Polémique Platinum Card : le PMO veut sa démission, la présidente résiste

Par Patrick Hilbert O commentaire
Ameenah Gurib-Fakim

La balle est dans le camp d’Ameenah Gurib-Fakim. Maintenant, il y a consensus entre le Premier ministre Pravind Jugnauth et Ivan Collendavelloo. Le signal est : vous êtes priée de démissionner, Madame la présidente !

Ce message a été envoyé à la State House, mais il revient que la principale intéressée fait de la résistance. Si Ivan Collendavelloo défendait encore, il y a quelques jours, Ameenah Gurib-Fakim, qu’il avait aidée à se hisser au rang de chef de l’État en 2015, sa position aurait changé lundi matin, lors de sa rencontre avec Pravind Jugnauth au Bâtiment du Trésor.

Mais voilà, la présidente maintient qu’elle n’a pas fauté. Oui ! Elle a eu droit à une Platinum Card de la Barclays Bank avec un plafond de Rs 1 million mise à disposition par Planet Earth Institute (PEI). Oui, elle a effectué des achats avec en 2016, quand elle était vice-présidente et Trustee de cette ONG fondée et présidée par le controversé homme d’affaires angolais Alvaro Sobrinho. Toutefois, ces achats, elle les a remboursés depuis belle lurette et en intégralité avec son argent personnel. C’est d’ailleurs ce qu’elle a expliqué, samedi soir, au ministre Mentor sir Anerood Jugnauth.

Par conséquent, une démission équivaudrait à un aveu de culpabilité. Et Ameenah Gurib-Fakim estime qu’elle n’est coupable de rien. « Tout est entre ses mains. Le souci, c’est que nul n’a suffisamment d’influence pour lui faire quitter son poste, même si tout le monde reconnait désormais qu’elle a fauté », confie un proche du dossier.

Au gouvernement, on souhaiterait que ce départ intervienne idéalement avant le 12 mars, fête des 50 ans de l’Indépendance de Maurice.  À ce moment-là, Barlen Vyapooree, actuel vice-président de la République, qui assurerait l’intérim durant les festivités.

Un refus d’abdiquer mettrait l’Hôtel du gouvernement dans l’embarras, pour plusieurs raisons. Une procédure de destitution de la présidente est en effet un exercice plutôt compliqué.

Le 1er mars dernier, le chef de file du Parti travailliste a demandé l’inscription d’une motion à l’agenda de l’Assemblée comme suit : « This House has no confidence in Her Excellency, The President of the Republique, Mrs Ameenah Gurib-Fakim, GCSK, CSK, PhD, DSc ». Cette motion pourrait être débattue à la rentrée parlementaire prévue le 27 mars.  À la tête du gouvernement, on souhaite ne pas en arriver là.

Si Shakeel Mohamed a déclaré lors du Grand Journal de Radio Plus, lundi soir, qu’il a des informations selon lesquelles la direction du MSM laisserait ses membres libres de leur choix lors de ce « vote of no confidence », nos sources affirment que le gouvernement préfèrerait régler ce problème avant le débat de cette motion.

« Le gouvernement ne peut soutenir une motion de l’opposition, il ne peut pas non plus rejeter une motion qui demande le départ de la présidente. Nous préférons éviter cette situation », confie une source.

Collendavelloo évite la presse

Le no 2 du gouvernement, dont la réaction était très attendue concernant la situation de la présidente de la République, a tout préféré éviter la presse hier lors du lancement de la première moto-école du pays à Rose-Hill.