Quatre Mauriciens au cœur du vertige de la Coupe du monde
Par
Reshad Toorab
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Reshad Toorab
Le 19 juillet 2026, au MetLife Stadium, deux couples mauriciens ont vécu en direct la finale de la Coupe du monde entre l’Espagne et l’Argentine. Bien plus qu’un match, ils racontent une immersion dans un événement planétaire dont ils peinent encore à redescendre.
Dans les petites ruelles de Triolet, le calme habituel a repris ses droits. Mais dans le salon de la famille Mohabuth, les valises à peine rangées au placard semblent encore garder l’odeur de la moquette des aéroports internationaux et la poussière d’un été américain. Les vidéos tournent encore en boucle sur les téléphones. L’entrée des joueurs sur la pelouse du MetLife Stadium, les chants des supporters, les jeux de lumière, les confettis qui tombent au coup de sifflet final… Le voyage est terminé, mais les images continuent d’alimenter les conversations.
Quelques semaines plus tôt, rien ne laissait présager une telle aventure. Lorsque Beebee Nasseem Banoo Golamaully Mohabuth et son époux, Aslam, reçoivent un appel leur annonçant qu’ils figurent parmi les gagnants de la campagne « FIFA World Cup 2026™ Cards » organisée par la SBM Bank Mauritius, ils peinent d’abord à y croire. Leur récompense comprend les billets d’avion, l’hébergement et un accès VIP à la finale de la Coupe du monde 2026, disputée au MetLife Stadium, à East Rutherford, dans le New Jersey.
Ils ne seront pas seuls à vivre cette expérience. Un second couple mauricien, Corinne Chan et son époux Jacques, fait également partie du voyage. Pour tous les quatre, il s’agit d’une première : assister à une finale de Coupe du monde, au milieu de dizaines de milliers de supporters venus des quatre coins du monde.
Le 19 juillet, à mesure que les abords du stade se remplissent, ils prennent conscience de l’ampleur de l’événement. Les drapeaux espagnols et argentins dominent les tribunes, les chants s’élèvent de toutes parts et une foule compacte converge vers l’enceinte. Ce qu’ils avaient toujours suivi à la télévision prend soudain une dimension bien réelle.
« Voir des joueurs comme Lionel Messi, Lamine Yamal et les autres grandes stars du football évoluer devant nos yeux était quelque chose d’exceptionnel », confie Aslam Mohabuth, encore ému. « À la télévision, on suit le match, on analyse le jeu à distance. Mais être présent dans un stade rempli de dizaines de milliers de personnes, entendre les chants monter des tribunes, ressentir l’énergie brute des supporters… ce sont des émotions très difficiles à décrire avec des mots. »
Une fois le coup d’envoi donné, chaque accélération, chaque occasion de but provoque une même déflagration dans les gradins. Les applaudissements, les cris et les sifflets parcourent le stade comme une onde. Pendant quatre-vingt-dix minutes, près de 80 000 personnes semblent vibrer au même rythme.
Pour Corinne Chan, cette première Coupe du monde restera avant tout celle des émotions. « Assister à la Coupe du monde 2026 pour la première fois a été une expérience absolument inoubliable. L’ambiance dans le stade, la passion débordante des supporters venus des quatre coins du monde et l’intensité des émotions vécues sur place étaient tout simplement extraordinaires. C’était un rêve devenu réalité, un moment unique rempli de souvenirs qui resteront gravés à jamais dans ma mémoire. »
À ses côtés, son époux Jacques, passionné de football depuis son plus jeune âge, ne quitte presque jamais le terrain des yeux. Pour lui, cette finale a des allures de pèlerinage, l’aboutissement d’un rêve nourri pendant des années.
Mais la soirée ne se résume pas au football. Fidèle à la tradition des grands événements américains, la finale mêle sport et spectacle. À la mi-temps, la prestation de Shakira transforme le stade en scène géante, tandis que plusieurs personnalités internationales prennent place dans les loges, parmi lesquelles le président américain Donald Trump. « Tout était impressionnant : le stade colossal, la foule de supporters, l’organisation sans faille et cette énergie incroyable qui régnait autour de nous », résume Beebee Nasseem.
Une fois les célébrations terminées et les tribunes progressivement vidées, c’est pourtant un autre souvenir qui s’impose. Au-delà du résultat sportif, les deux couples retiennent surtout l’expérience humaine vécue ensemble. « Ce n’était pas seulement un voyage ou un simple match de football », confie Beebee Nasseem avec émotion. « C’était un moment de bonheur pur que nous avons partagé ensemble. Découvrir un nouveau pays, vivre cette finale côte à côte et créer de nouveaux souvenirs à deux… ce sont des instants qui resteront toujours dans nos cœurs. Si nous avons eu cette chance, c’est uniquement par la volonté d’Allah. Nous Lui sommes profondément reconnaissants. »
Corinne Chan tient également à saluer ceux qui ont rendu ce voyage possible. « Je remercie sincèrement la SBM Bank Mauritius et VISA Events de nous avoir offert cette opportunité unique de vivre un événement d’une telle envergure. »
De retour à Maurice, l’atterrissage dans le quotidien se fait en douceur, mais le regard est resté un peu là-bas. À Triolet comme chez les Chan, on montre les photos aux proches, on explique le bruit, la ferveur, la sensation d’immensité. On réécoute les enregistrements sonores pris à la volée au moment des buts pour tenter de restituer l’inrestituable : le son de 80 000 personnes qui crient d’une seule voix. Pendant quelques instants, le MetLife Stadium semble avoir fait le voyage jusqu’à Maurice.