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Port-Louis : Cônes déroutants, confusion sans borne 

La méthode visant à installer des cônes à certains endroits de Port-Louis aux heures de pointe pour fluidifier le trafic a fait ses preuves. Mais là où le bât blesse, c’est dans la manière dont sont placés ces séparateurs de voies : des distances irrégulières entre chaque cône, pas de panneau indiquant les horaires auxquels ils sont installés ni leur emplacement… Certains automobilistes perdent facilement le Nord. 

L’utilité première des cônes (bornes ou séparateurs de voies ; NdlR) placés temporairement entre les voies d’une route est de fluidifier le trafic aux heures de pointe. Ils permettent de guider les automobilistes sur la direction à prendre ou le tracé à suivre, comme c’est le cas dans certaines zones de Port-Louis. Or, les cônes sont parfois installés d’une telle manière qu’ils créent davantage de confusion, d’indiscipline et d’incompréhension qu’autre chose. 

Pourtant, ce dispositif utilisé par l’État, plus précisément par la Traffic Management and Road Safety Unit (TMRSU) pour réguler le trafic routier, fonctionne depuis presque une décennie entre Cassis et Grande-Rivière-Nord-Ouest (GRNO). 
Mais depuis janvier, en raison du Metro Express, certaines artères de la capitale ont été transformées en routes à sens unique, à l’instar de la rue Moka. Des cônes sont installés sur cette route aux heures de pointe. Ils sont censés orienter les véhicules sur deux des trois voies hors de Port-Louis à la sortie des bureaux et vers la capitale le matin. 

Ces déviations durent environ trois heures. En semaine, chaque jour, deux policiers circulant dans une fourgonnette descendent et installent des cônes à partir de 15 heures entre la jonction entre GRNO et La-Tour Kœnig jusqu’aux Casernes centrales. Si la stratégie en elle-même facilite le trafic, c’est la manière dont sont installés ces cônes sur certaines routes qui pose problème. Ils sont placés sur des distances irrégulières. 

Résultats des courses : ces dispositifs sont difficilement repérables quand on emprunte les routes concernées. Un automobiliste qui n’est pas au courant de la présence des bornes pourrait facilement perdre le Nord et se retrouver en sens inverse dans une voie, car il pourrait braquer son attention sur les marquages routiers. D’ailleurs, bon nombre de cônes sont renversés par des automobilistes désorientés. 

Comme si cela ne suffisait pas, il faut composer avec l’indiscipline légendaire de certains usagers de la route. Le lundi 7 septembre 2020, nous avons croisé plusieurs véhicules, surtout des motocyclistes, qui empruntaient des voies opposées pour se faufiler entre les véhicules. Sans c compter des autobus qui récupèrent des passagers aux arrêts sans pour autant se ranger dans les voies dédiées à cet effet. Si l’installation de ces cônes a prouvé son efficacité, tous ces facteurs augmentent toutefois les risques d’accident. Il y a certes des policiers postés aux intersections pour faire le trafic : La Butte, Cassis, Bell-Village et GRNO. Mais les automobilistes déplorent l’absence de panneaux indiquant la présence des cônes et les horaires auxquels ils sont placés. 

Du côté des Casernes centrales, on explique que la TMRSU a étudié la circulation avant de décider d’installer des bornes à certains endroits clés. C’est ce qu’affirme l’inspecteur Shiva Coothen du Police Press Office. Il demande néanmoins aux automobilistes d’être vigilants et de prêter attention aux instructions des policiers présents à certains endroits. « L’indiscipline est une chose, mais la présence des cônes est nécessaire », estime l’inspecteur. Pour lui, il n’y a rien de déroutant si un automobiliste fait attention aux bornes et se fie à la logique des emplacements de ces installations. 

Témoignages

Des automobilistes donnent de la voix 

• Percy, de Port-Louis : « Pa kone ki ler ek kot sa met sa bann konn la. Abriti kan ariv ant La Butte ek GRNO. Bizin met pano. »

• Maryse, de Cassis : « Li bon pe met sa pou fasilit trafik. Me ti bizin dir dan lagazet ou byen lor radio ki ler met sa. Sinon kapav kre aksidan si enn sofer pa abitye roul par isi. »

• Altaaf, de Pailles : « Sa bann born la finn mete pou fasilit trafik. Me ti bizin dir bann sofer kan, kouma, kifer e kot sa pe met sa. » 

• Lingah, de La Butte : « Bann born la li enn bon zafer. Selman pou sekirite li poz problem parski ena pa respekte ou byen pa kompran kouma pou roule. Lerla em ena aksidan. Lapolis bizin plas li byen pou ki bann sofer trouve ki ena sa lor sime. »

Fabrice Jaulim

 

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