Potentiel inexploité : Rs 2,1 Md à portée de main dans le non-hôtelier, selon AXYS

Par Christina Vilbrin
Publié le: 7 février 2026 à 13:40
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Sanjay Goolab, Navnit Seeburrun et Intesh Seebaluck.
Sanjay Goolab, Navnit Seeburrun et Intesh Seebaluck.

Le secteur de l’hébergement non hôtelier à Maurice, qui englobe principalement les villas et les maisons d’hôtes, reste largement sous-exploité malgré un potentiel économique non négligeable. D’après les estimations d’AXYS dans son « Hospitality Industry Report 2026 », une augmentation modérée de 10 % de la capacité non hôtelière, associée à une hausse de 5 % du revenu réel par visiteur, permettrait de générer jusqu’à Rs 2,1 milliards de revenus annuels additionnels.

Les données montrent un contraste frappant entre les deux segments. Alors que les hôtels affichent un taux d’occupation moyen de 84 %, le non-hôtelier plafonne à 45,6 %, révélant une capacité dormante importante pouvant être mobilisée. Autre constat : les touristes logeant hors des hôtels séjournent en moyenne 15 nuits à Maurice, contre 9,1 nuits pour les clients hôteliers. 

« Chaque roupie ajoutée aux dépenses quotidiennes d’un visiteur non hôtelier produit un effet multiplicateur de x2 sur les recettes totales. En chiffres, l’ajout de 813 chambres non hôtelières (+10 % d’inventaire) et l’amélioration du revenu par visiteur et par jour de Rs 140 suffiraient à débloquer Rs 2,1 milliards de revenus annuels supplémentaires », fait donc ressortir AXYS. 


Ces chiffres à retenir  
  • 1,44 million de touristes ont été accueillis dans le pays en 2025, avec des revenus record de Rs 103,4 milliards.
  • Les dépenses quotidiennes des touristes sont restées stagnantes depuis près de 30 ans. Alors que la dépense à long terme est d’environ 139 euros par jour, les dépenses actuelles sont tombées à 121 euros, bien en dessous de la norme historique, mais en ligne avec la baisse de la dépense moyenne mondiale par visiteur.
  • Les coûts d’hébergement des touristes sont passés de 52 % de leur budget en 2000 à près de 73 % en 2024.
  • Les hôtels ont réduit leur seuil de rentabilité en opérant avec 8,9 % de personnel en moins par rapport à 2019.
  • La MIC a déboursé environ Rs 17 milliards en dette convertible à taux fixe de 3 % à 4 %, dont le secteur hôtelier a bénéficié pour Rs 13,1 milliards.

Ce que recommande AXYS pour booster le tourisme : « Le pays doit élever l’accès aérien au rang de priorité économique nationale, en libéralisant les accords bilatéraux et en attirant davantage de transporteurs internationaux afin de faire baisser le coût des billets, actuellement parmi les plus élevés de la région. »


  • Sanjay Goolab, Managing Director chez AXYS : « La croissance du tourisme ne peut plus reposer uniquement sur la montée en gamme ou l’augmentation des flux. L’enjeu est désormais de mieux répartir la dépense touristique et d’élargir l’écosystème économique autour du visiteur. »
     
  • Navnit Seeburrun, Investment Analyst chez AXYS : « Nous estimons que les Maldives et les Seychelles ne sont pas nos concurrents directs. Leur pouvoir d’achat réel et la qualité de leur offre hôtelière évoluent dans un segment de valeur totalement différent. Notre revenu réel par visiteur reste similaire à la moyenne mondiale. En réalité, le Sri Lanka constitue un point de comparaison plus pertinent pour Maurice. » 
     
  • Intesh Seebaluck, Research Analyst chez AXYS : « Le tourisme mauricien a mûri et notre stratégie doit mûrir avec lui. Nous ne pouvons plus dépendre uniquement de la dépréciation de la roupie pour afficher de la croissance. Il est impératif de débloquer le secteur non hôtelier et de repenser notre connectivité aérienne afin d’attirer une clientèle à plus forte valeur ajoutée. »

*Ils sont tous les trois auteurs du rapport.

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