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Procès pour torture : Iqbal Toofanny n’avait aucune blessure à son arrivée au poste

Iqbal Toofanny Iqbal Toofanny n’a pu expliquer la présence d’outils dans sa voiture.

Deux témoins ont confirmé qu’Iqbal Toofanny ne portait aucune trace de blessure à son arrivée au poste de police de Rivière-Noire, dans la nuit du 1er au 2 mars 2015. Cela, dans le cadre du procès intenté au sergent Vikash Persand et aux constables Ghislain Marie Ronny Vincent Gaiqui, Jean-François Numa et Joshan Raggoo. Ils sont poursuivis pour torture.

Le procès intenté au sergent Vikash Persand et aux constables Ghislain Marie Ronny Vincent Gaiqui, Jean-François Numa et Joshan Raggoo s’est poursuivi en cour intermédiaire, le jeudi 21 mars, devant la magistrate Niroshini Ramsoondar. Ils sont poursuivis pour « torture by public official ». Ils plaident non coupable.

Trois témoins ont été appelés à la barre. L’ex-constable Jean François Fidèle et le constable Marianne ont confirmé qu’Iqbal Toofanny ne portait aucune blessure à son arrivée au poste de police de Rivière-Noire dans la nuit du 1er mars au 2 mars 2015. L’ex-constable Jean François Fidèle faisait partie de l’équipe d’Emergency Response Service (ERS) qui avait stoppé la voiture conduite par Iqbal Toofanny lors d’une opération de ‘stop and search’ à La-Balise. L’équipe de l’ERS comprenait trois constables. La voiture de la victime était la troisième qu’ils avaient stoppée pour vérification. C’était vers 00h55.

Selon Jean François Fidèle, Iqbal Toofanny avait produit une copie de son permis de conduire à la demande des policiers. Après vérification, les officiers ont remarqué que la vignette d’assurance ne correspondait pas à la plaque d’immatriculation du véhicule. Le témoin a déclaré qu’Iqbal Toofanny n’a pu fournir d’explications valables à cette anomalie. Les officiers ont alors dressé une contravention.

Par la suite, les policiers ont mené une fouille corporelle sur Iqbal Toofanny. « There was no visible mark of violence, li ti normal  », dit le témoin. Puis, les officiers ont saisi un tournevis et une lame de sa poche. Iqbal Toofanny n’a pu expliquer la présence de ces outils sur lui. La police a également retrouvé une sacoche après une fouille effectuée dans la voiture conduite par le suspect. La sacoche contenait un tournevis, une paire de chaussettes, un gant, des sous, des cigarettes. Des copies de permis de conduire sous deux noms différents ont également été trouvées dans la sacoche. La photo d’Iqbal Toofanny figurait sur les deux permis.

Recrudescence de vols de voitures

Le témoin Jean François Fidèle souligne qu’ils ont emmené Iqbal Toofanny au poste de police de Rivière-Noire pour une vérification de son identité, de son adresse et pour certifier qui est le propriétaire de la voiture. L’ex-constable dit avoir remis Iqbal Toofanny au feu constable Johny Laboudeuse vers 2h du matin, le 2 mars 2015.  Feu Johny Laboudeuse effectuait le ‘last shift’ dans le bureau de la Criminal Investigation Division (CID) de Rivière-Noire. Vu la recrudescence de vols de voitures en cette période, Jean François Fidèle affirme que la CID était plus apte à interroger Iqbal Toofanny.

Le constable Marianne, affecté comme ‘station orderly’ au poste de Rivière-Noire, dans la nuit du 1er au 2 mars 2015, était présent à l’arrivée d’Iqbal Toofanny, accompagné des officiers de l’ERS. Il a aussi confirmé qu’Iqbal Toofanny ne portait pas de blessure.

Le constable Marianne dit avoir contacté feu Johny Laboudeuse après avoir soupçonné Iqbal Toofanny de vol. Cela au vu des articles retrouvés dans la voiture. Selon le constable, plusieurs officiers de la CID de Rivière-Noire sont arrivés au poste et ont emmené Iqbal Toofanny dans leur bureau à l’étage. C’est le lendemain qu’il a appris que ce dernier est décédé. Il déclare que c’est le 2 mars 2015, quand il a repris son poste, qu’il a remarqué une entrée insérée dans l’ « Occurrence Book » pour ‘rogue and vagabond’ à l’égard d’Iqbal Toofanny.

Le procès a été ajourné au 7 mai 2019. Les cinq policiers sont défendus par les Me Gavin Glover, Senior Counsel, Ludovic Balancy et Nabil Moolna. La poursuite est menée par Me Azam Neerooa, assistant Directeur des poursuites publiques (DPP), assisté par les Mes Roshan Santokhee, Principal State Counsel, Damodarsingh Bissessur, State Counsel et Pamela Veerabadran- Mudaliar, State Counsel.