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Publication de factures d’hôtel dans la presse : Etienne Sinatambou soupçonne un haut fonctionnaire

Etienne Sinatambou Etienne Sinatambou dit avoir la conscience tranquille.

L’émission « Au cœur de l’info » de RadioPlus du jeudi 22 août, animée par Florence Alexandre et Terence O’Neill, était axée sur la fuite des factures d’hôtel d’Etienne Sinatambou dans la presse. Le ministre dit avoir la conscience tranquille, maintenant qu’il n’a pas encore payé la note du 30 juin.

Etienne Sinatambou dit avoir enclenché des démarches pour tenter d’en savoir plus sur la manière dont les notes d’hôtel le concernant ont été fuitées dans la presse. Le ministre de l’Environnement raconte avoir posé des questions à la direction de l’hôtel Maritim et celle du Labourdonnais. Il a aussi réclamé des explications au sein de son ministère. « J’ai appris qu’un haut fonctionnaire qui avait des problèmes avec le ministère s’est rendu au bureau de l’Ombudperson. Puis d’un coup il a été transféré mercredi dernier. Mais 24 heures plus tôt, soit mardi, les factures ont été publiées dans la presse. Je le soupçonne car il fait l’objet de plusieurs cas d’inconduites », a déclaré le ministre.

Selon ses explications, le processus pour le paiement des factures est bien rodé. Il dit ne pas savoir au préalable quand une facture est envoyée à son ministère. « J’ai la conscience claire pour les trois cas mentionnés dans la presse. » Etienne Sinatambou a ensuite lâché ceci : « Si mo ti anvi kasiet ek kokin, mo pa ti pou met faktir la lor mo nom. » Il dément à nouveau les allégations selon lesquelles il aurait séjourné gratuitement à l’hôtel Maritim en septembre 2018 et dîné sans payer le 30 juin.  

Interrogé sur la note du 30 juin, il avance qu’il ne l’a pas encore payée. « J’ai 120 jours pour payer cette facture, soit jusqu’à novembre. Je n’ai pas encore payé juste pour ne pas donner l’impression et la perception que le ministre est parti payer rapidement. »

Etienne Sinatambou dit avoir aussi réclamé la note totale au ministère. « J’ai réclamé la totalité des factures au ministère. Ces trois dernières années, il y a eu 11 factures au total pour la somme de Rs 31 075. » Qu’en est-il de l’enquête de l’Independent Commission Against Corruption (Icac) ? Il répond qu’il n’a aucun problème. « Mo totalman trankil ek mo konsians. Audit inn verifie tou kont. »

Kris Poonoosamy, ancien haut fonctionnaire, est intervenu en début d’émission. Selon lui, les ministres doivent puiser dans leur Entertainment Allowance. « Il faut déterminer s’il s’agit d’une fonction officielle ou pas. Les règlements ont probablement changé depuis que j’ai quitté le service. » Il faut, selon lui, mettre l’accent sur la bonne gouvernance et revoir les guidelines avec les stakeholders, dont le bureau de l’Audit, l’Icac et le chef de la fonction publique, entre autres.

L’avocat Akil Bissessur est, quant à lui, revenu sur la déposition de son client Rigg Needroo à l’Icac jeudi matin. « Mon client estime que selon les articles 43 et 7 de la Prevention of Corruption Act, les officiers peuvent ouvrir une enquête car il estime que le ministre a bénéficié d’un avantage. Je dois aussi faire ressortir qu’il y a récemment eu un jugement concernant un policier dans un cas similaire. La cour l’a condamné à trois mois de prison. » Il souligne que la commission doit démarrer une enquête dans la transparence.


Réactions

Des ministres et députés le condamnent sans réserve 

Etienne Sinatambou aura beau nier les allégations qui pèsent contre lui, mais certains de ses collègues considèrent cette affaire comme un véritable embarras pour le gouvernement. Cette affaire ne laisse pas insensibles plusieurs ministres et députés de la majorité. Ceux qui semblent prêter foi à cette affaire qui éclabousse le ministre de l’Environnement depuis deux semaines lui reprochent essentiellement de faire de l’ombre au travail du Premier ministre. 

« Pravind Jugnauth seul a fait remonter la cote du gouvernement après les différentes polémiques qui nous ont embarrassés. Voilà qu’on se retrouve une nouvelle fois avec une casserole à cause d’une seule personne », nous a dit un député de la majorité gouvernementale d’une circonscription rurale. 

Un autre élu, représentant une circonscription urbaine, soutient que c’est une publicité dont le gouvernement aurait très bien pu se passer. « Il a beau se défendre et faire des dépositions, le mal est fait. L’attention est braquée sur une controverse, malgré les multiples efforts du gouvernement pour bien terminer ce mandat », explique cet interlocuteur. Il est aussi d’avis que le ministre devrait pour le moment faire profil bas. 

Certains déplorent la présence d’Etienne Sinatambou aux côtés du chef du gouvernement lors des fonctions officielles, notamment jeudi matin au Monument Marie Reine, de la Paix. Pravind Jugnauth y était pour constater l’avancée des travaux en marge de l’arrivée du pape à Maurice. 

Le ministre pourrait-il faire l’objet d’une quelconque sanction ? Au bureau du Premier ministre, on affirme que tel ne devrait pas être le cas. « Infliger une sanction à quelqu’un qui a dépensé Rs 30 000 en trois ans c’est vraiment aller chercher la petite bête. Il s’agit d’une campagne zet labou orchestrée par des adversaires politiques qui veulent uniquement nuire au momentum créé par le Premier ministre », fait ressortir ce collaborateur de Pravind Jugnauth. D’autres disent au sujet du ministre Sinatambou : « Attendons voir s’il est toujours ticketable… »


Un habitant du Nord porte plainte contre le ministre de l’Environnement

Rigg Needroo, qui habite Pamplemousses, a porté plainte à l’Independent Commission Against Corruption (Icac) contre Etienne Sinatambou. C’était dans la journée du jeudi 22 août, en présence de l’avocat Akil Bissessur. Le plaignant, un homme d’affaires, demande à la commission anticorruption d’ouvrir une enquête à la suite de la publication dans la presse de nombreuses factures d’hôtel au nom du ministre de l’Environnement.

Rigg Needroo soutient que ce dernier a commis un délit en enfreignant l’article 43 de la Prevention of Corruption Act (PoCA). « J’ai fait une déposition à l’Icac après la publication des factures dans la presse. Eski minis limem ti bizin pey sa ban bills là ou le ministère ? E si se minister, se Tax Payers Money. C’est ça le problème », a déclaré Rigg Needroo. Selon Me Akil Bissessur, son client « s’est basé sur les articles 7 et 43 de la PoCA, qui permet à un citoyen de dénoncer toute acte allégué de corruption d’un Public Official, que ce soit par voie orale, écrite ou même sous le couvert de l’anonymat ». 

De son côté, Etienne Sinatambou affirme que l’Entertainment Allowance est utilisée pour des « entertainment personnels ». « Les Entertainment officiels, comme les dîners de travail, passent par le ministère et sont avalisés par l’Accounting Officer s’ils sont trouvés valables », a déclaré le ministre sur les ondes de Radio Plus.

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