Prêts toxiques : plus de Rs 14 milliards rayées à la SBM entre 2014 et 2024, révèle Ramgoolam
Par
Haarisah Peerallee
Par
Haarisah Peerallee
Plus de Rs 14 milliards de prêts toxiques ont été rayés à la State Bank of Mauritius (SBM) entre 2014 et 2024, contre un peu plus d’un milliard pour la période 2004-2013. Ce chiffre a été communiqué par le Premier ministre, Navin Ramgoolam, au Parlement, en réponse à une question du député Roshan Jhummun lors de la Prime Minister’s Question Time (PMQT), ce mardi 21 avril.
Dans sa réponse, le chef du gouvernement a indiqué qu’environ Rs 2,6 milliards ont déjà été récupérées. Des démarches sont en cours pour recouvrer les montants restants. Selon Navin Ramgoolam, les prêts toxiques entre 2014 et 2024 se sont multipliés par plus de dix, révélant de graves manquements aux principes bancaires, ainsi qu’une défaillance dans le suivi des actifs, la gestion des risques et les contrôles internes. Il affirme qu’il ne s’agirait pas d’une simple défaillance systémique, mais d’une action délibérée visant à dilapider les actifs de la banque.
Il évoque notamment un prêt de Rs 1,4 milliard lié à Dhyanavartam Ltd, l’opérateur de l’hôtel Maradiva Villas Resort & Spa, alors que l’entreprise faisait déjà face à des difficultés financières, ainsi qu’une facilité de Rs 470 millions accordée en 2024, à la veille des élections, sans approbation du comité de crédit. Navin Ramgoolam souligne qu’une enquête est en cours à la Financial Crimes Commission.
Le Premier ministre cite aussi des prêts accordés à trois groupes étrangers, notamment NMC Healthcare, Pabari Group et Renish Petrochem FZE, représentant à eux seuls près de Rs 9 milliards sur les Rs 14 milliards octroyés. « C’est ce que le régime MSM a fait à la SBM, avec le soutien de ses complices à la Banque de Maurice. Il faut se demander où était la responsabilité de supervision de la Banque de Maurice », a déclaré Navin Ramgoolam. Il affirme qu’à partir de janvier 2025, la situation à la SBM s’est améliorée et que la banque a fait preuve de résilience malgré les événements passés.
Des enquêtes internes se poursuivent, avec des équipes spéciales et des consultants externes mobilisés, a-t-il ajouté. Le gouvernement assure vouloir récupérer les fonds et renforcer la gouvernance du secteur bancaire.