Projet de Rs 1,9 miliard à Palmar : le premier complexe de bungalows mobiles décroche son permis EIA
Par
Patrick Hilbert
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Patrick Hilbert
Le ministère de l’Environnement a donné son feu vert au projet écologique de Paddock Investment Ltd. Ce resort modulaire de 266 unités allie innovation touristique et respect des sols à Palmar.
Le projet de resort de bungalows mobiles porté par Paddock Investment Ltd à Palmar a franchi une étape réglementaire majeure. Le ministère de l’Environnement a accordé, le 9 avril dernier, le permis d’Environmental Impact Assessment (EIA), autorisant ainsi la mise en œuvre de cette initiative présentée comme une première à Maurice.
Ce développement, estimé à Rs 1,9 milliard, s’inscrit dans la dynamique de relance du secteur touristique post-pandémie. Porté par une société mauricienne fondée en 2016, le projet vise la transformation d’un ancien site d’élevage en un complexe hôtelier à vocation écologique, combinant hébergement autonome et services structurés.
Implanté sur une parcelle de 139 490 m², soit 33 arpents, de terres louées, le site est situé le long de la route côtière B59 Belle Mare–Palmar–Trou d’Eau Douce, en face de la plage publique de Palmar. Classé en “développement hôtelier de type B” en raison de sa proximité avec le littoral – à environ 105 mètres de la ligne des hautes eaux – le projet respecte les prescriptions des directives d’urbanisme en vigueur, notamment en matière de densité et de hauteur des constructions.
Le concept repose sur l’installation de 266 bungalows mobiles préfabriqués, assemblés sur site afin de limiter les impacts environnementaux liés à la construction. Ces unités modulaires, équipées notamment de cuisines et de terrasses privées, sont destinées à une clientèle diversifiée, incluant familles, télétravailleurs et touristes en quête de séjours axés sur le bien-être.
L’ensemble sera complété par des infrastructures collectives comprenant trois restaurants, une piscine centrale, un centre de réception avec club-house, salle de sport et espaces de loisirs, ainsi qu’un spa. Des installations techniques, notamment pour le traitement des eaux usées et la gestion des déchets, sont également prévues dans une zone dédiée.
Selon les éléments du dossier EIA, le site ne présente pas de sensibilité écologique particulière, aucune espèce endémique menacée n’y ayant été recensée. Un inventaire arboricole prévoit par ailleurs la conservation d’une majorité des arbres matures existants, sous réserve de l’aval des autorités compétentes.
Le projet intègre plusieurs mesures présentées comme durables. Une station d’épuration d’une capacité de 300 m³ par jour permettra le recyclage des eaux usées pour l’irrigation. Environ 70 % de la superficie restera perméable afin de faciliter l’infiltration des eaux pluviales, grâce à des dispositifs adaptés. L’approvisionnement en eau et en électricité reposera sur les réseaux existants, complétés par des équipements tels que des panneaux solaires et des systèmes de stockage.
Les déchets verts seront compostés, tandis que les autres flux feront l’objet de tri et de recyclage.
Sur le plan financier, le montage prévoit un financement à hauteur de 65 % par emprunt bancaire local, soit environ Rs 1,2 milliard, le solde étant couvert par des apports en fonds propres du promoteur et d’investisseurs.
Dans son rapport soumis aux autorités, Paddock Investment Ltd mettait en avant des retombées économiques positives, notamment en termes de création d’emplois, d’apport en devises et de valorisation de la zone de Palmar, déjà marquée par une présence touristique. L’octroi du permis EIA vient ainsi lever un obstacle clé à la concrétisation de ce projet, relancé après une première tentative infructueuse en 2017.