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Polémique au Sugar Investment Trust : après la révocation de la CEO, la bataille des salaires… et de la preuve audio

Par Fernando Thomas
Publié le: 5 July 2026 à 11:30
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nishta
L’ancienne CEO estime qu’il était tout à fait légitime de solliciter une augmentation salariale.

La révocation de la CEO du SIT vire à la crise ouverte. Entre exigences salariales contestées et soupçons de manipulations audio, l’affaire secoue l’institution sur fond de graves conflits de gouvernance.

La révocation de l’ancienne CEO du Sugar Investment Trust (SIT), Nishta Jooty-Needroo, a ouvert une crise qui dépasse désormais largement le cadre administratif de l’organisme. Entre tensions de gouvernance, bataille autour des rémunérations et circulation d’un enregistrement audio controversé, le dossier s’est transformé en affaire sensible, où se croisent versions contradictoires et zones d’ombre.

Tout est parti d’une décision de révocation, mais c’est un autre élément qui a cristallisé les tensions : une bande sonore attribuée à la voix de Rigg Needroo, époux de l’ancienne dirigeante. L’enregistrement circule aujourd’hui comme un élément central du récit qui s’est construit autour des derniers mois de gestion au SIT. Sa fiabilité, elle, est désormais au cœur des débats. Lors d’une intervention médiatique, Nishta Jooty-Needroo a elle-même contesté l’authenticité de la bande sonore, évoquant la possibilité d’une manipulation. 

Dans les milieux proches du dossier, l’hypothèse d’une expertise forensique est désormais évoquée. L’objectif serait de comparer l’enregistrement à des échantillons vocaux authentifiés afin d’en confirmer – ou d’en infirmer – l’origine. Certains évoquent également la présence, dans l’enregistrement, d’un troisième interlocuteur dont l’identité reste floue, et que des échanges informels désignent sous le nom de « Judas ». « Si l’identité du fameux ‘Judas’ venait également à être établie, toute la vérité pourrait enfin être connue », affirme une source proche du dossier.

Mais la controverse audio ne constitue qu’une partie du dossier. En amont, plusieurs sources internes évoquent un « climat de tension » au sein du SIT, marqué par des divergences sur la gestion administrative, ainsi que des orientations stratégiques de l’institution. Des désaccords qui se seraient installés avant même la crise publique.

C’est dans ce contexte que s’inscrit le volet salarial. Selon des informations recueillies, l’ancienne CEO aurait sollicité une révision de sa rémunération, ainsi qu’un renouvellement de contrat de trois ans. Son package salarial, estimé à environ Rs 250 000 mensuels, aurait été accompagné d’une demande d’augmentation supplémentaire d’environ Rs 100 000. Une requête examinée dans un contexte de contraintes budgétaires fortes.

Demande « indécente »

« Cette demande aurait été perçue, en interne, comme difficilement compatible avec les impératifs de rigueur budgétaire en vigueur à ce moment-là. Après seulement une année en poste, elle sollicitait une augmentation salariale substantielle, ce qui a été jugé indécent par certains », indique une source.

Contactée, Nishta Jooty-Needroo défend une toute autre lecture, affirmant avoir toujours agi dans un cadre strictement professionnel et que sa demande de révision salariale était légitime au regard de l’évolution de ses responsabilités et de l’augmentation de sa charge de travail. « Il est normal qu’un CEO demande une révision salariale. C’était une demande classique et pleinement justifiée », a-t-elle déclaré publiquement. Dans le même temps, elle estime avoir été traitée différemment de certains de ses prédécesseurs, qui, selon elle, auraient bénéficié de conditions et d’avantages plus favorables.

Dans ce face-à-face de récits, chacun avance ses éléments, ses sources et ses interprétations. Reste une affaire dont les contours exacts continuent de se dessiner, entre gestion institutionnelle, conflits internes et bataille autour de la preuve.

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