Projet de ferme animalière : Travaux stoppés sur les pentes de la montagne Le Pouce
Par
Sharone Samy
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Sharone Samy
Le ministère de l’Environnement a ordonné l’arrêt immédiat d’un projet de ferme animalière sur les pentes de la montagne Le Pouce, à Saint-Pierre. Cette décision fait suite à une plainte formelle déposée le 30 décembre 2025 par des riverains inquiets de voir des constructions s’ériger dans une zone écologiquement sensible.
Le projet, porté par la société Jurassic Farm Ltd, prévoit l’aménagement d’un chenil, d’une chatterie et d’un logement pour vigile sur un terrain de 5 780 m². L’objectif affiché est l’élevage et la reproduction d’une quinzaine de chiens et de huit chats de race. Un développement jugé totalement inadapté au site par les habitants de la région.
Dans leur lettre aux autorités, les résidents dénoncent la construction rapide de structures en béton sur un drain naturel et l’obstruction d’un second drain par la route d’accès. Ils redoutent des répercussions graves sur les sentiers de randonnée, les écosystèmes en aval et les zones situées au pied de la montagne. Pour eux, ce projet pourrait créer un précédent dangereux, ouvrant la voie à une urbanisation incontrôlée des pentes de la montagne Le Pouce, un site classé Réserve naturelle et Zone clé pour la biodiversité.
Les risques environne-mentaux sont au cœur des préoccupations : aggravation du ruissellement lors de fortes pluies, risques d’inondation accrus et pollution potentielle des cours d’eau par les déchets animaux et les eaux usées.
L’analyse préliminaire du ministère a confirmé la fragilité du site. Le terrain présente une pente de 11 % à 20 % et est classé comme exposé à un risque moyen de glissement de terrain. De plus, il est traversé par un cours d’eau naturel et se situe à seulement 170 mètres d’un ruisseau de la rivière Moka.
Face à ces constats, le ministère exige désormais une évaluation environnementale approfondie. Le promoteur devra fournir une étude d’impact sur le drainage, une analyse de la stabilité des pentes, une étude géotechnique, ainsi qu’une évaluation écologique.
Officiellement notifiée le 7 janvier, la société a l’obligation d’obtenir une Preliminary Environment Report (PER) Licence et doit cesser toute activité d’ici là. Une visite de terrain, effectuée le 8 janvier 2026 par la Police de l’Environnement, a confirmé la suspension des travaux. Un suivi régulier sera maintenu pour garantir le respect des exigences légales.