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Problème de transport : le calvaire de Jason, autiste, pour se rendre à l’école

enfant Préposé du ministère de l’Éducation a promis d’aider le petit.

Jason (prénom modifié) est un petit garçon autiste âgé de 8 ans. Depuis cette année, l’enfant a beaucoup de difficultés pour se rendre à l’école. Sa mère s’est adressée à la rédaction.

Jotee, la maman de Jason, tous deux habitants de la région de Poste-de-Flacq, sont dans un dilemme. « L’école que fréquente mon fils (qui est autiste) refuse de faire le trajet de transport de la maison à l’école et retour. Ils disent que ce n’est pas possible de déranger un véhicule pour un seul élève », relate la mère confuse.

Jason fréquente une école spécialisée à Bonne-Mère depuis 2015. Au début, Jotee allait déposer son fils et attendait dans le jardin de l’établissement pendant six heures avant de le récupérer et rentrer à la maison.

« En 2018, la direction de l’établissement m’avait référé les services d’un chauffeur de taxi, sauf qu’à partir de cette année, les négociations ont échoué. Le chauffeur en question refuse de conduire mon fils à l’école. Il m’a dit : Mo fer defet ek ou », explique Jotee.

Des ministères consultés en vain

Ne sachant plus quoi faire, selon ses dires, la mère s’est tournée à plusieurs reprises vers le ministère de l’Éducation. « La dernière fois que je me suis rendue au ministère, c’était en 2017. Cinq officiers, dont deux femmes, avaient écouté mon problème et m’ont dit qu’ils feraient le nécessaire et reviendraient vers moi, mais je n’ai jamais eu un retour de leur part » N’ayant toujours pas de solution, la mère s’est tournée vers le ministère de la Sécurité sociale. « J’ai pris mon fils avec moi pour leur montrer ma situation, preuve à l’appui.

Quand je suis arrivée là-bas, un officier de la Sécurité sociale a appelé le ministère de l’Éducation et j’ai pu parler à une dame. J’ai demandé à cet officier si je pouvais venir au ministère de l’Éducation à Port-Louis, mais la dame m’a répondu qu’il fallait obtenir un rendez-vous au préalable. Je lui ai donc réclamé un rendez-vous et elle m’a dit qu’elle me confirmerait la date, mais elle ne l’a jamais fait », déplore Jotee désespérée. « Mo dekouraze e santi mwa mal kan mo mazinn sitiasyon mo garson. Mo gayn boukou sagrin » dit-elle.

Depuis, le petit Jason se rend à l’école rarement à cause de cette situation.


Allocation sociale insuffisante

Jotee avoue qu’elle reçoit une allocation sociale pour assurer les frais de transport de son fils. « Sauf que cette somme n’est pas suffisante. L’allocation ne dépasse jamais Rs 1 000 mensuellement. Le transport de Jason me coûte Rs 2 200 en moyenne en mois: cet argent ne suffit vraiment. Depuis que l’ancien chauffeur de taxi a refusé d’emmener mon fils, je vais déposer Jason en bus. Mo fatige fer li monte e desann dan biss. Mo pe rant dan laz mwa osi», lâche la maman anéantie.


Indisponibilité

La rédaction a tenté de prendre contact avec l’établissement scolaire en question, mais aucun membre du personnel n’était disponible pour donner plus d’informations. Au niveau du ministère de la Sécurité sociale, un préposé demande à Jotee de venir à sa rencontre à la Disability Unit. «  Cette section s’occupe de tous les enfants qui ont un handicap ou une autre maladie. Elle essaie de leur venir en aide au maximum », souligne l’officier.


Resource Centre

Deenesh Seeharry, attaché de presse au ministère de l’Éducation a aussi été sollicité. « Au ministère de l’Éducation, nous avons des Resource centres qui prennent en charge des enfants en situation de handicap. Des facilités de transport sont offertes. Le ministère prône l’éducation des enfants en situation de handicap et se bat pour que toutes les chances leur soient présentées, comme à un enfant fréquentant un établissement normal », insiste Deenesh Seeharry. Il a pris les coordonnées de la mère et a promis de faire le nécessaire. « Je vais essayer de faciliter les choses pour cette mère en inscrivant Jason au Resource Centre de Flacq ».

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