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Projet Goal de la Standard Chartered Bank - Objectif : ‘Empower’ la femme de demain

Les élèves pendant la session de questions et réponses. Les élèves pendant la session de questions et réponses.

La Standard Chartered Bank a lancé un projet dans 30 collèges d’État à Maurice : Goal, avec pour slogan « Reaching new heights ».

Ce programme vise à encourager et encadrer les filles à être des femmes indépendantes de demain, à travers une combinaison d’activités sportives et de compétences de vie. Dans ce contexte, la banque a invité trois femmes aux parcours exceptionnels à venir partager leurs expériences professionnelles et personnelles, pour inspirer les filles à travers de causeries tenues les 27 et 28 mars. La Standard Chartered Bank a ciblé deux collèges : le SSS de Quartier-Militaire et le SSS Dunputh Lallah.

Roselyne Renel, Valerie Bisasur et Nousrath Bhugeloo ont été invitées à raconter leurs expériences personnelles et professionnelles. Portraits…

Roselyne Renel : « Tout est possible avec le bon état d’esprit… »

« N’ai-je pas le droit de réussir, même si j’ai quitté l’école à 16 ans ? »

Roselyne Renel, Global Head Enterprise Risk Management à la Standard Chartered UK  et ambassadrice de Goal  dans le monde.
Roselyne Renel, Global Head Enterprise Risk Management à la Standard Chartered UK
et ambassadrice de Goal
dans le monde.

Roselyne Renel, Global Head Enterprise Risk Management à la Standard Chartered UK, a quitté l’école a l’âgé 16 ans sans certificat. Elle était tombée enceinte de son fils. « C’était très difficile pour mes proches de comprendre, car je suis issue d’une famille aisée. Je n’avais même pas pensé aux implications », dit cette passionnée de comptabilité. Son prof lui suggère alors de venir prendre des leçons particulières pour apprendre les bases en comptabilité et gestion, afin de s’inscrire aux examens de la Chambre de Commerce de Londres. « Il m’a encouragée à faire quelque chose qui me plaisait déjà afin d’ouvrir des portes. À cette époque, je ne comprenais pas le but, mais c’était la première porte qui s’est ouverte à moi », confie-t-elle.

À 18 ans, Roselyne Renel décide de quitter le pays pour Londres avec l’espoir de construire quelque chose par ses propres moyens. « Cela posait problème à ma mère, car je n’avais ni proches ni amis à Londres. Mais c’était un risque que je voulais prendre pour miser sur l’avenir. La réussite ou l’échec, cela ne dépendait que de moi », nous raconte-t-elle.

L’envie d’être un requin du marché financier à 20 ans

À 20 ans, Roselyne décroche un travail dans une banque américaine comme Administrative Assistant. Le fait d’être bilingue a joué en sa faveur. « Ce monde de la Bourse et du marché financier me fascinait. J’étais comme une éponge et mon patron a vite compris que j’avais soif d’apprendre. Je m’intéressais aux analyses ou aux données économiques. Ce qui n’était pas dans ma description d’emploi d’Administrative Assistant. Je lui posais des questions », raconte-t-elle.

Et le patron n’est pas resté insensible à l’intérêt que Roselyne portait à la Bourse. « Il m’a convoquée et m’a dit qu’il avait constaté que j’étais déterminée à aller plus loin. Il m’a sponsorisée pour participer à un stage. » Ce sera la rampe de lancement de la carrière de Roselyne. Elle travaillera pour l’une des plus grandes banques de Londres. Ce qui lui a ouvert de nombreuses portes.

Mais ces opportunités, elle dit les avoir décrochées grâce à sa détermination, à son dur labeur et au soutien à toute épreuve de son mari, qu’elle a rencontré à l’âge de 22 ans. Celui-ci lui a été d’un grand soutien lors de sa deuxième grossesse. Il a cessé de travailler pour que sa femme puisse,  s’épanouir dans son métier. « Il s’est sacrifié pour que j’avance. C’était une décision mutuelle », Pour cette femme d’affaires, le mot-clé est ne pas se mettre des limites. « Il ne faut se fixer aucune barrière, mais il faut surmonter tous les obstacles en se disant : ‘Je veux être le meilleur dans tout ce que j’entreprends’. Il faut aussi avoir de l’ambition. » Roselyne soutient « qu’arrêter l’école à 16 ans a sûrement ralenti son parcours », mais cela ne l’a pas empêchée de grandir. Elle se motivait elle-même. « N’ai-je pas le droit de réussir même si j’ai quitté l’école à 16 ans ? » se disait-elle. « C’était très dur certes, mais il faut persévérer. Même après s’être cassé la figure, il faut se relever. C’est important de faire des études, mais il faut aussi être limitless ».

Valérie Bisasur : « Vos seules barrières, ce sont celles que vous vous imposez »

« Il faut savoir faire des compromis et trouver son équilibre »

Valérie Bisasur parlant aux jeunes du Dunputh Lallah SSS.
Valérie Bisasur parlant aux jeunes du Dunputh Lallah SSS.

Valérie Bisasur, partenaire au BLC Robert & Associates, a commencé des études en comptabilité à l’âge de 18 ans, avant de vite réaliser que ce n’était pas une filière faite pour elle. Du coup, elle a entamé des études de droit à l’étranger, pour ensuite participer aux examens d’avoué à Maurice. Les difficultés qu’elle a rencontrées à cette époque étaient les appréhensions de certains concernant les examens du barreau, qui leur semblait presque impossible à obtenir. « J’étais une élève moyenne. Mais avec beaucoup de travail et de persévérance, j’ai réussi à cet examen que tout le monde disait insurmontable », dit-elle.

Valérie Bisasur est partenaire au BLC Robert & Associates.
Valérie Bisasur est partenaire au BLC Robert & Associates.

Après six années études et après avoir prêté serment comme avoué, elle découvre le métier et débute dans le monde du contentieux, mais ne s’y retrouve pas. Elle prend alors la décision de se consacrer uniquement au conseil transactionnel, plus particulièrement dans le secteur bancaire et financier. « Aujourd’hui, je me suis épanouie dans le métier que j’ai choisi. Je relève tous les jours de nouveaux défis avec l’évolution du marché et je cherche constamment à m’améliorer et à innover pour me démarquer. »

Comptant plus de 10 ans d’expérience dans le métier, cette avouée aime partager ses connaissances avec les plus jeunes qui débutent leur carrière. Valérie Bisasur tient également à démontrer qu’il est « normal » de douter de ses choix par moment et que l’on fait tous face à des échecs. Toutefois, on ne doit pas se mettre des barrières, il faut avancer malgré tout. « J’ai eu des moments de doute sur la possibilité de continuer ma carrière et de progresser au sein de la firme dans laquelle je travaille depuis 11 ans, notamment après le décès de mon compagnon et avec un nouveau rôle de maman qui arrivait. Mais j’ai réalisé que les deux étaient tout à fait possibles et qu’il ne fallait pas que je me mette moi-même des bâtons dans les roues. »

Elle affirme que ce n’est pas facile tous les jours. « Il est certain que les priorités changent, mais il faut savoir faire des compromis et trouver son équilibre dans tout ça. C’est faisable. »

Ayant été promue partenaire l’année dernière dans sa firme, elle exprime que ce n’est pas une finalité, mais une nouvelle étape dans sa carrière qui commence, avec de plus gros défis  à relever. « C’est le commencement d’un nouveau volet de ma carrière. La route est encore longue. Il faut être positif, avancer vers ses objectifs et à force de persévérance et de travail, on peut y arriver. » Elle est d’avis que « les seules barrières sont celles que vous vous imposez vous-mêmes ».

Nousrath Bhugeloo : « Il faut se donner à 100 % dans tout ce qu’on entreprend »

« Les femmes ont des possibilités, mais c’est à elles de faire le bon choix »

Nousrath Bhugeloo racontant son parcours aux filles de DLSSS.
Nousrath Bhugeloo racontant son parcours aux filles de DLSSS.
Nousrath Bhugeloo, Regional Head AME, Business Development chez Ocorian.
Nousrath Bhugeloo, Regional Head AME, Business Development chez Ocorian.

Nousrath Bhugeloo, Regional Head AME, Business Development chez Ocorian, s’est mariée à l’âge de 18 ans et a eu son premier enfant un an plus tard. Elle a poursuivi ses études en ICSA, tout en s’acquittant de son devoir de mère. « C’était assez dur de poursuivre mes études tout en m’occupant de la maison, mais je n’ai pas perdu mon objectif de vue. Je me suis dit que beaucoup de femmes le font, alors pourquoi pas moi ? » dit-elle.

Nousrath Bhugeloo croit fermement que la différence se fait quand on a l’expérience du travail tout en étudiant. C’est d’ailleurs ce qu’elle a choisi de faire. « J’ai commencé à travailler à 22 ans comme peripheral worker, tout en poursuivant mes études en parallèle. C’est certainement difficile, mais si vous avez le désir de réussir dans la vie, alors ce n’est pas impossible. »

Hommes et femmes, égalité vers une économie africaine renforcée

Le message d’espoir que Nousrath veut faire passer, c’est que « les femmes ont des possibilités, mais c’est à elles de faire le bon choix ». Aujourd’hui, avec la technologie, les femmes peuvent poursuivre leurs études ou même travailler tout en s’occupant de la famille. D’ailleurs, elle fait ressortir qu’elle croit dans le potentiel des femmes de Maurice. Elle veut donner l’espoir aux jeunes filles qu’elles peuvent rêver et poursuivre leurs rêves. « Tout le monde n’est pas obligé d’être avocat ou médecin. Il suffit juste de se diriger vers son but en se disant que, moi aussi, j’ai la possibilité de réussir dans ce que je veux entreprendre en me donnant à 100 %. »

Le projet Goal lui tient à cœur parce qu’elle veut que « les femmes réalisent qu’elles ont le pouvoir de contribuer à l’avancement du pays ». « Si toutes les femmes d’Afrique travaillent vers leur propre indépendance, elles feront changer et grandir l’économie du pays. En sus, le processus de la prise de décision serait sur un pied d’égalité. C’est pourquoi on doit s’assurer que les filles ont les mêmes chances que les garçons afin de contribuer ensemble pour l’économie. »


2 000 jeunes filles ciblées

Goal est un programme qui a vu le jour en 2006. Le projet pilote a été lancé à Delhi et touchait 70 filles. En 2019, Goal vise à atteindre 90 000 filles dans 24 pays, dont Maurice. Il faut savoir que ce programme touche 30 collèges d’État à Maurice, ciblant 2 000 filles. Il est également implémenté par le ministère de l’Égalité des genres dans 13 centres. Le Goal Programme est composé de cinq modules d’entraînement se concentrant sur l’éducation financière, des compétences en communications, les connaissances en santé et l’hygiène, ainsi que sur des programmes visant à apprendre aux filles à avoir confiance en elles.

Le cinquième module, Soyez indépendante, a été présenté aux filles de 15 à 24 ans en 2018. Il fournit aux filles des expériences pratiques et les équipent à être préparées à gérer leurs propres finances en travaillant ou en lançant leurs propres mini-entreprises.

L’impact général de Goal dans les pays bénéficiaires

Globalement, Goal contribue à donner l’accès aux filles à des opportunités économiques pour leur autonomisation économique, sociale, politique et culturelle, grâce à des facilitateurs qui les aident à utiliser leur potentiel économique à leur avantage.

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