Société

PME: ouvrir la voie à la réussite

Beaucoup sont ceux qui s’emploient à réaliser leurs rêves en devenant leur propre patron. Des idées plein la tête, certains se lancent tête baissée. Or, il est primordial de considérer plusieurs facteurs avant de se lancer. Suivez les guides… Les plateformes autour des petites et moyennes entreprises (PME) se multiplient depuis l’année dernière, notamment les programmes Turbine et Smart Moves for Entrepreneurs. Il est important pour un entrepreneur de bien s’informer avant de se jeter à l’eau, au risque de ne plus pouvoir en sortir la tête. En se basant sur le guide de la Small and Medium Enterprises Development Authority (SMEDA) et quelques conseils des experts du secteur, les futurs entrepreneurs se doivent au préalable de prendre en considération toute une liste de facteurs. Tout d’abord, pour lancer une PME, il s’agit d’abord de définir ses buts et ses objectifs et voir leur faisabilité à long terme. Si vous savez déjà dans quelle activité vous souhaiteriez vous lancer, fixez-vous des objectifs réalisables. Faites également une auto-évaluation de votre future entreprise. Assurez-vous également d’obtenir le financement nécessaire pour que votre entreprise soit viable pendant un an, avec ou sans profit. « Il faut avoir une connaissance approfondie de l’industrie et du marché grâce aux récentes études réalisées par des institutions de renom », explique Jean Max Appanah, consultant financier et fondateur de Smart Moves For Entrepreneurs. Dans le même souffle, il soutient qu’il est important également de savoir prendre des risques et de présenter de nouveaux concepts et idées, afin de sortir du lot.

Sacrifices personnels

Développer des procédures de travail qui répondent aux normes de qualité est un facteur important, indique, pour sa part, le facilitateur pour startup Jozef Tournel, de Founding Partner Talent Design. « Lancer une entreprise demande énergie, créativité, persévérance et beaucoup d’heures de travail. L’entrepreneur doit, en premier lieu, chercher la bonne ‘niche’ pour mieux se positionner sur le marché », explique-t-il, ajoutant que la gestion des risques par des professionnels est primordiale, afin d’offrir un service de qualité. Lancer une entreprise comporte aussi d’importantes implications, notamment sur le plan émotionnel, personnel et familial et demande beaucoup de sacrifices. Vous devrez donc vous poser quelques questions, notamment si vous êtes prêt à faire face à de tels changements dans votre vie. Ou encore, si vous serez capable de gérer votre temps. Il est capital de déterminer aussi vos forces et vos faiblesses. Ceux qui ont lancé leur propre entreprise vous prodigueront de précieux conseils.

Garder l’entreprise viable

« Il est important d’avoir un bon comptable et un bon banquier. L’entreprise doit avant tout investir dans son personnel, leur offrir des formations et des systèmes de prime. Effectuez régulièrement des évaluations du rendement du personnel, examinez les prévisions de budget. Pour rendre viable votre entreprise, il faut aussi penser à se lancer dans de nouveaux marchés pour faire croître l’entreprise et voir ce que font vos concurrents », conseille Jean Max Appanah. À long terme ou à court terme, ajoute le consultant, il faut aussi élaborer une stratégie de marketing. « Je conseille aussi aux entrepreneurs de s’inscrire à la Professional Trade Association et d’assister aux divers séminaires d’affaires. Un entrepreneur doit aussi être prêt à investir, créer et innover », fait ressortir notre interlocuteur.

Créer une meilleure visibilité

 
[[{"type":"media","view_mode":"media_large","fid":"7932","attributes":{"class":"media-image wp-image-13286","typeof":"foaf:Image","style":"","width":"300","height":"360","alt":"Marie-No\u00eblle Elissac Foy"}}]] Pour Marie-Noëlle Elissac Foy, les PME doivent investir dans leur visibilité.

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/div> La communication est un vrai défi pour les PME, argue, pour sa part, Marie-Noëlle Elissac Foy, de Talent Factory :  « Même si les petits et moyens entrepreneurs ne peuvent forcément consacrer un important budget à leur communication, ils peuvent aujourd’hui gagner en visibilité à moindre coût. Ils doivent comprendre que la communication leur permettra de se différencier et de toucher leurs cibles. Le consommateur est de plus en plus averti et fait plus attention aux valeurs véhiculées par une marque ou une entreprise », souligne-t-elle. Il faudrait donc réfléchir comme une grande entreprise, de penser positionnement, différenciation, message, moyens de communication, ajoute notre interlocutrice. « Maintenant, il faut aussi penser à une présence sur les médias numériques, à un site web, Facebook, LinkedIn et Twitter par exemple. Autant de moyens efficaces pour une visibilité ciblée. Cependant, il faut que les startups et PME fassent confiance aux professionnels pour optimiser tous ces outils. Ils ne peuvent pas tout faire eux-mêmes », conseille Marie-Noëlle Elissac Foy. Et c’est là où Talent Factory intervient et guide les entrepreneurs, indique-t-elle. « Une startup ou une PME porte les valeurs de l’innovation, de la passion, de l’originalité. Et c’est là-dessus que nous communiquons. C’est ce qui intéresse aussi un public professionnel comme la presse. C’est ainsi que mon équipe et moi-même accompagnons des PME actuellement. C’est clair qu’une PME ou startup n’a pas de grand budget, mais on peut leur proposer une campagne ciblée et pertinente ».

Viser le marché étranger

 
[[{"type":"media","view_mode":"media_large","fid":"7933","attributes":{"class":"media-image wp-image-13288","typeof":"foaf:Image","style":"","width":"300","height":"360","alt":"Jozef Tournel"}}]] Jozef Tournel estime que les PME doivent s’informer avant d’investir ailleurs.

L’herbe peut être très verte ailleurs. Selon Jozef Tournel, les PME locales visent principalement le continent noir. Or, de nombreuses PME restent hésitantes. « L’Afrique compte plus de 50 pays qui ont toutes leurs spécificités sur le plan de croissance : GDP ; comportement de consommation ; légal ; fiscal, options emploi, permis et surtout culturel et éthique de travail. Les PME ont besoin de s’informer avant de prendre des options d’investissements », conseille le facilitateur de startup. Les entreprises mauriciennes ont le devoir de s’ouvrir au marché global pour éviter de rater l’opportunité de devenir un ‘hub’ pour l’océan Indien, affirme-t-il. « J’aide les entreprises dans les domaines du développement organisationnel (startup, restructuration) dans la recherche de cadres et de spécialistes pour développer le capital humain. Cela, dans des secteurs importants, tels que financier, fonds d’investissements, de gaz/pétrole, agriculture et automobile. Avec mes années d’expérience dans les marchés émergents, je les guide à prendre les bonnes décisions d’investissements et assurer le développement du capital humain adapté à ces investissements ». [row custom_class=""][/row]  
   

Les nouveaux visages de l’entrepreneuriat

 

Thibaut Walle, directeur de Digital Foodprint: « J’ai commencé alors que j’étais étudiant »

 
[[{"type":"media","view_mode":"media_large","fid":"7934","attributes":{"class":"media-image wp-image-13284","typeof":"foaf:Image","style":"","width":"300","height":"360","alt":"Thibaut Walle"}}]] Thibaut Walle

« J’ai lancé mon entreprise d’e-marketing à la suite d’un stage dans ce domaine avec l’équipe de Lux Resorts. J’ai beaucoup aimé mon expérience dans ce secteur et je me suis jeté à l’eau alors que j’étais encore étudiant, durant ma troisième année de cours, à Vatel. Digital Footprint a donc vu le jour, il y a trois ans, et dès les premiers mois, j’avais déjà de gros clients. J’ai commencé seul et, par la suite, Digital Footprint a fusionné avec Juicy Frame et Wow Marketing afin de proposer aux clients un service tout-en-un. Nous comptons actuellement huit employés et nous prévoyons d’en embaucher trois autres sous peu. Nous avons près de 70 clients, dont une quinzaine sont réguliers. Nous travaillons avec une équipe de freelancers et des entreprises étrangères, notamment en France et en Asie. Nous comptons aussi nous ouvrir sur l’Afrique de l’est ». [row custom_class=""][/row]

Deven Coopoosamy, IndependEnt Consultant-International Development Affairs: « Plus facile et moins cher de faire des affaires »

 
[[{"type":"media","view_mode":"media_large","fid":"7935","attributes":{"class":"media-image wp-image-13285","typeof":"foaf:Image","style":"","width":"300","height":"360","alt":"Deven Coopoosamy"}}]] Deven Coopoosamy

« Après plus de 20 ans d’expérience dans le service  financier pour les secteurs offshore, j’ai décidé sans trop d’hésitation à travailler pour moi-même. J’ai choisi de relever le défi, compte tenu des changements mis en avant par le gouvernement avec l’avancement des technologies de pointe. De nos jours, il est plus facile et moins cher de faire des affaires. J’arrive à trouver plus de temps à passer avec ma famille et c’est inestimable. Mon job consiste à administrer, conseiller et aider à mieux structurer les entreprises. Lorsque vous lancez une entreprise, il faut d’abord s’asseoir, analyser, évaluer et être avant-gardiste. Je trouve que l’environnement est propice sur le marché national et international. Il y a plus de 100 milliards de transactions commerciales entre l’Afrique et l’Inde et plus de 200 milliards entre l’Afrique et la Chine. Je suis sûr que Maurice pourra avoir une petite part de ce marché. Je suis véritablement optimiste face aux plateformes qui se créent pour les entrepreneurs. Les meilleures compétences se réunissent pour aider à faire émerger les PME. Cela leur offrira l’opportunité de créer des emplois et de concurrencer non seulement avec les grandes entreprises à Maurice, mais sur la scène internationale également ».   [row custom_class=""][/row]  
   

Lancer son entreprise en 6 étapes

1 Les tâches administratives

  • Enregistrez-vous auprès du Registrar of Companies.
  • Réservez un nom d’entreprise à soumettre au Registar (approuvé après 24 heures).
  • Incorporation de l’entreprise.
  • Formulaire de consentement du directeur.
  • Consentement de ou des actionnaires.
  • Consentement et certificat du secrétaire.
Les documents suivants seront remis aux administrateurs de la société.

2 Mauritius Revenue Authority

  • Vérifiez si les services fournis sont taxables ou exemptés de la TVA

3 Ouvrir un compte en banque

  • Chaque banque a sa liste d’informations à contrôler avant l’ouverture d’un nouveau compte bancaire

4 S’inscrire à la SMEDA

  • La SMEDA prodigue des conseils aux PME

5 Pré-lancement

  • Etablir un plan d’entreprise.
  • Faire une prévision de la trésorerie.
  • Inscrire les employés auprès de la caisse nationale de pension.
  • Demander un numéro de TAN à la MRA.
  • Dépôt de la déclaration annuelle auprès du Registrar.
  • Dépôt de la déclaration annuelle auprès de la MRA.
  • Trouver l’emplacement de votre bureau.
  • Recevoir le feu vert financier de la banque pour le fonctionnement de l’entreprise.
  • Choisir un bon personnel.
  • Obtenir un logo.
  • Effectuer le Trade Mark Registration.

6 Lancer l’entreprise

  • Un lancement discret ou médiatisé.
  • Construire une base de données de clients.
  • Faire attention aux détails en termes de services proposés.
  • Exploiter les faiblesses des concurrents.
  • Faire de la publicité dans les médias.
  • Imprimer des brochures et cartes de visite.
  • Créer un site et une page Facebook.
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