Propositions de réforme électorale : le Conseil des religions en faveur du maintien du First Past the Post et de l’introduction d’une représentation proportionnelle corrective

Par Defimedia.info
Publié le: 29 janvier 2026 à 15:51
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Le Conseil des religions a soumis ce jeudi ses propositions de réforme électorale. Elles s’articulent autour de six axes principaux : l’élimination graduelle du Best Loser System par l’introduction d’une représentation proportionnelle corrective non identitaire, complémentaire au maintien du First Past the Post comme mode électoral central, la correction proportionnelle étant strictement conçue pour ne pas modifier le ratio des députés élus au scrutin majoritaire ; l’adaptation objectivée de la taille du Parlement à la population nationale ; l’instauration effective de la parité de genre ; la transformation des campagnes électorales vers une plus grande sobriété et innovation démocratique ; la création d’un collège extraparlementaire consultatif ; et la mise en place d’un fonds électoral public-privé, transparent et équitable.

« Le présent papier adopte une approche progressive et non conflictuelle de la réforme. Il ne vise ni à nier l’histoire mauricienne ni à affaiblir la diversité culturelle et religieuse, mais à promouvoir une démocratie post-communautaire, dans laquelle le citoyen participe à la vie politique en tant qu’individu libre et égal, et non comme représentant d’un groupe identitaire », explique le Conseil des religions.

Voici ses propositions :

1.    Maintien du First Past the Post et introduction d’une représentation proportionnelle corrective

La réforme proposée maintient le principe du First Past the Post comme mode central d’élection, afin de préserver la stabilité gouvernementale et la lisibilité de la responsabilité politique. L’introduction d’une représentation proportionnelle corrective vise exclusivement à corriger les distorsions de suffrages sans altérer la composition relative des députés élus au scrutin majoritaire, ni modifier les équilibres issus du First Past the Post.

2.    Taille parlementaire adaptée et mécanisme proportionnel

Pour un État insulaire comptant environ 1,2 million d’habitants, un Parlement de taille modérée apparaît à la fois fonctionnel et lisible. Chaque circonscription élirait désormais deux députés, au lieu de trois, pour un total de 42 députés issus de 21 circonscriptions.

À ces 42 députés s’ajouteraient des sièges attribués par un mécanisme de représentation proportionnelle corrective, réservé aux partis ayant atteint un seuil minimal de suffrages exprimés à l’échelle nationale. Le nombre de ces sièges serait plafonné à 24, portant l’effectif total du Parlement à 66 députés. Ce mécanisme serait strictement encadré afin de ne pas altérer les équilibres politiques issus du scrutin majoritaire, garantissant la clarté de la responsabilité parlementaire et la stabilité institutionnelle.

3.    Parité hommes – femmes

Les femmes, en général, sont plus capables en termes d'intelligence émotionnelle. La réforme électorale doit assurer une parité effective entre les femmes et les hommes, conçue comme un objectif démocratique structurant et mise en œuvre dans le respect des compétences et du mérite. Elle s’appliquera à l’ensemble des mécanismes électoraux proposés, afin de garantir une représentation équilibrée et durable. Cette approche vise à renforcer la démocratie inclusive et la légitimité des institutions. Le Conseil des religions propose ainsi la candidature de deux candidats par circonscription, dont un homme et une femme.

4.    Collège extraparlementaire consultative

La proposition de réforme encourage l’innovation démocratique par la création d’un collège extraparlementaire consultatif, composé de représentants de syndicats, de l’Université de Maurice, du Conseil des religions, de la Commission des droits humains, des médias, de l’union des étudiants et de la communauté des migrants, entre autres. Dans ce même sens, l’inclusion de la diaspora mauricienne serait souhaitable.

Ces membres seraient désignés par leurs organisations respectives, siègeraient à titre d’indépendants apolitiques, et participeraient aux débats parlementaires sans droit de vote, afin d’enrichir la qualité des échanges démocratiques. Le nombre de membres serait plafonné et déterminé progressivement, en respectant la taille et l’équilibre institutionnel du Parlement. Ce dispositif valoriserait les compétences citoyennes et la participation de la société civile.

Ce dispositif repose sur une conception de la démocratie où la dignité du citoyen s'exprime non seulement par le vote, mais aussi par la participation au dialogue publique. Il vise à promouvoir la consultation, l'écoute et la recherche du bien commun, en complément de la compétition électorale.

5.    Réforme des campagnes et financement politique

Afin de réduire l’influence disproportionnée de l’argent et de garantir l’égalité de traitement des candidats, la réforme prévoit la mise en place d’un fonds électoral public-privé. Ce fonds serait alimenté par :

l’État, via son budget national ;

le secteur privé, selon des plafonds de contribution ;

les individus, avec des contributions facultatives déductibles fiscalement.

Le fonds serait géré par une autorité indépendante, avec reporting public et audit obligatoire à chaque cycle électoral. Les ressources permettraient de financer l’organisation des élections et de soutenir les campagnes électorales de manière équitable pour tous les partis.

Par ailleurs, la réforme propose une rupture avec la pratique des grands meetings et des méthodes visant à gonfler artificiellement les foules, qui influencent le vote et génèrent des dépenses importantes. Les campagnes devraient privilégier des débats et interactions publiques modérées par des animateurs indépendants, favorisant une meilleure information des électeurs, un dialogue direct et une participation citoyenne réfléchie. Cette approche encourage l’innovation démocratique, la transparence et la sobriété des campagnes, tout en valorisant l’engagement éclairé des citoyens.

« L’ensemble de ces mesures vise à renforcer la légitimité démocratique, l’unité nationale, la confiance civique et la participation inclusive, tout en respectant pleinement la diversité culturelle, religieuse et migratoire de Maurice. Cette approche graduelle et innovante illustre une vision de démocratie post-communautaire et avancée, capable de répondre aux défis contemporains tout en consolidant l’identité pluraliste de la nation », affirme le Conseil des religions.

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