Possible épisode d'hantavirus sur un navire de croisière : ce que l'on sait
Par
Defimedia.info
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Un navire de croisière, possible foyer d'infection à hantavirus ayant fait trois morts à bord, restait lundi dans l'incertitude quant à son lieu d'accostage. Refusé au port de Praia, la capitale du Cap-Vert, il pourrait se diriger vers l'archipel espagnol des Canaries.
L'épisode présente un "faible risque" de propagation, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
Voici ce que l'on sait sur l'origine de ce possible foyer d'infection à hantavirus à bord ce navire de 107 mètres battant pavillon néerlandais, le MV Hondius, qui reliait Ushuaïa, en Argentine, à l'archipel du Cap-Vert.
Qui sont les victimes ?
C'est un passager néerlandais de 70 ans qui a le premier présenté des symptômes. Il est décédé le 11 avril à bord du navire sans que la cause de sa mort puisse être déterminée sur place, selon l'opérateur Oceanwide Expeditions.
Le 24 avril, son corps a été débarqué à Sainte-Hélène, territoire britannique de l'Atlantique sud, "accompagné par son épouse", une Néerlandaise âgée de 69 ans, qui est ensuite tombée malade, a précisé l'opérateur.
Elle a été évacuée vers l'Afrique du Sud et y est décédée à une date indéterminée dans un hôpital de Johannesburg, selon les autorités sud-africaines. Le croisiériste a appris son décès le 27 avril.
Le 2 mai, un ressortissant allemand décède à bord.
La cause de ces trois décès n'a pas encore été formellement établie, mais "des investigations approfondies sont en cours, notamment des analyses de laboratoire complémentaires et des enquêtes épidémiologiques", selon l'OMS.
Qui sont les malades ?
Quelques jours plus tôt, le 27 avril, un des passagers britanniques tombe à son tour gravement malade et est évacué vers l'Afrique du Sud. Ce patient de 69 ans est actuellement pris en charge en unité de soins intensifs à Johannesburg et se trouve "dans un état critique mais stable", selon Oceanwide Expeditions.
C'est sur ce passager qu'un variant de l'hantavirus, une maladie généralement transmise à l'homme par les rongeurs, a été confirmé.
Toutefois, aucun cas d'hantavirus n'a été officiellement confirmé chez deux autres personnes de nationalités britannique et néerlandaise - deux membres de l'équipage - présentant des symptômes et se trouvant encore à bord du navire.
Des équipes médicales sont venues à bord pour évaluer les deux personnes infectées. Elles présentent des "symptômes respiratoires aigus, légers pour l'un et sévères pour l'autre", et "tous deux ont besoin de soins médicaux urgents", selon l'opérateur.
Qui est à bord ?
Le navire n'a pas été autorisé à accoster dans le port de la capitale cap-verdienne, Praia, au large duquel il mouille. L'archipel espagnol des Canaries est "envisagé" par Oceanwide Expeditions pour débarquer les passagers.
Il y a actuellement à bord du navire 149 personnes - 88 passagers et 61 membres d’équipage - de 23 nationalités, selon le croisiériste.
Parmi les passagers, les plus nombreux sont les Britanniques (19), les Américains (17) et les Espagnols (13). Il y a également, entre autres, cinq Français.
Au sein de l'équipage, les nationalités les plus représentées sont les Philippins (38) et les Ukrainiens (5).
Le hantavirus transmissible à l'être humain ?
Les hantavirus se transmettent à l'être humain par l'intermédiaire de rongeurs sauvages infectés (souris, rats...) qui excrètent le virus par la salive, l'urine et les excréments. Une morsure, un contact avec ces rongeurs ou leurs déjections ainsi que l'inhalation de poussière contaminée peuvent provoquer une infection.
Les deux maladies les plus communes causées par une infection à hantavirus sont le syndrome pulmonaire à hantavirus (SPH), que l'on retrouve sur le continent américain, et la fièvre hémorragique avec syndrome rénal (FHSR), présente surtout en Europe et en Asie.
Il existe de nombreux types d'hantavirus, qui se distinguent par leur répartition géographique et leur tableau clinique. Selon l'Institut Pasteur, "la transmission interhumaine est rare et n'a été décrite que dans le cas d'infection par l'hantavirus Andes en Argentine", selon l'Institut Pasteur, centre de recherche français à la pointe de la lutte contre les maladies infectieuses.
L'OMS a confirmé lundi : "Le virus des Andes, présent en Amérique du Sud, est le seul hantavirus connu pour lequel une transmission interhumaine limitée entre contacts a été documentée".
AFP