Près 1 000 cas de chikungunya à Maurice : la mairie de Beau-Bassin/Rose-Hill et la Santé haussent le ton
Par
Jean-Marie St Cyr
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Jean-Marie St Cyr
Malgré les interventions conjuguées du ministère de la Santé et de la mairie de Beau-Bassin/Rose-Hill, le chikungunya continue de progresser dans la région. 977 cas ont été recensés en moins de quatre mois dansle pays, dont plus de 70 % dans la région de Rose-Hill.
La situation du chikungunya reste préoccupante à Rose-Hill et ses environs. Plusieurs mesures ont été mises en place par le ministère de la Santé et la mairie, avec le soutien du ministère de l’Environnement, de Maurifacilities et de la police pour les opérations de traitement des larves. Cependant, l’épidémie continue de progresser, selon le Dr Fazil Khodabocus.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. « Nous venons d’entamer le quatrième mois de 2026 et 977 cas ont déjà été enregistrés, alors que pour toute l’année 2025, 1 583 cas avaient été rapportés », fait-il remarquer. Avec une moyenne de 30 à 40 nouveaux cas recensés quotidiennement ces derniers jours, le seuil des 1 000 cas devrait être franchi dès ce mercredi. Une perspective d’autant plus préoccupante qu’avril marque généralement le pic de l’épidémie.
Face à cette progression, une nouvelle rencontre entre des représentants du ministère de la Santé et les responsables de la mairie de Beau-Bassin/Rose-Hill est prévue ce mercredi 8 avril afin de passer en revue la situation. Une visite sur le terrain n’est pas à exclure pour identifier les éventuels manquements et y remédier au plus vite.
Sur le front municipal, la mairie des villes sœurs a franchi un cap supplémentaire en publiant un communiqué enjoignant les propriétaires de terrains vagues et de bâtiments laissés à l’abandon d’assumer leurs responsabilités. Ces derniers disposent d’un délai de 15 jours suivant la publication du communiqué en date du 27 mars pour procéder au nettoyage, sous peine d’une amende de Rs 25 000.
Le communiqué précise également que si la mairie devait intervenir pour des raisons sanitaires ou sécuritaires, des actions légales seraient entreprises en vertu des articles 61(9) et (10) de la Local Government Act 2011, afin de lui permettre de récupérer les frais engagés.
Dans une déclaration au Défi Media Group, la mairesse Gabriella Batour a réaffirmé l’engagement de la municipalité à limiter au maximum les risques de propagation. Pour ce faire, la mairie utilise les moyens disponibles, notamment la distribution de répulsifs anti-moustiques fournis par le ministère lors des campagnes de sensibilisation dans les différentes régions. « Il est essentiel de redoubler d’efforts, tant au niveau des services municipaux que des citoyens, car cette lutte ne pourra être menée efficacement qu’avec la collaboration et la responsabilité de tous », a-t-elle déclaré.
Sur la question du délai imparti pour le nettoyage, elle a rappelé le cadre légal en vigueur : « Tout propriétaire ou occupant est tenu de procéder au nettoyage de son terrain dans les délais prescrits. Passé ce délai, la municipalité se réserve le droit d’intervenir et des amendes pourront être infligées afin de permettre le nettoyage des lieux ». Elle a ajouté qu’en cas de non-respect persistant, la loi prévoit des mesures plus strictes, incluant des poursuites devant les juridictions compétentes.
Gabriella Batour a, par ailleurs, indiqué que la mairie collabore étroitement avec le ministère de la Santé et que 143 terrains ont d’ores et déjà été nettoyés avec les moyens disponibles. « Dans l’attente de ressources financières supplémentaires dans les jours à venir, ces actions se poursuivent afin de mieux répondre à la situation sanitaire », a-t-elle précisé.
Des campagnes de sensibilisation ont aussi été menées, dont la distribution de répulsifs anti-moustiques fournis par le ministère. « Prochainement, une campagne sonore a également été proposée afin d’être diffusée à travers toute la ville, dans le but de renforcer la prise de conscience collective et d’encourager la mobilisation de tous », a-t-elle ajouté.
Le pays comptait 977 cas de chikungunya depuis le début de l’année, dont 105 cas actifs au moment de notre entretien le mardi 7 avril avec le Dr Fazil Khodabocus, directeur par intérim des services de santé. « Nous devons continuer à prendre des précautions pour combattre la prolifération des moustiques et prévenir les gîtes larvaires », a-t-il souligné. Il a rappelé qu’une hausse des cas est habituellement observée en avril, période de transition entre l’été et l’hiver, favorisée par des pluies intermittentes. Un phénomène déjà perceptible avec les récentes averses.
Si aucun décès lié à l’épidémie n’a été enregistré à ce jour, le Dr Khodabocus averti que des complications restent possibles, notamment chez les personnes ayant des antécédents médicaux. Il a aussi attiré l’attention sur des cas de transmission de mère à enfant recensés chez certaines femmes enceintes, les appelant à redoubler de vigilance pour éviter les piqûres de moustiques. Il recommande l’utilisation de produits répulsifs, le nettoyage de l’environnement immédiat, la bonne couverture des réservoirs d’eau ainsi que le nettoyage régulier des gouttières. Géographiquement, 70 à 80 % des cas sont concentrés dans la région de Rose-Hill et ses localités périphériques. Des cas ont toutefois également été enregistrés aux alentours de Quatre-Bornes, notamment à Bassin, Berthaud, Palma et St-Jean, ainsi qu’à Port-Louis et Vallée-des-Prêtres, entre autres.