Punaises au Foyer Trochetia : la Sécurité sociale «n’était pas au courant de l’ampleur» de l’infestation
Par
Sharone Samy
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Sharone Samy
Le ministère de la Sécurité sociale affirme ne pas avoir été informé de l’ampleur de l’infestation de punaises de lit au Foyer Trochetia, à Pointe-aux-Sables. Au lendemain de la diffusion de photos montrant des chambres envahies par ces insectes, le Junior Minister, Kugan Parapen, annonce l’ouverture d’une enquête afin de comprendre pourquoi les autorités n’ont pas été alertées de la gravité de la situation.
Le centre accueille 57 résidents, dont des centenaires et des personnes souffrant de handicaps sévères. Selon les informations recueillies par Le Défi Quotidien, les punaises ont envahi plusieurs chambres, les matelas, les lits et les murs. Le ministre Ashok Subron et Kugan Parapen se sont rendu hier après-midi au Foyer Trochetia pour constater de visu la situation, évaluer les conditions de vie des résidents, recueillir les explications de la direction et examiner les solutions envisageables, dont une éventuelle relocalisation des pensionnaires les plus vulnérables si les conditions sanitaires l’exigent.
« L’infestation date de l’année dernière », explique Kugan Parapen. Un système de rotation avait été mis en place pour déplacer temporairement les résidents des unités touchées et permettre le nettoyage des chambres. Des travaux avaient aussi été effectués, les punaises ayant infesté certains meubles et gaines électriques. La situation semblait s’être améliorée jusqu’à ce que les dernières images révèlent une infestation toujours particulièrement importante.
Le ministère avait exploré plusieurs pistes pour reloger les pensionnaires, sans succès. « Nous avions envisagé de les transférer vers le centre récréatif de Pointe-aux-Sables, mais ce site n’est pas adapté à leurs besoins. Nous avons aussi approché certaines familles afin qu’elles prennent temporairement en charge leurs proches, mais la plupart n’ont pas accepté. Nous examinons désormais d’autres possibilités, notamment l’ancien hôpital de Flacq et celui de Moka, même si aucune décision définitive n’a encore été prise », a indiqué Kugan Parapen.
Le Junior Minister ne cache pas son incompréhension face à la version donnée par la direction du foyer. « J’ai écouté la version de la direction au cours de la semaine et je ne comprends pas pourquoi on nous a fait comprendre que la situation était sous contrôle alors que les images montrent une tout autre réalité. Le ministère n’était pas au courant de l’ampleur de la situation. »
L’enquête devra établir les responsabilités et comprendre pourquoi les informations transmises au ministère ne reflétaient pas la réalité constatée sur le terrain. Des sanctions administratives ne sont pas écartées, selon des informations recueillies par Le Défi Quotidien. Elles dépendront des conclusions de l'enquête, qui devra établir si des manquements ont été commis dans la transmission des informations ou dans la gestion de cette infestation.
Avant cette mise au point du ministère, Ali Jookhun, fondateur de la Down Syndrome Association Mauritius et du U-Link, et président de l’African Down Syndrome Network, avait dénoncé une situation qui perdure selon lui depuis plus d’un an. « Rien n’a été fait pour rectifier le problème. Malgré cette situation, il semblerait que la gestion du foyer soit largement dépassée par les événements », avait-il déclaré, estimant que les pensionnaires vivent dans des conditions incompatibles avec leur état de santé.