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Pradeep Soorjee : le Gentleman Driver

Pradeep Soorjee Pradeep Soorjee est fier d’avoir pu s’occuper de l’éducation de son fils qui est ingénieur électronique et de sa fille qui travaille dans une compagnie d’aviation.

Pradeep Soorjee, qui est chauffeur de taxi depuis 35 ans, est quelqu’un qu’on ne présente plus à La Caverne, Vacoas. Ses armes pour durer dans ce métier : respect, courtoisie et patience. Pleins feux sur un Gentleman Driver qui en a sous le capot…

À La Caverne, Vacoas, l’absence d’un Taxi Stand complique la vie des chauffeurs, qui ont du mal à trouver un endroit pour garer leurs voitures. Fort heureusement, des propriétaires de magasin les autorisent à se garer devant leur commerce. Cela fait des années que les chauffeurs de taxi multiplient les démarches auprès des autorités pour convertir en aire de stationnement une portion de terrain située au commencement de la route St-Paul. « Mais ce ne sera pas pour demain », laisse-t-on entendre.

En attendant, ils continuent de garer leurs voitures là où le vent les mène. Avec ce problème de parking, ils doivent aussi composer avec la concurrence qui s’intensifie de jour en jour et avec la baisse du nombre de clients. C’est dans ces conditions que travaille Pradeep Soorjee depuis ces 35 dernières années. Il reste convaincu que les chauffeurs de taxi auraient pu offrir un meilleur service s’ils disposaient d’un Taxi Stand.

Étant un habitué de la place, il a néanmoins pu se bâtir une réputation de fer et une bonne clientèle. Mais qui est réellement Pradeep Soorjee ? On ne le présente plus à La Caverne. Il est toujours là dans sa voiture noire à attendre des clients pour une course. Il déplore le fait que la vie d’un chauffeur de taxi devienne chaque jour un peu plus difficile. « Les gens ne voyagent plus en taxi comme avant », dit-il. Ce qui explique ses revenus irréguliers. « Il y a des jours, je peux avec un peu de chance m’en sortir avec une bonne recette. Mais il y a des jours où je n’ai aucun client. C’est cela l’inconvénient quand on travaille à son compte », confie-t-il.

Usine textile

Le chauffeur explique qu’avant d’embrasser le métier de chauffeur de taxi, il travaillait dans une société textile, en commençant avec un salaire de Rs 900 par mois. Ce qui était insuffisant pour quelqu’un qui avait une famille à nourrir, dont un enfant en bas âge. Il savait pertinemment que le seul moyen de sortir de cette passe difficile était d’avoir une seconde source de revenus. Étant déjà détenteur d’une licence de taxi, il a commencé à s’intéresser au métier de chauffeur de taxi. Il n’avait qu’à faire des démarches pour avoir une patente.

« Cette idée ne cessait de me trotter dans la tête. Je pesais le pour et le contre », poursuit-il. Entre-temps, il a obtenu sa patente de taxi et avec l’aide de sa mère, il s’est payé une voiture.  

Finalement, Pradeep Soorjee a décidé de couper la poire en deux : il a continué à travailler pour l’entreprise textile tout en opérant son taxi après les heures de travail. Pour la petite histoire, il a été promu responsable du département de la coupe avec un salaire de Rs 3 000 par mois. « Ce n’était certes pas suffisant, mais au moins c’était un revenu sûr », poursuit-il. Graduellement, il a commencé à se faire une bonne réputation. « Davantage de gens faisaient appel à moi pour des courses de mariage et d’autres sorties. J’ai finalement décidé de me lancer à mon compte », explique-t-il.

Le chauffeur indique que pour réussir dans ce domaine, il faut faire preuve de respect, de courtoisie et de patience. C’est sans doute ce qui explique pourquoi il est toujours là après 35 ans de service. Son travail lui a aussi permis de s’occuper de l’éducation de ses deux enfants. Son fils est ingénieur électronique et sa fille s’occupe du planning des pilotes à Air Mauritius. Pradeep Soorjee continue, quant à lui, à rouler son taxi, pour le plus grand plaisir de sa fidèle clientèle… 

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