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Pré-Budget : ruée sur les cigarettes, achats prudents d’alcool

Par Leena Gooraya-Poligadoo
Publié le: 18 June 2026 à 15:49
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Les cigarettes et les boissons alcoolisées figurent parmi les produits dont la probabilité de hausse des taxes est la plus élevée.

À deux jours de la présentation du Budget, la crainte d’une hausse des taxes sur les cigarettes et l’alcool pousse les consommateurs à anticiper leurs achats. Ce comportement entraîne un phénomène récurrent : les achats de précaution.

Les cigarettes et les boissons alcoolisées figurent parmi les produits dont la probabilité de hausse des taxes est la plus élevée dans le discours budgétaire. Dans les grandes surfaces comme dans les petites boutiques, les clients cherchent à constituer des stocks avant l’annonce officielle, ce qui provoque une pression inhabituelle sur les rayons et les chaînes d’approvisionnement.

Cigarettes : forte hausse des ventes

Dans les superettes Masters Express, la tendance est particulièrement marquée sur le segment des cigarettes. Selon le secrétaire général de l’enseigne, Uttam Sumaroo, les ventes ont bondi d’environ 80 % ces derniers jours. « Les stocks s’épuisent en raison d’une forte demande », explique-t-il.

Du côté des grandes surfaces Intermart, le constat est similaire. Le PDG Ignace Lam évoque que chaque année, à l’approche du Budget, une hausse significative des ventes de cigarettes est observée. Cette année encore, c’est le cas. « Nous constatons une augmentation progressive de la demande », dit-il. Toutefois, il affirme que les distributeurs ont du mal à suivre le rythme, en raison de quotas de livraison imposés en amont. « Nous vendons bien au-delà du niveau d’une période normale, mais nous dépendons entièrement des volumes livrés », ajoute-t-il.

Contrairement aux cigarettes et à l’alcool, les ventes de gaz ménager ne connaîssent pas de variation significative à l’approche du Budget. 

Dans les petites boutiques, la situation est encore plus tendue. Sutcheedanand Dussoye, porte-parole de la Shop Owners Association, évoque une pénurie. Il avance qu’il reçoit beaucoup moins de cartons que d’habitude. « Je commande environ 30 paquets par semaine pour certaines marques, mais je n’en reçois que dix », confie-t-il. Cette rareté crée des tensions avec les clients. « Les clients pensent que nous bloquons les produits, mais le problème vient de la distribution », insiste-t-il.

Alcool : tendance nuancée

Du côté des boissons alcoolisées, la tendance est plus nuancée, mais reste orientée à la hausse dans certaines enseignes. Chez Masters Express, une augmentation des ventes de 10 % à 15 % est observée par rapport à une période normale. Le secrétaire général de l’enseigne, Uttam Sumaroo, précise qu’il s’agit d’un comportement récurrent à l’approche du Budget, où les consommateurs anticipent d’éventuelles hausses de taxes.

Dans les grandes surfaces Intermart, la situation apparaît plus stable. Le directeur général, Ignace Lam, parle d’un « business as usual », estimant que les achats restent limités. « Les clients achètent une ou deux bouteilles, mais il n’y a pas de constitution de stocks importants », souligne-t-il. Selon lui, l’alcool ne se prête pas à un stockage massif.

Dans les petites boutiques, la tendance est même à la baisse. Sutcheedanand Dussoye explique que le pouvoir d’achat des consommateurs influence fortement les habitudes. « Avec la hausse du coût de la vie, les clients privilégient les produits essentiels comme l’alimentation », indique-t-il.

Vente de gaz ménager : « Business as usual »

Contrairement aux produits sensibles comme les cigarettes et l’alcool, le gaz ménager ne connaît pas de variation significative des ventes à l’approche du Budget. Selon Bhim Sunnassee, président de la Petrol Retailers Association, le comportement des consommateurs reste rationnel et prévisible. « Un ménage dispose généralement d’une ou deux bonbonnes et n’achète une nouvelle que lorsqu’elle est vide », explique-t-il. Il est peu probable pour les consommateurs de remplacer leurs bonbonnes à la veille d’une éventuelle hausse des prix, surtout lorsque celles-ci sont encore pleines. « Ils ne peuvent pas stocker », fait-il observer.

Il note une stabilité inhabituelle des ventes en cette période hivernale, traditionnellement plus dynamique. « Normalement, la demande augmente en hiver, mais cette année, elle reste comparable à celle de l’été. »

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