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Qualité de l’essence : jusqu’à 129 mg/l de manganèse au lieu de 2 mg/l

Des pistons abîmés par le manganèse qui a la couleur de la rouille.

Selon la MVDA, l’essence fournie aux automobilistes entre fin octobre et fin décembre 2019 contenait une forte concentration de manganèse. Cet additif est accusé d’être la cause de 3 300 pannes à Maurice. Selon les tests effectués, le taux était de 129 mg/l au lieu de 2 mg/l.

Le ministre de tutelle assure que la situation est revenue à la normale et que de nouveaux tests seront effectués à chaque livraison.

Plus de 3 300 véhicules ont subi des pannes plus ou moins graves liées à la qualité de l’essence distribuée à Maurice, selon la Motor Vehicles Dealers Association (MVDA). L’association des concessionnaires de véhicules neufs a rendu publics les résultats des tests effectués sur des échantillons d’essence prélevés dans des véhicules tombés en panne depuis octobre 2019.  Les résultats sont inquiétants, car les tests ont révélé la présence de manganèse jusqu’à 129 milligrammes par litre (mg/l) d’essence. Or, selon la MVDA, les constructeurs recommandent un taux maximum de 2 mg/l.

Le manganèse est un additif qui sert à rehausser le taux d’octane dans l’essence, afin d’assurer une combustion optimale. Malheureusement, selon Ravi Issur, membre exécutif de la MVDA, à partir de 24 mg/l, le manganèse augmente la consommation d’essence, provoque une perte de puissance et encrasse le pot catalytique, le moteur, les pistons, les capteurs, les bougies ainsi que les injecteurs. De plus, toujours selon la MVDA, le manganèse est polluant au-delà de 23mg/l. La MVDA demande l’interdiction pure et simple du manganèse à Maurice.

Comment expliquer que l’ensemble du parc automobile n’ait pas subi de panne ? Selon Éric Leal, vice-président de la MVDA, tous les véhicules n’ont pas eu la même quantité de manganèse. En effet, cela dépend de la quantité d’essence contaminée introduite dans le réservoir et la quantité de carburant qui s’y trouvait au moment de faire le plein. De plus, le type d’utilisation du véhicule peut avoir un impact. « Il y a sûrement encore des pannes à venir, car le manganèse reste à vie dans le moteur de la voiture », indique-t-il.

Contacté par Le Défi Quotidien, Yogida Sawmynaden, ministre de l’Industrie et du Commerce, tient à rassurer le public. « Nous travaillons en collaboration avec la MVDA et les autres parties prenantes. La qualité de l’essence à Maurice est bonne. Lorsque la MVDA m’a rencontré pour me faire part du problème, j’ai tout de suite demandé que le fournisseur s’assure qu’il n’y ait plus de manganèse dans les prochaines cargaisons. Désormais, nous effectuons des tests sur le taux de manganèse à l’embarquement et au débarquement du carburant », annonce Yogida Sawmynaden.

La MVDA a fait les comptes. Avec plus de 3 300 voitures affectées, quand on considère que dans certains cas les réparations atteignent Rs 250 000, le préjudice total s’élève à Rs 150 millions. Qui paiera la note ? La MVDA étant persuadée que ce ne sont pas des défauts de fabrication qui sont à l’origine des pannes, elle estime que les concessionnaires ne peuvent être tenus pour responsables. Du côté de la State Trading Corporation, Yogida Sawmynaden précise qu’il faut attendre que les responsabilités soient situées pour déterminer qui paiera la note.

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