Faits Divers

Procès à Rajesh Sharma Nobin accusé d’avoir brûlé vive son épouse : la cour accède à la conversation entre la victime et sa mère

Sitadevi Sonea avait pu parler à sa fille, Nalini Nobin, avant que cette dernière ne succombe à ses brûlures. Cette conversation entre elles a fait l’objet d’une objection de la défense. Le mercredi 26 février, la cour intermédiaire a statué à l’admissibilité de la conversation entre mère et fille. C’est dans le cadre du procès intenté à Rajesh Sharma Nobin poursuivi pour avoir brûlé son épouse, le 5 mars 2014.  

Rajesh Sharma Nobin, un habitant de Cassis, est poursuivi devant la cour intermédiaire pour coups et blessures ayant causé mort d’homme sans intention de tuer. Selon l’acte d’accusation, il est reproché à cet homme de 54 ans d’avoir causé la mort de son épouse, Nalini Nobin, âgée de 41 ans au moment des faits. Le drame remonte au 5 mars 2014 à leur domicile à Cassis. La victime a succombé à ses brûlures le 1er avril 2014. L’autopsie pratiquée par le chef du département médico-légal, le Dr Sudesh Kumar Gungadin, et le Dr Prem Chamane, a attribué le décès de Nalini Nobin à une embolie pulmonaire.

En cour, l’accusé a plaidé non coupable. Il est défendu par Me Rama Valayden. La poursuite est assurée par Me Rajkumar Baungally, assistant du Directeur des Poursuites Publiques (DPP).

Appelée à la barre des témoins, Sitadevi Sonea, la mère de Nalini Nobin, est la première personne à avoir porté secours à sa fille le jour du drame. Elle est revenue sur ce jour fatidique. Sitadevi Sonea a déclaré en cour qu’elle tient un snack au rez-de-chaussée de la maison de sa fille quand elle a entendu les cris de détresse de celle-ci. Elle dit s’être immédiatement précipitée chez elle. Nalini était en sanglots avec des brûlures sur le corps, plus particulièrement au visage, à la tête, au cou et aux bras. Elle était sous la douche. Quant à l’époux, Rajesh Sharma Nobin, dit-elle, il se trouvait dans la pièce voisine. Elle dit qu’elle a voulu savoir ce qui s’était passé et a ainsi interrogé sa fille. 

«Alibi de l’époux»

C’est alors que Me Rama Valayden a logé une objection, arguant que la conversation qu’il y a eu entre la mère et la fille ne relève que du « hearsay» et que ce n’est pas la déclaration d’une mourante (Dying Statement). Me Rama Valayden a ajouté que cela serait « préjudiciable » à son client. Aussi, ce serait priver son client de ses droits en vertu de l’article 10 de la Constitution.

Me Rajkumar Baungally est d’un avis contraire. Pour lui, la conversation entre la mère et la fille constitue une preuve entourant le drame (res gestae evidence). Car, le prévenu a invoqué un alibi au moment des faits. La cour est alors revenue sur la déclaration du prévenu à la police. L’époux a relaté que le jour du drame, son épouse préparait des nouilles quand il est sorti en compagnie de sa benjamine. C’est à son retour à la maison qu’il a découvert sa femme enveloppée d’un drap et d’une serviette en train de descendre les escaliers en compagnie de sa mère. Il a aussi dit avoir emmené son épouse et sa belle-mère à l’hôpital Victoria, Candos.

Ainsi, après avoir écouté les arguments des deux parties, la magistrate Niroshini Ramsoodar a accepté que la mère puisse expliquer ce que lui avait dit sa fille au moment du drame. « This Court is of opinion that the mother-daughter conversation is admissible evidence as part of res gestae… »

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