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Pouvoir d’achat sous pression : quelles réponses face à une crise importée ?

Par Le Défi Quotidien
Publié le: 23 avril 2026 à 11:20
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Nita Deerpalsing, Jayen Chellum, le député Khushal Lobine, le Junior Minister Kugan Parapen, ainsi que le président de la SME Chamber, Ajay Beedassy, étaient les invités de Jane Lutchmaya.

Dans Au cœur de l’info, Jane Lutchmaya a réuni responsables politiques et acteurs de la société civile pour débattre de la baisse du pouvoir d’achat dans un contexte international tendu. Entre échanges vifs, critiques et propositions, l’émission a mis en lumière les enjeux économiques et les solutions envisagées pour les ménages.

Nita Deerpalsing, Jayen Chellum, Suttyhudeo Tengur, président de l’Association pour la protection de l’environnement et des consommateurs (APEC) le Junior Minister Kugan Parapen, le député Khushal Lobine, ainsi que le président de la SME Chamber, Ajay Beedassy, sont intervenus tour à tour pour enrichir les échanges.  En toile de fond, une crise qui dépasse largement les frontières mauriciennes. 

Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient ont ravivé les incertitudes sur les marchés internationaux, provoquant une hausse notable des prix de l’énergie. À Maurice, économie insulaire dépendante des importations, l’impact est immédiat. Le carburant, en particulier, agit comme un catalyseur. Son augmentation entraîne une réaction en chaîne : transport plus coûteux, logistique alourdie, prix à la consommation sous pression. Progressivement, c’est l’ensemble du coût de la vie qui s’en trouve affecté.

La résilience ne s’improvise pas, elle se planifie

Si certains produits de base restent, pour l’heure, relativement stables, les signaux d’alerte se multiplient. « Le pire est à venir », fait ressortir Jayen Chellum, secrétaire général de l’Association des consommateurs de l’île Maurice (ACIM). Selon lui, la crise actuelle n’en est qu’à ses prémices. Dans ce contexte, une question centrale s’impose : comment protéger le pouvoir d’achat des Mauriciens face à un choc externe sur lequel le pays a peu de contrôle ?

Il faut agir et vite

Très vite, les échanges révèlent les lignes de fracture, mais aussi des convergences sur la nécessité d’agir. Le député Khushal Lobine a proposé la mise en place d’un fonds de solidarité nationale, basé sur une contribution volontaire des décideurs politiques et des acteurs économiques. « C’est une affaire de tous », insiste-t-il, évoquant un geste à la fois symbolique et concret. 

Il suggère notamment que les membres du gouvernement versent au moins 15 % de leur salaire dans ce fonds. Celui-ci pourrait également être élargi aux grandes entreprises, dans un esprit de patriotisme et de solidarité envers les plus vulnérables.  En parallèle, il évoque aussi la possibilité de taxer les plus riches pour soutenir les citoyens les plus exposés.
Une idée qui rejoint partiellement la position de Nita Deerpalsing, favorable à une contribution accrue des plus aisés en période de crise. « On dit qu’ils continuent à faire du profit, donc une petite contribution serait justifiée », fait-elle remarquer. Mais l’analyste politique se montre sceptique quant à la gestion d’un fonds de solidarité : « Je n’ai pas confiance dans la gestion de ce fonds »

Pour elle, la priorité est ailleurs. Elle appelle à des mesures structurelles fortes, évoquant la nécessité de « réduire le nombre de ministres » et d’« éliminer des postes qui ne servent pas à grand-chose ». Elle dénonce également les dérives financières et la corruption : « Les milliards qui partent sous la table sont des milliards qui auraient pu être utilisés autrement pour l’avancement du pays ». Dans cette logique, elle insiste sur l’urgence de transparence, notamment sur les recettes fiscales : « Nous devons exiger que le gouvernement publie les comptes… Qu’allons-nous faire avec cet argent ? ».

Déséquilibre

Du côté des consommateurs, Jayen Chellum met en garde contre une approche réactive. « La résilience ne s’improvise pas, elle se planifie », affirme-t-il. Selon lui, les mécanismes actuels montrent leurs limites, notamment dans un contexte de hausse continue des prix. Il critique la formule de calcul du carburant, qui « ne tiendra plus si les prix continuent à augmenter », et pointe un déséquilibre dans la fiscalité : « Rs 7,20 sortent dans les poches des particuliers… c’est retirer de la poche gauche pour mettre dans la droite ». Tout en reconnaissant les efforts du ministère du Commerce, il appelle à « plus de transparence » et à une action plus soutenue.

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