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Prêts toxiques de l’ex-MPCB : l’examen des comptes bancaires de Rooplall Beerjeraz autorisé par la Cour suprême

Il est un grand propriétaire de terres obtenues en héritage de son père.

Un Judge’s Order a été obtenu par l’équipe de l’adjoint au commissaire de police, Heman Jangi pour procéder à la vérification des comptes de l’homme d’affaires dans les différentes banques basées à Maurice. Outre un prêt de Rs 125 millions, il avait obtenu un second emprunt  de Rs 40 millions qui s’est volatilisé.

Le Central Criminal Investigation Department (CCID) a finalement obtenu un ordre d’un juge en Chambre pour passer à la loupe les comptes de l’homme d’affaires, Rooplall Beerjeraz auprès des différentes banques installées à Maurice. Grand propriétaire de terres obtenues en héritage de son père, il fait l’objet de deux enquêtes distinctes menées par l’Independent Commission Against Corruption (ICAC) et les Casernes centrales relativement aux prêts toxiques accordés par la défunte Mauritius Post and Cooperative Bank (MPCB) à des proches de l’ancien gouvernement travailliste. 

Disparu de la circulation après avoir obtenu un « variation order » de la justice pour pouvoir suivre des traitements médicaux à La Réunion il y a un peu plus de trois ans, Roopal Beerjeraz se la coulerait douce dans un pays du Sud-Est asiatique. Il est reproché au quinquagénaire d’avoir obtenu, entre autres, un prêt de Rs 40 millions de la MPCB voilà huit ans à travers des garanties fictives. Il n’a pas non plus remboursé cet argent qui devait être investi dans une société spécialisée dans l’immobilier, confirmant la note initiale de l’ancienne Head of Risk Management de la banque, Sunita Gayetree Acharuz-Sawoky, qu’il était un client à problème. 

Entendue le mois dernier dans l’affaire des Rs 40 millions, l’actuelle Head of Operational Risk Management de la MauBank - qui a été créée en remplacement de la MPCB - a concédé avoir quand même donné son feu vert pour que cette transaction soit validée. Dans une évaluation transmise à la « Credit Underwriting Team » de la MPCB, elle avait mis en avant que Rooplall Beerjeraz avait déjà bénéficié d’un prêt de Rs 125 millions de ce même établissement pour développer des parcelles de terre de son défunt père.

Ce projet ne décollait pas et il y avait une inscription de Rs 1,9 million de l’État sur ces terres. Rooplall Beejeraz était aussi, à ce moment-là, en litige avec la Mauritius Commercial Bank (MCB) relative à une ardoise de Rs 3,8 millions. Bien qu’il se présentait comme étant plein aux as, il n’arrivait pas à prouver à la banque que ses revenus mensuels étaient d’un montant de Rs 400 000. Il avait sollicité le prêt de Rs 40 millions à travers l’une de ses sociétés, R. Beerjeraz Investment, qui avait été fondée quelques semaines plus tôt. L’argent devait être injecté dans Gapwedge qui allait s’associer avec une sucrerie pour des projets immobiliers à fortes valeurs ajoutées. 

Le retour sur l’investissement devait être conséquent selon Sunita Gayetree Acharuz-Sawoky. L’ICAC a, cependant, découvert que l’argent n’a jamais été placé dans Gapwedge qui, elle, n’a été incorporée que 24 heures plus tard après son décaissement. D’anciens dirigeants de l’ex-MPCB, notamment le General Manager, Thondrayen Pavaday, seront bientôt entendus. Celui-ci avait été forcé à la démission au lendemain des élections générales de décembre 2014 après des révélations de Radio Plus quant à ses accointances avec l’homme d’affaires, Rakesh Gooljaury.

L’ex-homme de confiance de l’ancien, Premier ministre Navin Ramgoolam et l'ex-partenaires en affaires de la maîtresse de celui-ci, Nandanee Soornack sera lui aussi entendu par la Commission anticorruption pour des prêts toxiques de Rs 509 millions qui lui ont été offerts par l’ex-MPCB alors que les garanties étaient pour le moins bancales. Ce qui verra ainsi la convocation de Rajiv Beeharry-Panray, l’ancien Chief Executive Officer de l’ex-MPCB qui est le compagnon de la cousine germaine de Navin Ramgoolam. 

Si l’ex-MPCB a fait faillite, c’est parce qu’elle a avancé des prêts toxiques évalués à Rs 1,7 milliard à 16 entités et individus, parfois sans aucune garantie en contrepartie, d’après un audit du cabinet Ernst & Young. Au lendemain de l’élection de l’Alliance Lepep, l’ancien ministre des Finances, Vishnu Lutchmeenaraidoo avait expliqué comment cette banque avait été saignée au profit des proches de l’ancien gouvernement entre 2005 à 2014. 

 

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