Politique : Jean-Claude Barbier lorgne du côté du FMP
Par
Fernando Thomas
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Fernando Thomas
Dix ans après avoir été écarté du Mouvement militant mauricien (MMM), Jean-Claude Barbier s’apprête à faire son retour sur la scène politique au sein du Fron Militan Progresis (FMP) de Paul Bérenger. L’ancien militant, qui comptait parmi les voix les plus critiques de la direction mauve après la débâcle électorale de 2014, estime que le moment est venu de tourner la page.
C’est une déclaration publique de l’ancien leader mauve qui a, selon lui, débloqué la situation. Le fait que Paul Bérenger ait reconnu ne pas avoir été pleinement informé de certaines manœuvres internes ayant visé des membres du parti constitue « un élément important ». « La vérité a finalement triomphé », affirme-t-il. Une reconnaissance qu’il juge suffisante pour amorcer une réconciliation, même s’il admet « ne pas avoir encore eu de véritable échange de fond » avec Paul Bérenger sur les événements du passé.
Il tient par ailleurs à préciser que son engagement contre la direction de l’époque « n’a jamais été motivé par une opposition personnelle à Paul Bérenger », mais par des divergences de vision et de méthode qui, selon lui, peuvent exister dans toute organisation démocratique. Mis à l’écart en 2015 après avoir dénoncé ce qu’il décrivait comme des « dysfonctionnements internes ayant contribué au déclin du parti », Jean-Claude Barbier avait pris ses distances à un moment où plusieurs militants réclamaient une remise en question des pratiques internes, au lendemain de la lourde défaite enregistrée aux élections générales de 2014.
Au-delà de la réconciliation, c’est le projet politique du FMP qui motive son retour. Pour lui, la formation représente une opportunité de « tirer les leçons du passé » et de rebâtir sur des bases nouvelles : structures modernisées, culture politique renouvelée, démocratie interne renforcée. Il pointe la déconnexion progressive des partis traditionnels de leur base militante comme l’un des maux principaux de la vie politique mauricienne, génératrice, selon lui, d’un sentiment croissant de frustration et de désengagement.
Le principal défi consiste désormais, à ses yeux, à « bâtir une structure politique capable de répondre aux attentes des nouvelles générations ». Une transformation qui passe, selon lui, par une meilleure intégration des jeunes et par l’émergence d’une nouvelle génération de dirigeants. « La politique mauricienne doit impérativement se réinventer si elle veut retrouver la confiance des citoyens », estime-t-il.
L’avenir de l’opposition, prévient-il, dépendra avant tout de sa capacité à regagner cette confiance. « Les militants se réveilleront si la nouvelle équipe est crédible et forte », affirme-t-il, tout en reconnaissant que cette confiance devra se mériter par des actes concrets.
Après plusieurs années loin des premières lignes, il assure que sa motivation reste intacte, portée par des valeurs qu’il dit inchangées : justice sociale, méritocratie, égalité des chances. Quant à ses propres ambitions, il les définit sans ambiguïté : « Pour moi, la priorité n’est pas la conquête d’un poste, mais la construction d’institutions plus démocratiques et d’une gouvernance capable de répondre aux défis du pays. »