistrement du candidat qui veut se faire vacciner, l’administration du vaccin et un temps d’observation de 30 minutes. En cas de choc anaphylactique dû à des éventuels effets secondaires, une équipe médicale sera sur place pour prendre en charge chaque patient et le SAMU sera appelé en renfort, a rassuré le ministre Jagutpal. 

Frontliners

L’exercice de simulation a vu la participation de plus d’une cinquantaine de membres du personnel. Certains campaient le rôle de patient, tandis que d’autres étaient dans l’équipe formée pour assurer la vaccination et la prise en charge. Ils ont tour à tour exposé les précautions qui s’imposent autour de la manipulation et l’administration du vaccin, dont le respect de la chaîne du froid. Une première dose de 0,5 ml est administrée, suivie d’une deuxième dose 28 jours après, ont expliqué les membres du personnel. 

Après les « frontliners » du New ENT Hospital, ce sera au tour de l’effectif du port et de l’aéroport qui sont en contact avec des passagers qui seront vaccinés, a fait part le ministre de la Santé. Et d’ici la semaine prochaine, la campagne de vaccination se déroulera dans les autres hôpitaux régionaux : Dr A. G. Jeetoo, Port-Louis ; Dr Bruno Cheong, Flacq ; SSRN Hospital, Pamplemousses et Jawaharlal Nehru Hospital, Rose-Belle. Ce sera à l’intention des membres du personnel constamment exposés aux patients, a-t-il précisé. 

Le ministre Jagutpal a aussi fait ressortir que la vaccination contre la Covid-19 est importante car le virus est présent dans le monde. « Les mesures strictes que nous avons prises à Maurice ont permis d’empêcher la propagation du virus. Mais cela ne veut pas dire que nous ne devons pas nous engager dans un programme de vaccination comme pour toutes les autres maladies qui viennent avec leur vaccin », a-t-il conclut.

Hotline 8924

La hotline du ministère de la Santé (le 8924, NdlR) a de nouveau été activée. C’est sur ce numéro qu’il faut appeler en cas d’interrogations sur le vaccin ou sur les éventuels effets secondaires.

 

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