Pollution sonore : vers un durcissement des sanctions et un renforcement des contrôles
Par
Haarisah Peerallee
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Haarisah Peerallee
Face à la recrudescence des nuisances sonores à Maurice, le ministère de l’Environnement envisage de durcir la législation en vigueur. Depuis novembre dernier, 154 contraventions ont été dressées par la police de l’environnement, un chiffre en nette hausse par rapport à 62 en 2023 et 46 en 2022, a indiqué le ministre de l’Environnement, Rajesh Bhagwan, lors d’une conférence de presse jeudi, à Port-Louis.
Il a réaffirmé la détermination de son ministère à lutter contre ce fléau qui affecte directement la santé et la qualité de vie des citoyens. « La pollution sonore provoque des dérives inacceptables et nuit à la santé », a déclaré le ministre.
Les statistiques confirment l’ampleur du problème : pour l’année 2024/2025, 31 % des plaintes enregistrées par la police de l’environnement concernent la pollution sonore, soit 269 plaintes. Parmi les 154 contraventions émises depuis novembre, 123 concernent des véhicules, 16 des nuisances de voisinage, 8 des activités industrielles et 7 des cas recensés sur les plages.
« Aujourd’hui, certains roulent avec la musique à fond, même devant les hôpitaux ou les lieux de culte. C’est inacceptable », a insisté le ministre Bhagwan, rappelant l’existence de seuils de décibels à respecter. Il a également annoncé qu’une formation spécifique des policiers est à l’étude afin de renforcer l’application de la loi sur le terrain.
Par ailleurs, une révision des sanctions est envisagée. « Nous étudions la possibilité de porter l’amende forfaitaire, actuellement de Rs 10 000, au double, voire au triple », a indiqué Rajesh Bhagwan.
La Junior Minister à l’Environnement, Joanna Bérenger, a pour sa part souligné le lien étroit entre pollution sonore et incivilité, évoquant l’introduction possible du service communautaire pour les récidivistes.
« Le service communautaire permettrait une forme de réhabilitation et de renforcement du sentiment d’appartenance. L’autre option serait de durcir davantage la loi, mais nous préférons encourager un changement de comportement durable », a-t-elle expliqué.