Pravind Jugnauth : « Zordi la population pe trouver avec ki lespri malefik sa gouvernement-la inn prezante sa budget-la »
Par
Shaïmaa Kurmally
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Shaïmaa Kurmally
Lors d’une conférence de presse tenue ce mercredi, l’ancien Premier ministre, Pravind Jugnauth, est revenu longuement sur le Budget 2026-2027 présenté par le chef du gouvernement et ministre des Finances, Navin Ramgoolam, le 19 juin dernier.
Il a vivement critiqué plusieurs mesures, en particulier la réforme de la pension.
« Enn gouvernment sans direction, sans leker et san fwa la, zot fer plis pire... abolition pension... Li clair pou sa gouvernment-la ki nou bane grand dimounn enn fardo pou zot », a-t-il déclaré.
Selon lui, en écoutant le Budget la semaine dernière, fort de son expérience d’ancien Premier ministre, il savait que le gouvernement devrait « reculer » sur cette réforme majeure, « chose faite lundi ». Il a également dénoncé « le manque de clarté autour du système de pension, notamment le ‘means test’ », les critères d’éligibilité, ainsi que le sort des veuves et des personnes en situation de handicap. Il a souligné qu’à ce jour, personne ne sait encore clairement comment le système sera appliqué, malgré le gel du « means test ».
Pravind Jugnauth a accusé le gouvernement d’amateurisme et de gestion confuse, rappelant qu’un Premier ministre a lui-même dû revenir sur une mesure phare deux jours après son annonce. Il a aussi évoqué des déclarations du ministre Ashok Subron, affirmant que certaines réformes seraient « définitives » et donc impossibles à modifier à l’avenir par un autre gouvernement. Pour le leader du MSM, il s’agit de quelque chose de très grave. Il a également mis en garde contre une montée de la peur et du stress dans la population.
« Zordi la population pe trouver avec ki lespri malefik sa gouvernement-la inn prezante sa budget-la », a-t-il déclaré.
Sur le plan politique, il a estimé qu’en période électorale, Navin Ramgoolam avait laissé entendre qu’il disposait d’une équipe « formidable » pour gérer le pays, mais que la situation actuelle montre, selon lui, une réalité différente.
Sur le plan économique, le leader du MSM a critiqué la hausse du coût de la vie : carburant, pain, gaz, électricité, assurances et crédits, entre autres. Il a dénoncé l’augmentation générale des prix des produits du quotidien, soulignant que désormais, tous les achats vendus dans des bouteilles en plastique, qu’il s’agisse de produits ménagers ou de denrées alimentaires comme le lait ou le liquide vaisselle, coûteront plus cher. Il a également évoqué la hausse des produits contenant du sucre.
L’ancien chef du gouvernement a aussi ironisé sur le fait que la bière et le vin coûteraient désormais moins cher qu’une brique de jus, la taxe de 10 % sur l’alcool ne s’appliquant pas à ces deux produits, ce qui enverrait un mauvais signal à la population, selon lui.
« Tousala akoz bane incompétents », a-t-il conclu.
Texte : Shaïmaa Kurmally