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Produit défectueux : le «cadeau» qui fait pleurer mère et fille 

Mauvaise surprise pour cette fille qui a eu un portable neuf mais défectueux.

Il est rare qu’un(e) élève du secondaire n’a pas de téléphone portable. Ishita a eu son premier smartphone il y a deux mois. Cependant, sa joie a été éphémère. Celui que sa mère a acheté chez un revendeur de la capitale s’est avéré défectueux.

Ishita (prénom modifié) fréquente un collège de Beau-Bassin, elle attend ses résultats de SC. Elle a eu son premier téléphone portable en octobre dernier. On peut se poser des questions devant la réalité d’Ishita : Comment une jeune fille de son âge n’a pas demandé un smartphone plus tôt à ses parents ? A-t-elle demandé un smartphone à ses parents qui n’avaient pas les moyens de lui en offrir un ? Matee, la mère de la demoiselle nous donne des éléments de réponse.

« C’est malheureux pour Ishita que le premier téléphone portable qu’elle a eu ne marche pas, elle qui n’a pas connu l’amour de son père. Il nous a abandonnées lorqu’Ishita avait six ans. Il est allé vivre avec une autre femme. Le père d’Ishita est un fonctionnaire. Il s’est montré insensible vis-à-vis de sa fille. Jamais il n’est venu la voir, jamais il n’a pris de ses nouvelles, jamais il ne lui a téléphoné le jour de son anniversaire ou à l’occasion des fêtes du Nouvel An. Nous vivons dans des conditions modestes. Pour subvenir aux besoins de ma fille, je travaille comme femme de ménage chez plusieurs familles. Comme elle s’est rendu compte de mes faibles revenus, ma fille ne m’a jamais demandé un téléphone portable, même quand elle a entamé son SC et que toutes ses camarades avaient fort probablement chacune un smartphone. Elle est mon unique enfant. Elle est ma raison de vivre. C’est volontairement que j’ai consenti à faire des sacrifices pour lui offrir un smartphone », déclare cette mère avec une voix remplie d’émotions.

Joie éphémère

Après beaucoup de sacrifices, Matee a décidé d’offrir un téléphone portable à sa fille. Le 13 octobre dernier, elle s’est rendue chez un revendeur à Port-Louis. On lui a proposé un smartphone à Rs 9 000 qu’elle a acheté à crédit. Dès le lendemain, l’appareil a commencé à surchauffer, à tel point qu’il était impossible de tenir l’appareil entre les mains pour l’utiliser. Matee est retournée au magasin où on lui a demandé de déposer le téléphone afin qu’il soit envoyé à l’agence concernée à des fins de réparation. Après deux jours, le magasin lui a téléphoné pour lui dire que la réparation avait été faite. Mais après une semaine, le problème s’est répété.

Dans le premier rapport remis par l’agence, il est mentionné, « Fault reported : overheat ». Dans le deuxième rapport, il est écrit, « Fault reported : mobile heats too much ». Matee fait ressortir que le smartphone « bouillant » n’a pas été échangé. « Vous imaginez ma déception et celle de ma fille. J’ai voulu lui offrir son premier téléphone, mais j’ai été très mal inspirée de me rendre chez ce revendeur, pourtant très fréquenté, pour acheter un appareil qui ressemble plus à un truc chauffant qu’à un téléphone portable. Comment attraper un appareil aussi chaud et le porter à son oreille ? Au final, j’ai offert à ma fille un cadeau empoisonné, un truc qu’elle ne peut pas utiliser », déplore Matee, les larmes aux yeux.

Ce qui agace encore cette mère, c’est que le revendeur semble décliner toute responsabilité dans cette affaire. « J’ai l’impression que le magasin me fait comprendre d’aller me débrouiller moi-même avec l’agence, et que ce n’est pas de son ressort », déclare-t-elle.

Rs 9 000 : c’est presque son salaire d’un mois. Matee multiplie ainsi les démarches pour avoir un autre téléphone de la part du revendeur. Pour le faire, elle a cherché l’aide de la rédaction qui s’est entretenue avec le service après-vente concerné et la Senior Inspector de la Consumer Affairs Unit, Amita Gunesh. « Si le produit n’est pas bon, le commerçant est tenu de le remplacer », a déclaré la Senior Inspector. Autre chose sur laquelle elle a insisté est que le/la client(e) doit toujours exiger un rapport technique quand il/elle retourne le produit défectueux au magasin. Car ce rapport peut être d’une grande utilité pour sa réclamation. Sur ce, comme elle ne l’avait pas encore fait, elle a invité la dame à appeler la Consumer Affairs Unit sur le 206 8070 ou sinon sur sa hotline sur le 185.

 

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